Andrée Maillet, une femme de caractère à BAnQ (1921-1995)

, par Instantanés

Auteure reconnue de son vivant, le nom d’Andrée Maillet évoque peut-être peu de choses aux générations récentes. Pourtant, cette Québécoise, issue d’une famille bourgeoise montréalaise, nous a légué un grand héritage littéraire.

Journaliste, romancière et poète, Andrée Maillet est née à Montréal, en 1921, dans un milieu d’artistes et de journalistes. Elle a été reporter aux États-Unis et en Europe, collaboratrice au Photo-Journal et au Petit Journal. Très impliquée dans la défense du fait français au Québec, elle a dirigé, de 1952 à 1960, la revue Amérique française en donnant une place de choix à la littérature québécoise et à la poésie engagée. Outre l’écriture de nombreuses œuvres, elle était passionnée par le chant.

BAnQ a acquis deux lots d’archives de l’écrivaine, en 2008 et en 2012. Le dernier ajout, dont le traitement vient d’être complété, permet de mieux cerner la forte personnalité de cette femme au caractère bien trempé, comme en témoignent ses carnets intimes. Il nous aide aussi à mesurer l’ampleur de sa production littéraire. Ainsi, nous comprenons mieux pourquoi Andrée Maillet a été élue, en 1990, « Femme de l’année » par la presse canadienne.

 Ce fonds met aussi en lumière la méthode d’écriture de cette auteure qui, à travers la lecture de ses manuscrits, semble des plus perfectionnistes. En effet, ses textes se déclinent souvent en plusieurs versions, parfois jusqu’à une dizaine, témoignant du processus créatif de l’auteure : écriture, réécriture, annotations sur les nombreuses améliorations qu’elle aurait souhaité apporter…

 Ce grand souci de rigueur atteint un sommet dans son roman « À la mémoire d’un héros », publié en 1975. Sa copie d’auteure, plus particulièrement les soixante premières pages, est ainsi émaillée de notes qui sont parfois surprenantes comme le changement de la dédicace, les modifications au texte ou même des indications très précises concernant la mise en page. Par exemple, un message est destiné au typographe : « N. B au typo : Surveiller l’espace entre le passage « hors texte » et le paragraphe qui suit. » On découvre finalement qu’une deuxième édition de poche était en préparation au début des années 1990, juste avant son décès en 1995, puisque le fonds contient des ajouts dactylographiés et une épreuve finale avant impression. Le livre a été réédité en 2011.

Extrait de la copie abondamment annotée par Andrée Maillet de « À la mémoire d’un héros », roman publié en 1975. BAnQ Vieux-Montréal (P798,S1,D23).

Extrait de la copie abondamment annotée par Andrée Maillet de « À la mémoire d’un héros », roman publié en 1975. BAnQ Vieux-Montréal (P798,S1,D23).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Enfin, ces précieuses archives nous font découvrir bon nombre de manuscrits inédits portant sur des poèmes et des romans. Les plus importants, dont le titre générique est « Les Princes de sang », concernent la suite de « Lettres au Surhomme » et du « Miroir de Salomé », deux de ses grands succès littéraires. Ce troisième volet, auquel André Maillet tenait, ne verra toutefois jamais le jour.

 

Extrait du manuscrit du roman « Les Princes de sang », 1943. BAnQ Vieux-Montréal (P798,S1,D3).

Extrait du manuscrit du roman « Les Princes de sang », 1943. BAnQ Vieux-Montréal (P798,S1,D3).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pascal Marion, stagiaire de l’École de bibliothéconomie et des sciences de l’information (supervisé par Julie Fontaine, archiviste) – BAnQ Vieux-Montréal

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