100e anniversaire des Archives nationales du Québec : ces documents ont aussi 100 ans !

, par Instantanés

Dans le cadre de la Semaine internationale des archives, qui a lieu du 8 au 14 juin sur le thème Renforcer les sociétés du savoir, BAnQ souligne une page marquante de son histoire, celle du centenaire des Archives nationales du Québec.

Fondées en 1920, les Archives nationales du Québec sont l’une des organisations les plus actives dans la préservation du savoir et la transmission de la mémoire au Québec. Dans le numéro 105 de la revue À rayons ouverts consacré au 100e anniversaire des Archives nationales, Jean-Louis Roy, président-directeur général de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ), soutient que les archives sont l’âme d’une nation. Au Québec, elles témoignent « de la construction […] d’une société avancée, culturellement et socialement, à l’extrême est du continent nord-américain. Les Archives nationales du Québec constituent un bien commun enrichi par tous ceux et celles qui ont apporté leur concours à cette construction singulière ». Les archives contribuent à renforcer notre société du savoir québécois.

Une belle occasion nous est donnée de mettre l’année 1920 en valeur, en diffusant des documents patrimoniaux qui ont aussi 100 ans ! Ces archives, issues de fonds et collections conservés dans nos différents établissements à travers le Québec, témoignent de la transformation de notre société et font écho à notre mémoire collective. Chaque mise en contexte nous fait apprécier les documents davantage.

Cérémonie pour le dévoilement du monument des Braves à Rimouski, 24 septembre 1920. Au lendemain de la Grande Guerre, afin d’honorer la mémoire des soldats canadiens morts au combat, les citoyens de la ville de Rimouski font ériger un monument des Braves. L’image montre la parade commémorative qui passe dans la rue Saint-Germain à la suite du dévoilement de l’œuvre. Le monument est toujours debout aujourd’hui, bien qu’il ait changé deux fois d’emplacement. Une cérémonie a lieu tous les ans au jour du Souvenir. BAnQ Rimouski (P60, D160, P1). Photographe non identifié.

 

Maison de la Commission des eaux courantes à Chicoutimi, 1920. La Commission des eaux courantes est créée par le gouvernement du Québec dirigé par Lomer Gouin en 1920. Celle-ci a pour but de jouer un rôle d’auxiliaire aux compagnies privées productrices d’énergie hydraulique. Son mandat est notamment d’étudier le débit des rivières afin de le régulariser ainsi que d’observer et d’analyser les phénomènes climatologiques. La Commission des eaux courantes disparaît en 1958. BAnQ Québec (E57, S44, SS1, PB2-98). Photographe non identifié.

 

Lac Abitibi – Poste de la Compagnie de la Baie d’Hudson, 1920. Le fort Abitibi est construit par le chevalier de Troyes sur les rives du lac Abitibi en 1686. On choisit cet emplacement pour concurrencer les Anglais qui ont des postes de traite à la baie James. Deux ans plus tard, le poste perd de son importance avec le retrait des Anglais du Nord du Québec. Pendant 30 ans, le fort est sporadiquement fréquenté, mais sa réouverture officielle se fait vers 1720 lorsque la Compagnie du Nord-Ouest reprend le commerce des fourrures dans la région. En 1821, le gouvernement britannique enjoint la compagnie à fusionner avec la Compagnie de la Baie d’Hudson. L’entreprise a désormais le monopole de la traite des fourrures pour l’ensemble de l’Amérique du Nord britannique, à l’exception des colonies américaines. Au tournant du XXe siècle, la traite des fourrures devient une activité folklorique. Le poste Abitibi ferme définitivement ses portes en 1921. BAnQ Québec (E57, S44, SS1, PY-63). Photographe non identifié.

