Adoption de la Charte de la langue française (Loi 101) par l’Assemblée nationale du Québec

, par Bilan du Siècle - Université de Sherbrooke

Lorsque le Parti québécois (PQ) arrive au pouvoir, en 1976, une de ses priorités est d’adopter une loi qui ira plus loin que celles de ses prédécesseurs dans la défense de la langue française. Par sa Loi 101, le PQ fait donc du français la langue officielle du système judiciaire. Cette loi exige également que l’affichage et les autres formes de publicités commerciales ne se fassent qu’en français. Dans le domaine de l’enseignement, tous les enfants doivent fréquenter les écoles primaires et secondaires françaises, sauf ceux dont au moins un des deux parents a fait ses études primaires et secondaires en anglais au Québec. Ceux-là peuvent fréquenter les écoles anglaises. Enfin, la Loi 101 affirme la primauté du français en milieu de travail. L’adoption de cette loi par l’Assemblée nationale, le 26 août 1977, 54 voix contre 32, met fin à un long débat. Ce moment est souligné par une ovation qui est dirigée particulièrement à l’endroit du ministre d’État au Développement culturel, et architecte de la loi, Camille Laurin. Laurin écrira quelques années plus tard : « Il ne faisait pas de doute pour moi que le Québec majoritairement français, ne pouvait avoir qu’une seule langue officielle, commune à tous ses habitants, langue de la communication et de la cohésion sociale, langue d’usage de l’administration et de toutes les institutions qui en dépendent, langue de la vie collective, milieu de vie où se meurent avec aisance et bien-être ceux qui l’utilisent pour atteindre à leur plein développement sur tous les plans. » Le patronat, ainsi qu’Alliance-Québec, un groupe de pression qui défend les intérêts des anglophones du Québec, contesteront certaines dispositions de la Loi 101 devant les tribunaux. Avec le temps, la Cour suprême du Canada entérinera le jugement de la Cour supérieure du Québec qui déclare invalide le chapitre de la Loi 101 proclamant le français « langue de la législation et de la justice ». En 1984, la Cour suprême limitera la Loi 101 dans le domaine de l’enseignement puisqu’elle va à l’encontre de la Charte canadienne des droits et libertés. Bref, la politique adoptée par le PQ en 1977 restera pendant longtemps l’objet de débats très passionnés.Lorsque le Parti québécois (PQ) arrive au pouvoir, en 1976, une de ses priorités est d’adopter une loi qui ira plus loin que celles de ses prédécesseurs dans la défense de la langue française. Par sa Loi 101, le PQ fait donc du français la langue officielle du système judiciaire. Cette loi exige également que l’affichage et les autres formes de publicités commerciales ne se fassent qu’en français. Dans le domaine de l’enseignement, tous les enfants doivent fréquenter les écoles primaires et secondaires françaises, sauf ceux dont au moins un des deux parents a fait ses études primaires et secondaires en anglais au Québec. Ceux-là peuvent fréquenter les écoles anglaises. Enfin, la Loi 101 affirme la primauté du français en milieu de travail. L’adoption de cette loi par l’Assemblée nationale, le 26 août 1977, 54 voix contre 32, met fin à un long débat. Ce moment est souligné par une ovation qui est dirigée particulièrement à l’endroit du ministre d’État au Développement culturel, et architecte de la loi, Camille Laurin. Laurin écrira quelques années plus tard : « Il ne faisait pas de doute pour moi que le Québec majoritairement français, ne pouvait avoir qu’une seule langue officielle, commune à tous ses habitants, langue de la communication et de la cohésion sociale, langue d’usage de l’administration et de toutes les institutions qui en dépendent, langue de la vie collective, milieu de vie où se meurent avec aisance et bien-être ceux qui l’utilisent pour atteindre à leur plein développement sur tous les plans. » Le patronat, ainsi qu’Alliance-Québec, un groupe de pression qui défend les intérêts des anglophones du Québec, contesteront certaines dispositions de la Loi 101 devant les tribunaux. Avec le temps, la Cour suprême du Canada entérinera le jugement de la Cour supérieure du Québec qui déclare invalide le chapitre de la Loi 101 proclamant le français « langue de la législation et de la justice ». En 1984, la Cour suprême limitera la Loi 101 dans le domaine de l’enseignement puisqu’elle va à l’encontre de la Charte canadienne des droits et libertés. Bref, la politique adoptée par le PQ en 1977 restera pendant longtemps l’objet de débats très passionnés. Source : La Presse, 27 août 1977, p.1 et A2. Conseil de la langue française, Le français au Québec : 400 ans d’histoire et de vie, Québec, Publications du Québec et Fides, 2000, p.277-300. Paul-André Linteau, René Durocher, Jean-Claude Robert, François Ricard, Histoire du Québec contemporain : le Québec depuis 1930, Montréal, Boréal, 1987, p.553-554.

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