Alain Roy à la conférence I-CHORA 8

, par Beaulieu, Marion

Le 29 mai dernier, Alain Roy, chercheur régulier au Laboratoire, présentait une communication intitulée Changing Documentary Practices in the Transition from Old Colonial System to Liberal Modern State in the British Empire and Canada, 1840-1850 (L’évolution des pratiques documentaires dans la transition de l’ancien système colonial à l’État libéral moderne dans l’Empire britannique et au Canada, 1840-1850). La prestation a eu lieu lors de la conférence I-CHORA 8, une rencontre internationale bisannuelle de chercheurs s’intéressant à l’histoire des archives (pour en savoir davantage, voir 15 Years On : iCHORA (International Conference on the History of Records and Archives) Returns (May 28-30, 2018)” ). La rencontre avait lieu à la Monash University, à Melbourne, Australie. Le thème de cette année était Les archives dans un climat changeant et, comme on le constate en consultant le programme, diverses dimensions de l’histoire des archives ont été abordées, notamment autour des archives coloniales, de leur restitution ou encore de la décolonisation, et ce sous divers angles, périodes et continents. La journée du mardi, quant à elle, a été l’objet de regards élargis, explorant notamment les corrélations entre les archives, les musées et les autres pratiques documentaires puis le développement des pratiques archivistiques aux XVIIIe et XIXe siècles aux États-Unis, en Grande-Bretagne et aux Pays-Bas.

C’est au cours de la session intitulée « Traverser les frontières » qu’Alain Roy a fait sa présentation.

Dans un premier temps, il a présenté son cadre théorique qui, intégrant l’histoire des archives et des bibliothèques dans ce que l’on appelle maintenant « l’histoire de l’information », met en lumière des problèmes communs. Par ailleurs, le concept de pratiques documentaires permet, à la différence de celui de patrimoine documentaire, d’intégrer dans un même regard la gestion de l’information gouvernementale, les archives historiques et les bibliothèques de même que les pratiques symboliques et discursives.

Or ces transformations se situent dans un cadre temporel qui peut être caractérisé comme l’« âge victorien de l’information. » En effet, c’est au cours de la première moitié du XIXe siècle que de nombreuses archives nationales et bibliothèques nationales sont créées dans le monde. Des changements majeurs surviennent à cette époque dans les différentes pratiques documentaires, reflétant le passage de l’ancien régime à l’État libéral moderne. C’est particulièrement le cas en Grande-Bretagne, où la promotion d’une approche nouvelle, moderne et rationnelle, basée sur des faits et des preuves, mène à ce qui a été appelé la Révolution du gouvernement au dix-neuvième siècle (“Nineteenth-Century Revolution in Government”). En attestent, par exemple, la création du Public Records Office (1838) et des transformations des pratiques documentaires au sein du Colonial Office, reflétant le passage de l’ancien système colonial à un nouveau modèle de relations au sein de l’Empire.

Ces nouvelles pratiques documentaires sont mises en œuvre dans les colonies, y compris au Canada. Entre 1840 et 1850, alors que l’État moderne émerge ici, les pratiques documentaires évoluent en parallèle, à la fois comme préalable et en conséquence de ce processus de modernisation. Des pratiques améliorées de gestion de l’information sont adoptées au moins partiellement et parallèlement à la création de ministères. En même temps, les inquiétudes sur les archives historiques ont conduit l’État à en prendre partiellement la charge. De plus, alors que la Bibliothèque de l’Assemblée législative élargit sa collection en tant que ressource pour la communauté, la reconnaissance symbolique que les archives et les bibliothèques sont essentielles au passage au nouvel État moderne pénètre dans le discours public. Au final, même si cette mise en œuvre de nouvelles pratiques est inégale et partielle, elle reflète cette transition vers la modernité, tant dans l’Empire que dans la colonie. Dans l’ensemble, l’étude intégrée de ces pratiques témoigne de leur interdépendance ainsi que de leur relation étroite avec le passage à l’État moderne.

Au final, la conférence a été un réel succès, permettant de faire mieux connaître le projet Montréal-Capitale et particulièrement les transformations qui surviennent alors au niveau de l’État, capitale, tout en favorisant l’élargissement du réseau de contacts internationaux.

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