 

Édifice J. Ernest Livernois, vers 1920. Vue de la rue Saint-Jean, au coin des rues Couillard et de la Fabrique. On y voit la Pharmacie Livernois. J. B. (Jules-Benoît) Livernois ouvre un commerce de daguerréotype en décembre 1854, d’abord dans la paroisse Saint-Roch de Québec, puis en mars 1855, dans la Haute-Ville, rue de la Fabrique. En 1893, le commerce de Livernois, qui vend déjà des produits photographiques et chimiques, ajoute les produits pharmaceutiques à son offre. En 1900, Jules-Ernest remet le studio de photographie à son fils Jules pour se concentrer sur les activités commerciales de la pharmacie. Jules Livernois est dès lors considéré par plusieurs comme « le photographe officiel de la capitale ». L’établissement fermera ses portes en 1974. Cette photographie a été inscrite en 2018 au Registre de la Mémoire du monde du Canada de la Commission canadienne pour l’UNESCO. BAnQ Québec (P560, S2, D2, P109429). Photo : Jules Livernois.

 

Saint-Gérard – Église, vers 1920. Église catholique construite en 1905 à Saint-Gérard (municipalité aujourd’hui fusionnée à Weedon, en Estrie). L’église est nommée en l’honneur de Gérard Majella, saint patron des femmes enceintes, des mères, des premiers communiants, des apprentis et des personnes faussement accusées. À l’intérieur de l’église sont affichées des bannières à mots-clés évocateurs : saint Gérard, spécial protecteur des mères, puissant bienfaiteur des enfants malades, patron des causes et des âmes désespérées. On a l’impression qu’à eux seuls, ces messages couvrent tous les tourments possibles d’un chrétien. Nous sommes en 1920 : la grippe espagnole, qui a frappé toutes les communautés en amenant vers la mort des êtres chers, vient tout juste de disparaître. Cela n’est pas sans nous rappeler la pandémie qui sévit actuellement. Nul doute que tout croyant qui se présentait en ce lieu devait trouver un apaisement à lire ces messages d’espoir. À l’image de nos arcs-en-ciel. BAnQ Québec (P600, S6, D5, P1014). Photo : A. Z. Pinsonneault, Sherbrooke.

 

Journal de voyage d’Onésime Lamothe, 10 avril 1920. Onésime Lamothe est l’exemple d’un homme déterminé à devenir un grand artiste qui s’est exilé à Paris pour étudier la musique et la sculpture à l’École des beaux-arts. Il décrit son quotidien dans un journal ainsi que ses états d’âme. C’est ainsi qu’il exprime son attachement pour ses êtres chers : Édouard Bureau, son grand ami et fils du politicien Jacques Bureau, ses « Gabrielle », soit sa sœur et sa petite amie. D’ailleurs, nombreux sont les passages où Onésime exprime ses sentiments pour celle qu’il appelle amoureusement Gaby, qu’il évoque une musique écoutée, une lettre attendue ou la vue d’un visage ressemblant à celui de sa tendre moitié. BAnQ Trois-Rivières (P23, S4, D1, P9).

 

À la porte de l’église de Rougemont, 1920. Regroupement de gens souriants, en tenues des beaux jours. Né à Montréal en 1904, Jules Landry (debout à gauche) fait ses études au Séminaire de Québec, au Collège Sainte-Marie à Montréal et à l’Université Laval en droit. Il est admis au Barreau en 1928. Deux ans plus tard, il devient secrétaire particulier du solliciteur général du Canada, l’honorable Maurice Dupré. En 1934, il part poursuivre sa carrière d’avocat à Chicoutimi. Il y tiendra notamment un cabinet sous les raisons sociales Talbot et Landry (Antonio Talbot, ministre provincial de la Voirie), Coderre et Prévost, puis Talbot, Landry et Clermont. Jules Landry mène également une carrière militaire active, d’abord dans le Régiment de Québec à compter de 1922, puis comme commandant du Régiment des Francs-tireurs du Saguenay de 1937 à 1940. Il devient par la suite commandant du Centre d’entraînement Tremblay à Chicoutimi. En janvier 1943, il part en service en Angleterre quelques mois pour être ensuite rattaché aux quartiers généraux de la Défense nationale à Ottawa. Le 15 août 1934, il épouse Patricia Power, fille de l’honorable Charles Gavan Power. Le couple donnera naissance à sept enfants. Jules Landry est décédé à Brossard, le 2 septembre 1982, à l’âge de 78 ans. BAnQ Vieux-Montréal (P155, S1, SS1, D462). Photographe non identifié.

