Début d’une tournée provinciale par Henri Bourassa

, par Bilan du Siècle - Université de Sherbrooke

La Ligue nationaliste annonce pour le 5 août 1907 une assemblée de Bourasssa dans le comté de Québec-est, celui de Laurier. Les Libéraux restés loyaux au premier ministre interprètent ce geste comme de la provocation. Sous la conduite d’Alexandre Taschereau et de Georges Parent, ils lancent pierres, bouteilles et tomates aux partisans de Bourassa qui tentent néanmoins de faire entendre leur « homme » devant les 15 000 auditeurs rassemblés. La scission au sein du parti libéral fédéral devient plus évidente que jamais. Devant cette action des partisans de Laurier, un grand nombre de paroisses invitent Bourassa, devenu l’homme de l’heure, en lui garantissant la liberté de parole. La Ligue nationaliste profite de cette occasion pour organiser une grande tournée provinciale. La première assemblée a lieu le 13 août, à Sainte-Martine. Bourassa expose alors un véritable programme politique. Il critique la gestion des terres, des forêts, des mines et des ressources hydrauliques, critiques qui ne sont pas sans ressembler à celles des Conservateurs provinciaux. En deuxième lieu, Bourassa demande que l’on réforme l’administration de la justice, qu’il juge trop coûteuse en matière de législation du travail, d’instruction publique et de colonisation. Les réformes proposées ne retiennent ni l’attention des mouvements ouvriers, ni celle des mouvements de laïcisation de l’éducation, parce qu’elles sont perçues comme trop modérées. Bien que le programme présenté laisse présager l’entrée de Bourassa en politique provinciale, celui-ci n’annonce rien. Le 18 août, une autre assemblée a lieu à Saint-Hyacinthe. Cette fois, il s’agit d’une assemblée contradictoire, c’est-à-dire que Bourassa et ses partisans feront face à des Libéraux restés fidèles à Laurier dans une joute oratoire. Deux éloquents tribuns, Aimé Beauparlant et Télesphore-Damien Bouchard
, font face à Bourassa. Vertement attaqué, un Bourassa en verve réplique à ses adversaires. Par la suite, il se rend à Rigaud, Monréal, l’Assomption, Louiseville, Longueuil, Rimouski, Rivière-du-Loup, Lévis, Mégantic, Pont-Château, Iberville, Ormstown, Shawinigan et Trois-Rivières, où il tient un discours enflammé devant des foules importantes (parfois plus de 10 000 personnes). Il fait des percées auprès des jeunes et dans le clergé, ce qui inquiète les Libéraux. Le 30 août, Bourassa annoncera la création d’un troisième parti politique provincial dont il serait fort probablement le chef.La Ligue nationaliste annonce pour le 5 août 1907 une assemblée de Bourasssa dans le comté de Québec-est, celui de Laurier. Les Libéraux restés loyaux au premier ministre interprètent ce geste comme de la provocation. Sous la conduite d’Alexandre Taschereau et de Georges Parent, ils lancent pierres, bouteilles et tomates aux partisans de Bourassa qui tentent néanmoins de faire entendre leur « homme » devant les 15 000 auditeurs rassemblés. La scission au sein du parti libéral fédéral devient plus évidente que jamais. Devant cette action des partisans de Laurier, un grand nombre de paroisses invitent Bourassa, devenu l’homme de l’heure, en lui garantissant la liberté de parole. La Ligue nationaliste profite de cette occasion pour organiser une grande tournée provinciale. La première assemblée a lieu le 13 août, à Sainte-Martine. Bourassa expose alors un véritable programme politique. Il critique la gestion des terres, des forêts, des mines et des ressources hydrauliques, critiques qui ne sont pas sans ressembler à celles des Conservateurs provinciaux. En deuxième lieu, Bourassa demande que l’on réforme l’administration de la justice, qu’il juge trop coûteuse en matière de législation du travail, d’instruction publique et de colonisation. Les réformes proposées ne retiennent ni l’attention des mouvements ouvriers, ni celle des mouvements de laïcisation de l’éducation, parce qu’elles sont perçues comme trop modérées. Bien que le programme présenté laisse présager l’entrée de Bourassa en politique provinciale, celui-ci n’annonce rien. Le 18 août, une autre assemblée a lieu à Saint-Hyacinthe. Cette fois, il s’agit d’une assemblée contradictoire, c’est-à-dire que Bourassa et ses partisans feront face à des Libéraux restés fidèles à Laurier dans une joute oratoire. Deux éloquents tribuns, Aimé Beauparlant et Télesphore-Damien Bouchard
, font face à Bourassa. Vertement attaqué, un Bourassa en verve réplique à ses adversaires. Par la suite, il se rend à Rigaud, Monréal, l’Assomption, Louiseville, Longueuil, Rimouski, Rivière-du-Loup, Lévis, Mégantic, Pont-Château, Iberville, Ormstown, Shawinigan et Trois-Rivières, où il tient un discours enflammé devant des foules importantes (parfois plus de 10 000 personnes). Il fait des percées auprès des jeunes et dans le clergé, ce qui inquiète les Libéraux. Le 30 août, Bourassa annoncera la création d’un troisième parti politique provincial dont il serait fort probablement le chef. Source : Robert Rumilly, Henri Bourassa ; la vie publique d’un grand canadien, Montréal, Chanteclerc, 1953, p.218-269.

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