À travers le registre de Saint-Léon (1)

, par noreply@blogger.com (Le Flâneur)

Une pépinière d'ancêtres

Pour ma famille, Saint-Léon-le-Grand dans le comté de Maskinongé est une pépinière d'ancêtres. Onze couples d'ascendants de mes enfants ont vécu à cet endroit entre 1802 et 1830. C'est la raison pour laquelle j'ai passé beaucoup de temps à examiner ce registre en particulier.

Allard Charles Félicité Turcotte
Dubé Bernard Thérèse Chrétien
Gélinas Alexis Thérèse Dubé
Lambert Gervais Catherine Desaulniers
Lavergne Ambroise Madeleine Joyal
Lavergne Louis Marguerite Leblanc
Leclerc François Archange Caron
Lemaître Pierre Madeleine Sylvain
Rivard François Pélagie Lefebvre
Rivard François Ursule Ledroit
Saintonge François Marie Leclerc


Les débuts de la paroisse

La paroisse de Saint-Léon-le-Grand a été détachée du territoire de Saint-Antoine-de-Padoue de la Rivière-du-Loup (Louiseville). Une première chapelle en bois a été construite à cet endroit par les habitants du lieu-dit de Chacouna en 1801. Le registre des baptêmes, mariages et sépultures a été ouvert le 15 février 1802.

Jusqu'en 1805, Saint-Léon était une mission desservie par le curé de Louiseville et ses vicaires. Un de ces vicaires était l'abbé Louis Delaunay (1761-1837) qui sera nommé curé de Saint-Léon en 1806. Comme vicaire d'abord, puis comme prêtre résidant et enfin comme curé, Delaunay aura été en charge du registre de Saint-Léon pendant 35 ans, soit du 16 octobre 1802 jusqu'à son décès en 1837.

L'église construite entre 1819 et 1824 et agrandie en 1914 (Le Nouvelliste 2 mars 2011).


Louis Delaunay était un modèle de rigueur et de précision dans sa tenue de registre, mais il écrivait souvent les noms de ses paroissiens de façon fantaisiste : Beloin pour Blouin, Brillière pour Brière, Cahier pour Cayer, Desonier pour Desaulniers, Ginas pour Gélinas, etc.


Éphéméride


20 mars 1802 : Le quatrième acte inscrit dans le registre de la nouvelle paroisse est le baptême de Léon illégitime. Il y en aura plusieurs de ces baptêmes d'enfants illégitimes pendant les premières années de Saint-Léon, la plupart venaient de Louiseville et même de Yamachiche. Il était plus discret de les faire baptiser dans une paroisse où la famille de l'enfant était moins connue.

La formule employée était toujours la même : « né de parents inconnus ». Les noms du parrain et de la marraine sont des indices qui aident parfois à identifier la famille ou l'entourage de la mère, mais souvent ces rôles étaient tenus par des personnes étrangères à l'enfant qui étaient disponibles lors de la cérémonie. Ces parrains et marraines d'emprunt étaient présents pour les formalités et aussi pour les convenances.

17 février 1803 : Baptême de Jean Paterne Maillet. Le prénom de l'enfant est un adjectif qui vient du latin pater et signifie qui appartient à un père. Le père en question, Bénoni Maillet, était un agriculteur qui ne savait pas signer. Le parrain était Jean-Baptiste Ledroit qui a tenu ce rôle pour de nombreux enfants. Il signait jean Baptiste le Droitte d'une main assurée et prononçait donc son patronyme de cette façon.

24 novembre 1803 : Baptême d'Augustin Welfert, fil de Sébastien et de Marie Ferron. Le père était un mercenaire allemand qui s'est marié à Louiseville le 15 septembre 1788. La famille était établie sur une ferme à Saint-Léon. Marie Welfert, âgée d'une dizaine d'années et soeur de l'enfant, a été désignée marraine.

14 mai 1804 : Baptême de Marie Meunier, fille de Jean-Baptiste et de Marie-Louise Beloin (Blouin). Le père est dit sabotier dans cette paroisse. Le couple Meunier-Blouin s'est marié à la Pointe-du-Lac le 23 juillet 1799

Selon le site de la Maison Saint-Gabriel, l'usage des sabots en bois était alors répandu chez les paysans parce qu'ils étaient bon marché et aussi imperméables, contrairement aux fameux « souliers de boeuf » qui prenaient l'eau facilement. Les beaux souliers en cuir étaient réservés aux grandes occasions.

À suivre ...


Voir en ligne : http://www.lecarnetduflaneur.com/20...