 

An Aeroplane View of Deschenes Rapids, Ottawa River, 1920. Les rapides Deschênes sont situés sur la rivière des Outaouais entre le quartier Deschênes du secteur Aylmer de la ville de Gatineau et le quartier Britannia d’Ottawa. Des fouilles archéologiques effectuées sur le territoire des rapides ont confirmé le passage de voyageurs algonquins sur les rives. Ce sont eux qui ont nommé l’endroit « Miciminj », mot qui veut dire « là où pousse le chêne ». Important lieu de passage, le site est exploité dès les débuts de la colonisation de l’Outaouais. Le premier poste de traite ouvre en 1821. À la fin du XIXe siècle, le site aura une tout autre vocation. La famille Conroy y construira un barrage qui fournira de l’électricité à la fois aux villes d’Aylmer et de Hull et au premier réseau de tramway qui relie ces deux villes à Ottawa. On peut encore voir les ruines de ce barrage aujourd’hui ; elles rappellent l’histoire industrielle de Deschênes. BAnQ Gatineau (P113, S5, D21, P14). Photo : McCarthy Aero Services Limited.

 

Histoire ou Journal de la Pointe-aux-Esquimaux, 1920. Placide Vigneau naît le 29 août 1842 à Havre-aux-Maisons (Îles-de-la-Madeleine). En 1858, alors qu’il est âgé de 16 ans, il émigre avec sa famille à Pointe-aux-Esquimaux (aujourd’hui Havre-Saint-Pierre), où un poste de traite a été ouvert en 1857. Très tôt, il assiste son père dans ses expéditions de pêche. En 1880, il acquiert sa propre goélette. Il la conservera jusqu’en 1892 alors qu’il devient gardien du phare de l’Île-aux-Perroquets, fonction qu’il occupera jusqu’en 1912. Parallèlement à sa carrière, il produira de nombreux manuscrits afin de conserver la petite histoire. Placide Vigneau tiendra aussi de nombreux journaux personnels dans lesquels il inscrira des détails importants de la vie de tous les jours. Ces journaux témoignent autant de sa vie comme habitant de Pointe-aux-Esquimaux que de celle qu’il a vécue comme gardien de phare. Placide Vigneau est décédé en 1926 à l’âge de 84 ans. BAnQ Sept-Îles (P48, S1, D2.2).

 

Magdalen River Valley Railroad : Change of Grade and Location, 14 juin 1920. Le plan représente le tracé proposé pour la construction du chemin de fer menant à l’usine du Grand Sault sur la rivière Madeleine, en Haute-Gaspésie. Quiconque a voyagé sur ce territoire comprendra la difficulté d’y construire ce type de transport, tellement les côtes sont abruptes. Néanmoins, le tracé sera complété par la Magdalen River Valley Railway Company en 1921. Malheureusement, l’usine de pâtes et papiers connut une fin abrupte au bout de quelques années seulement. BAnQ Gaspé (E17, S300, SS9, SSS3, D2, P1). Dessin : W. G. Hill, ingénieur en chef.

Le 2 septembre 2020 est la date officielle du centenaire des Archives nationales du Québec. Pour plus d’informations sur les activités de BAnQ entourant cette célébration, nous vous invitons à consulter le microsite à l’adresse suivante : archives100ans.banq.qc.ca.

Cette histoire nous mènera loin !

Julie Roy, archiviste-coordonnatrice – BAnQ Sherbrooke

En collaboration avec Myriam Gilbert, Rénald Lessard, Guillaume Marsan, Sophie Morel, Danielle Saucier et Sébastien Tessier, archivistes-coordonnateurs, Marie-Pierre Nault, archiviste, Mélanie Plouffe, agente de bureau, ainsi qu’Hélène Fortier, directrice de BAnQ Vieux-Montréal.

Voir en ligne : http://blogues.banq.qc.ca/instantan...