Adoption par l’Assemblée législative de la Loi sur l’assistance publique

, par Bilan du Siècle - Université de Sherbrooke

La loi prévoit le partage des coûts d’hospitalisation et d’internement des malades, des indigents et des orphelins entre les institutions, les municipalités et le gouvernement provincial. La loi permet également la spécialisation et la multiplication des institutions à caractère social. Considérée comme une incursion dans un domaine réservé à l’Église, cette législation suscite de fortes réactions. L’évêque de Trois-Rivières, Mgr François-Xavier Cloutier, celui de Chicoutimi, Mgr Michel-Thomas Labrecque, ainsi que le journal « L’Action catholique », expriment leur insatisfaction à son endroit. Mais c’est le fondateur du journal « Le Devoir », Henri Bourassa
, qui est le porte-parole le plus connu de ce mouvement d’opposition. Le 28 et 29 mars 1921, il signe en première page de son quotidien un texte en deux parties intitulé « Une mauvaise loi » dans lequel il dénonce le gouvernement Taschereau et sa loi « basée sur un principe faux, susceptible d’applications fort dangereuses, menaçantes pour la liberté religieuse et l’ordre social. » Pour Bourassa, « L’apparente générosité de l’État, le secours offert aux institutions de bienfaisance, n’est que l’appât du piège ; si elles y mordent, elles ne tarderont pas à s’apercevoir qu’elles sont prisonnières : gare la cage et le chaudron ! » Malgré les propos prudents du premier ministre aux yeux de qui « Il n’est nullement question d’une mainmise de l’État sur nos institutions d’assistance publique », la Loi sur l’assistance publique, et particulièrement le Service de l’assistance publique, qui juge des besoins des institutions et décide des sommes qui seront distribuées, sera vivement contestée. La loi entrera en vigueur le 1er septembre.La loi prévoit le partage des coûts d’hospitalisation et d’internement des malades, des indigents et des orphelins entre les institutions, les municipalités et le gouvernement provincial. La loi permet également la spécialisation et la multiplication des institutions à caractère social. Considérée comme une incursion dans un domaine réservé à l’Église, cette législation suscite de fortes réactions. L’évêque de Trois-Rivières, Mgr François-Xavier Cloutier, celui de Chicoutimi, Mgr Michel-Thomas Labrecque, ainsi que le journal « L’Action catholique », expriment leur insatisfaction à son endroit. Mais c’est le fondateur du journal « Le Devoir », Henri Bourassa
, qui est le porte-parole le plus connu de ce mouvement d’opposition. Le 28 et 29 mars 1921, il signe en première page de son quotidien un texte en deux parties intitulé « Une mauvaise loi » dans lequel il dénonce le gouvernement Taschereau et sa loi « basée sur un principe faux, susceptible d’applications fort dangereuses, menaçantes pour la liberté religieuse et l’ordre social. » Pour Bourassa, « L’apparente générosité de l’État, le secours offert aux institutions de bienfaisance, n’est que l’appât du piège ; si elles y mordent, elles ne tarderont pas à s’apercevoir qu’elles sont prisonnières : gare la cage et le chaudron ! » Malgré les propos prudents du premier ministre aux yeux de qui « Il n’est nullement question d’une mainmise de l’État sur nos institutions d’assistance publique », la Loi sur l’assistance publique, et particulièrement le Service de l’assistance publique, qui juge des besoins des institutions et décide des sommes qui seront distribuées, sera vivement contestée. La loi entrera en vigueur le 1er septembre. Source : Le Devoir, 19 mars 1921, p.1, 28 et 29 mars, p.1. Paul-André Linteau, René Durocher, Jean-Claude Robert, Histoire du Québec contemporain : de la Confédération à la crise (1867-1929), Montréal, Boréal Express, 1979, p.500-504.

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