Ça coûte cher être officier dans l’armée britannique !

, par Instantanés

Au début de l’année 1917, Olivar Asselin est en Angleterre pour parfaire son entraînement et attendre son déploiement sur le front français. Le 5 mars, à la veille de son départ pour la France, il écrit à son épouse Alice. Il y mentionne les coûts associés à l’achat de son uniforme ainsi qu’à la vie d’officier, et il lui exprime ses regrets d’être un mauvais époux.

 

« Je pars demain pour la France […] Je serai bien désappointé si, en faisant de mon mieux, je ne réussi pas à rester sur le front. Une fois là, je ferai en sorte que la femme qui m’a tant sacrifié — y compris son bonheur — n’ait pas à rougir de moi. Une seule chose m’attriste, à part la pensée que je ne vous reverrai peut-être plus : c’est la gêne matérielle où le mauvais sort veut que je vous laisse. Depuis mon arrivée, j’ai touché les soldes de décembre, janvier, et février, soit, déduction fait-on votre part, quelque chose comme deux cents vingt-cinq piastres. Le renouvellement de mon uniforme et de mon accoutrement m’ont couté plus de cent cinquante piastres. Le mess m’a pris en moyenne trente piastres par mois. […] Sur les cent cinquante piastres que m’a prêtées Georges Garneau, il ne reste exactement $90, en comptant vingt-cinq piastres que je réclame au trésorier de l’armée pour les frais de mon premier voyage à Londres […] Et maintenant, chère enfant, il me reste une chose à te dire, qui est que plus j’approche du danger — du danger volontairement cherché — plus ta sublime figure emplit mon âme. Je n’ai pas été pour toi le mari que tu méritais. Je t’ai fait souffrir, j’ai brisé ta vie. Sera-ce au moins une consolation pour toi d’apprendre que, à mesure que je me suis dégagé des passions terrestres pour entrer à mon tour dans la voie du sacrifice, je t’ai tendrement et profondément aimée ? »

 

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Photographie d’hommes au front. [1917-1918]. BAnQ Vieux-Montréal (CLG72). Photographe non identifié

Photographie d’hommes au front. [1917-1918]. BAnQ Vieux-Montréal (CLG72). Photographe non identifié

 

Pour en savoir plus sur Olivar Asselin et sur la diffusion de sa correspondance de guerre, consultez l’article phare du projet.


Florian Daveau, archiviste – BAnQ Vieux-Montréal

Émilie Dufour-Lauzon, agente de bureau – BAnQ Vieux-Montréal

Elena Fracas, archiviste – BAnQ Vieux-Montréal

Catherine Lamarche, stagiaire de l’Université de Montréal.

 

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