Comment se débarrasser de la Grande Noirceur sans se débarrasser du passé québécois ?

Jean-François Laniel et Joseph Yvon Thériault
La Grande Noirceur est fille de la Révolution tranquille. Pour affirmer la victoire de la modernité, les nouvelles élites québécoises noircirent exagérément le moment qu’elles venaient de quitter. Les historiens dits révisionnistes sonnèrent l’alarme : le passé québécois aurait été de tout temps « normal ». C’est à cette lecture qu’une nouvelle génération d’intellectuels, dite de la « nouvelle sensibilité », ou communautarienne-républicaine, réagira. Elle tentera de réhabiliter la singularité d’un passé québécois sans réhabiliter la Grande Noirceur. C’est un bilan à la fois théorique et politique des communautariens-républicains que nous voudrions effectuer ici : un bilan théorique, qui reprendra les principales thèses québécoises contemporaines sur la réhabilitation du passé, et un bilan politique, qui rappellera la difficile articulation entre la singularité québécoise (les valeurs) et son universalisme (la laïcité). Il n’est pas si facile de se débarrasser de la Grande Noirceur sans se débarrasser du passé québécois.

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