Belgique-Liban-Québec, ou les aléas de la famille Eid

, par Instantanés

Au premier coup d’œil, les Eid sont une famille ordinaire, qui intéresse surtout par son expérience d’immigration au Québec. Cependant, en lisant la riche correspondance de Sabine Eid, contenue dans le fonds Souhail et Sabine Eid (P929) de BAnQ Vieux-Montréal, on est rapidement captivé par leur parcours atypique. Sabine Martens, une Belge, et Souhail Eid, un Libanais qui étudiait alors en ingénierie, se sont rencontrés à l’Université catholique de Louvain à la fin des années 1950. Le couple se marie en Belgique en 1963, avant d’aller s’établir au Liban où il aura deux fils, Jean-Paul et Michel. À la fin de 1966, soucieux de l’avenir de leurs enfants et des opportunités d’emplois, les Eid décident d’immigrer au Québec. Ils débarquent à Montréal en mars de l’année suivante, en pleine effervescence de l’Expo 67. Un troisième fils, Stéphane, naîtra en 1968.

Au-delà de leur récit migratoire, on ne peut s’empêcher de s’attacher aux membres de cette famille, surtout dépeinte par Sabine Eid dans les lettres qu’elle adresse à sa mère Élisabeth Martens. On assiste à son évolution, de jeune fille au pensionnat Val Notre-Dame à nouvelle épouse et maman au Liban. Une fois à Montréal, son dépaysement des premiers temps fait rapidement place à sa volonté de s’approprier son nouveau milieu. Familière avec la réalité des nouveaux arrivants, elle s’implique au Centre social d’aide aux immigrants (CSAI), avant de fonder le Centre d’accueil et de référence pour immigrants (CARI) de Saint-Laurent en 1987. Dans ses lettres pleines d’esprit et truffées d’humour, elle nous présente son mari, ainsi que les hauts et les bas de sa carrière d’ingénieur. Si on apprend à connaître Jean-Paul, Michel et Stéphane Eid à travers le regard de leur mère, les photographies également contenues dans ce fonds nous permettent de les voir grandir, de leur naissance à l’âge adulte.

Alors que l’intégration des nouveaux arrivants soulève de nombreux débats, ce fonds rappelle comment les immigrants peuvent constituer une véritable richesse pour le Québec.

 

Judith Dimitri, stagiaire de l’École de bibliothéconomie et des sciences de l’information (supervisée par Valérie D’Amour, archiviste) – BAnQ Vieux-Montréal

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Fiançailles de Souhail Eid et Sabine Martens à Kerkom (Belgique), 1962. BAnQ Vieux-Montréal (P929, S2, D2). Photographe non identifié.


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Lettre de Sabine Eid à sa mère Élisabeth Martens, 4 juillet 1967. BAnQ Vieux-Montréal (P929, S4, D4).


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Mensurations de Jean-Paul et Michel Eid, vers 1968. BAnQ Vieux-Montréal (P929, S4, D4).


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