Amable Jodoin, fils : député élu … puis destitué.

, par Instantanés

Le 30 décembre 1874, Amable Jodoin, fils, bourgeois et homme d’affaire, est élu député de Chambly à la Chambre des Communes. Il s’agit de sa deuxième tentative lors d’une élection, celle du 22 janvier 1874 ayant été déclarée nulle. Son vis-à-vis, Pierre-Basile Benoit, du Parti conservateur, est défait par 140 voix. Sa victoire et son mandat seront de courtes durées, entachés par des procédures discréditant sa manière de faire campagne.

Le 12 février 1875, Pierre-Basile Benoît dépose une requête avec Antoine Sicotte et Nazaire Préfontaine afin de contester l’élection du nouveau député. Il s’ensuivra une série d’audiences où seront exposées les preuves accumulées par les pétitionnaires devant le juge Beaudry de la Cour des élections contestées.

Le 3 août 1875, Amable Jodoin, fils, est destitué de son poste de député et le juge déclare que « ladite élection est entachée de manœuvres frauduleuses pratiquées tant par le dit Amable Jodoin, fils, personnellement que par son agent et ses partisans. ». Quelles sont donc les « manœuvres frauduleuses » auxquelles fait référence le juge Beaudry et qui vaut une confirmation de ce jugement par la Cour supérieure au mois de novembre suivant ?

Les preuves amenées par les pétitionnaires se composent de listes de noms précédées des mentions de « manœuvres frauduleuses » opérées par les personnes visées par la plainte et d’auditions de témoins. On retrouve sur ces listes notamment les noms :

  • des personnes ayant participées à la fraude ;
  • des personnes auxquelles furent promises « de l’argent, des valeurs et des avantages pour voter » et « s’abstenir de voter » ;
  • des employés des élections ;
  • des personnes ayant été utilisées comme transporteurs pour les votants en faveur du défendeur et celles qui ont été transportées ;
  • de personnes ayant exercé ou subi de l’« influence indue et illégale » et ;
  • de personnes non qualifiées pour voter ou non portées sur une liste électorale conforme à la loi

Il est également question de l’ouverture et de l’entretien de « maisons d’entretien public » par le défendeur, de remboursement de frais de voyages et d’usurpation d’identité de certains électeurs.
Le total des débours d’Amable Jodoin, fils, pour son élection s’élève à « la somme énorme de trente mille piastres » !

 

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Registres des procès-verbaux d’audiences, 1874. BAnQ Vieux-Montréal (TP11, S2, SS14, SSS11).

 

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Dossiers Pierre-Basile Benoît vs Amable Jodoin, fils , 1875. BAnQ Vieux-Montréal (TP11, S2, SS14, SSS1).

 

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Dossiers Pierre-Basile Benoît vs Amable Jodoin, fils, 1875. BAnQ Vieux-Montréal (TP11, S2, SS14, SSS1).

 

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Registres des procès-verbaux d’audiences, 1874. BAnQ Vieux-Montréal (TP11, S2, SS14, SSS11).

 

Hélène Chartrand, technicienne en documentation – BAnQ Vieux-Montréal

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