De la conversation à la revue Intersections

, par Véronika Brandl-Mouton

Plusieurs membres de l’équipe du LHPM ont contribué au dernier numéro de la revue Intersections, de la Société historique du Canada (SHC), en y publiant l’article « De la conversation à la coproduction : quand les chercheurs universitaires et les acteurs du patrimoine se penchent sur l’histoire de Montréal ». Ce dernier expose certains projets pilotés par les chercheurs et présentés au congrès Conversations à travers le temps, l’espace et les cultures, organisé par la SHC et s’étant déroulé à Vancouver du 1er au 7 juin 2019. Leurs présentations rendaient compte de l’importance accordée à la mobilisation du numérique et au développement de ses potentialités pour la recherche et la diffusion. Ancrées dans le tournant géospatial, les initiatives numériques du LHPM ont notamment misé sur les systèmes d’information géographique historique (SIG-H). L’article traite ainsi de l’application de ces technologies dans le cadre de l’étude des sites du Marché-Sainte-Anne-et-du-Parlement-du-Canada-Uni et du canal de Lachine.

Alain Roy, historien et cochercheur au Laboratoire, et les archéologues Louise Pothier et Hendrik Van Gijseghem, du Musée Pointe-à-Callière, se penchent sur le site du Parlement de Montréal, capitale de la province du Canada entre 1844 et 1849, date à laquelle le bâtiment fut incendié. Pour revisiter l’évolution et le rôle de ce lieu, le projet de recherche combine, dans le cadre du partenariat Montréal, plaque tournante des changes : histoire, patrimoine, devenir, les recherches archéologiques entreprises de 2010 à 2019 par Pointe-à-Callière de même que des recherches historiques. Ce partenariat a permis d’analyser les transformations du site dans son écosystème politique, urbain et social de l’époque selon trois échelles spatiales : la province, la ville et le site lui-même. À l’échelle provinciale, le géoréférencement permet de restituer une campagne menée par les autorités à la suite de l’incendie du Parlement afin d’encourager la population à soutenir le « gouvernement responsable ». Au niveau municipal, la cartographie numérique permet de comprendre l’impact des activitésgouvernementales dans le développement de Montréal. Celle-ci rend compte de la concentration et la répartition de certains services dans le centre politique et économique de Montréal au milieu du 19e siècle. Finalement, à l’échelle du site, une base de données numériquesgéoréférencées, où tous les artefacts du site peuvent être étudiés, comparés et mis en perspective, a été développée afin de reconstituer les occupations de l’espace à l’intérieur de l’édifice.

Pour leur part, Alain Gelly, historien pour Parcs Canada et Joanne Burgess, directrice du Laboratoire et professeure au département d’histoire de l’UQAM, envisagent le passé du canal de Lachine en tant que prolongement du port de Montréal, un pan de son histoire peu couvert par l’historiographie. Le projet Le corridor du canal de Lachine : au cœur des échanges et des transports vise à reconstituer l’évolution du secteur portuaire du canal. Cette reconstitution se concentre sur cinq années témoin (1880, 1890, 1913, 1950 et 1964), retenues en raison de la disponibilité des sources cartographiques, ainsi que sur les principales marchandises transitées. Afin de faciliter leur analyse géospatiale et leur visualisation sur SCHEMA – plateforme développée par le LHPM –, les représentations cartographiques des espaces dévolus à chaque activité ont été couplées à des infobulles (pop-up) fournissant des informations sur leurs occupants. Pour en faciliter la visualisation, une vaste recherche iconographique a été entreprise afin de relier une image pertinente aux données des occupants. Bien que l’étude n’en soit encore qu’à son stade préliminaire, les résultats obtenus s’avèrent extrêmement prometteurs sur le plan de l’avancement des données. Le riche et passionnant passé portuaire du canal ne manquera donc pas d’intéresser les visiteurs et les amateurs d’histoire.

The post De la conversation à la revue Intersections appeared first on Laboratoire d'histoire et de patrimoine de Montréal.

Voir en ligne : https://lhpm.uqam.ca/nouvelle/de-la...