Antoine Gérin-Lajoie : une jeunesse romantique et un idéal politique au cours des difficiles années de l’Union

Gilles Gallichan
Cet article met en relief les premières années de la carrière d’Antoine Gérin-Lajoie et les premiers pas de son engagement social et national. Né en 1824, il fut témoin, sans être acteur, des grandes années patriotes et des insurrections de 1837-1838. Sa formation scolaire s’accompagne d’éveils culturels et d’élans littéraires qui le placent parmi les auteurs du courant romantique québécois. L’itinéraire du jeune Gérin-Lajoie, dans la décennie 1840, illustre les espoirs et les difficultés de sa génération. Il cherche brièvement fortune aux États-Unis, puis il revient au pays, préférant servir ses concitoyens par le journalisme et l’écriture. Son idéal politique est déchiré par la rupture entre L.-H. LaFontaine, qui tente de composer avec les contraintes et les injustices de l’Union, et L.-J. Papineau, revenu d’exil, qui condamne le régime colonial et se tourne vers l’annexionnisme. Gérin-Lajoie trouve dans la fonction publique, plus que dans le journalisme, un moyen de gagner sa vie et de fonder une famille. Son oeuvre littéraire, tant du côté de la poésie et du roman que de l’histoire, lui permet cependant de travailler au relèvement national. Homme de lettres et de réflexion, il figure, avec d’autres Canadiens de son époque (Étienne Parent, F.-X. Garneau, P.-J.-O. Chauveau, etc.), parmi ceux qui, malgré le long hiver colonial de l’Union, ont travaillé à maintenir l’existence du Canada français et qui ont souhaité son épanouissement.

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