Albert Stanley Prince, premier Canadien mort au combat

, par Pierre Vennat

Plusieurs cérémonies durant toute l’année de 2014 ne manqueront pas de souligner le centenaire du début de la Grande Guerre et le 70e anniversaire du Jour J et de la Campagne de Normandie.

Il ne faudrait toutefois pas oublier, ce mois de septembre, le 75e anniversaire du début de la Seconde Guerre mondiale et, le 4 septembre, le 75e anniversaire de la mort au champ d’honneur du Sergent-aviateur Stanley Prince, le premier Canadien à tomber au combat durant ce conflit.

Le 4 septembre 1939, au lendemain de la déclaration de la guerre à l’Allemagne par la Grande-Bretagne, et avant même que le Canada se joigne officiellement à la partie, le 10 septembre, le Sergent Albert Stanley Prince, natif de Montréal et membre de la Royal Air Force, pilotait l’un des 15 bombardiers Brisol Blenheim chargés de pilonner le cuirassé de poche allemand « Admiral Scheer » et le croiseur « Emden », tous deux amarrés au port de Wilhelmshaven, sur la Mer du Nord.

Les premières vagues de bombardement avaient pris les Allemands par surprise, mais ces derniers s’étaient déjà ressaisis quand l’avion du Sergent Prince, plus loin dans la formation d’attaque et parmi les derniers à fondre sur l’ « Admiral Scheer » s’est approché.

Le Sergent Prince ne disposait plus d’aucun élément de surprise. Les tirs des canons allemands sur son appareil étaient nourris et précis. En plus du sien, deux autres bombardiers de sa vague d’assaut ont été abattus.

L’appareil s’est abîmé rapidement dans les eaux, mais le Sergent Prince avait gardé une certaine maîtrise de sa direction et a réussi à le faire s’écraser dans les eaux du port et non sur un navire. Les trois membres de l’équipage qui l’accompagnaient ont pu s’en extirper, ont été secourus et faits prisonniers. Mais le Sergent Prince est mort à l’hôpital des suites des blessures qu’il avait subies.

C’est ainsi qu’est revenu à Albert Stanley Prince le triste honneur d’être le premier des plus de 45 000 militaires canadiens à tomber au combat lors de la Seconde Guerre mondiale, toutes forces de combat confondues. Il a aussi été le premier des plus de 10 000 membres d’équipages canadiens du Bomber Command à perdre la vie pendant cette guerre. Le Bomber Command ayant eu un effectif canadien d’environ 40 000 hommes, le taux de mortalité de ce dernier s’élève donc à plus de 25 pour 100.

« Nous nous souviendrons d’eux… »

Voir en ligne : http://www.lequebecetlesguerres.org...