Comment votre ancêtre a-t-il vécu cette guerre ? Volume 50, numéro 2312 mars 201...

, par 2e bataillon du régiment de la Sarre

Comment votre ancêtre a-t-il vécu cette guerre ?

Volume 50, numéro 2312 mars 2015

Le conflit qui a mené à la prise de Québec en 1759 a affecté l'ensemble de la population coloniale canadienne
Par Yvon Larose

Les historiens estiment qu'environ 15 000 hommes adultes canadiens ont participé à la guerre de 1756-1763, un conflit opposant les armées française et britannique dans leurs colonies d'Amérique du Nord. À cette époque, la population totale de la Nouvelle-France se chiffrait entre 65 000 et 70 000 personnes. « La plupart des miliciens avaient une famille, ont peut donc estimer que toute la population canadienne a été directement touchée par cette guerre », affirme Jacques Mathieu, professeur émérite du Département d'histoire et spécialiste de la Nouvelle-France. « D'ailleurs, poursuit-il, on dit qu'il s'agissait d'une guerre entre la France et la Grande-Bretagne. Pourtant, 40% des morts furent des Canadiens. »

Cette guerre, dite de Sept Ans, constitue la toile de fond de la conférence que donnera Jacques Mathieu, le 18 mars, dans le cadre des activités de la Société d'art et d'histoire de Beauport. Le thème de sa présentation sera « Comment votre ancêtre a vécu la guerre de 1756-1763 ».

On sait très peu de choses sur ces miliciens appelés à défendre les frontières de la colonie. À cette époque, la Nouvelle-France constituait un immense territoire. On sait toutefois que c'est par centaines, voire par milliers, que des miliciens ont été envoyés, entre autres, au sud du lac Champlain et dans la région des Grands Lacs. Leurs séjours duraient habituellement quelques mois.

Selon Jacques Mathieu, l'imminence d'une invasion britannique dans la vallée du Saint-Laurent a débouché sur une mobilisation quasi totale. Dans la population, tous ont fait preuve de solidarité. « Des militaires britanniques ont témoigné avoir vu des garçons de 16 ans et des vieillards de 75 ans dans les rangs de l'armée française, indique-t-il. Tous ces miliciens défendaient leurs biens, leur famille et leurs valeurs. »

Les horreurs de la guerre, la population civile en a particulièrement souffert dans les mois qui ont précédé la prise de Québec, en septembre 1759. Les habitants de la région ont vécu dans une grande insécurité. Certains se sont réfugiés dans les bois avec enfants et bétail. Dans les villages et les campagnes, des maisons et des fermes furent incendiées par l'ennemi.

À la fin de mai 1759, quelques semaines avant l'arrivée des navires de guerre britanniques devant Québec, l'île d'Orléans s'est vidée de sa population. « Soixante-dix familles ont franchi le fleuve, raconte Jacques Mathieu. Avec 60 autres familles de la rive nord, elles se sont rendues dans les troisième et quatrième rangs de Beauport, ainsi qu'à Charlesbourg, où plusieurs ont logé dans des granges. Ce bouleversement a duré quatre mois. »

Avant d'être prise, Québec fut soumise à un bombardement incessant en provenance de Lévis, sur la rive sud du fleuve. Un coup était tiré toutes les 30 ou 45 minutes. « C'était une sorte de harcèlement psychologique pour la ville et pour les environs, explique-t-il. Les gens ne savaient pas où les boulets allaient atterrir. Plus de 500 maisons furent ainsi détruites. »

Le conflit a fait plusieurs centaines de morts chez les militaires français et les miliciens canadiens. Les lendemains de la Conquête furent très difficiles. L'autorité militaire britannique a déporté quelques milliers de personnes, notamment des nobles, des officiers et des administrateurs. Au plan matériel, des dizaines de paroisses avaient été dévastées. À Québec seulement, la destruction des maisons avait touché quelque 2 000 personnes. Dans les mois suivant la prise de la ville, les maladies épidémiques et le rationnement ont fait des ravages. « Après tous ces drames, la vie a repris son cours, souligne Jacques Mathieu. Les veuves se sont remariées. Une nouvelle vie s'est organisée. »

La conférence de Jacques Mathieu débutera à 19h30, le mercredi 18 mars, à la salle Jean-Paul-Lemieux de la bibliothèque Étienne-Parent, 3515, rue Clémenceau, arrondissement de Beauport. Pour plus d'information, contactez la Société d'art et d'histoire de Beauport : 418 641-6471 ou sahb.ca.

http://www.lefil.ulaval.ca/articles/comment-votre-ancetre-vecu-cette-guerre-37070.html

Photo :

"Vue du palais épiscopal et de ses ruines", eau-forte réalisée à partir d'un dessin de Richard Short, en 1759, après la prise de Québec.
Photo : Musée McCord, no I-6406.1

Je me souviens !


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