Début des opérations de la Commission des liqueurs du Québec

, par Bilan du Siècle - Université de Sherbrooke

Cette loi a été adoptée pour régulariser la situation unique du Québec, province anti-prohibitionniste qui est entourée de provinces et d’États où le commerce des boissons alcooliques est interdit. Le rôle de la Commission des liqueurs consiste à gérer et à contrôler le commerce des vins et spiritueux, ainsi qu’à émettre des permis pour les propriétaires d’hôtels ou de restaurants désireux de servir de l’alcool dans leurs établissements. La fabrication et la distribution de la bière ne sont pas affectées par cette loi. Un permis reste tout de même nécessaire pour ceux qui prévoient en faire la vente. À court terme, l’existence de la Commission des liqueurs soulèvera la colère des distributeurs de vins et spiritueux qui perdent un commerce très lucratif. Elle déçoit aussi les prohibitionnistes, dont l’évêque coadjuteur de Québec, Mgr Paul-Eugène Roy
, qui déclare : « L’État qui doit réprimer la vente de l’alcool, aura intérêt à la stimuler. » L’Opposition à l’Assemblée législative est tout aussi critique à l’endroit du gouvernement qu’elle accuse de créer un monopole d’État et d’intervenir injustement dans un domaine privé. À long terme, les formidables revenus générés par la Commission des liqueurs (des bénéfices de 4 millions de dollars pour la seule période allant du 1er mai au 31 décembre 1921) en feront toutefois un acquis fort apprécié par les élus. Le premier président de la commission, Georges Simard, recevra un salaire annuel de 14 000 $. La Commission des liqueurs du Québec est la première du genre en Amérique du Nord.Cette loi a été adoptée pour régulariser la situation unique du Québec, province anti-prohibitionniste qui est entourée de provinces et d’États où le commerce des boissons alcooliques est interdit. Le rôle de la Commission des liqueurs consiste à gérer et à contrôler le commerce des vins et spiritueux, ainsi qu’à émettre des permis pour les propriétaires d’hôtels ou de restaurants désireux de servir de l’alcool dans leurs établissements. La fabrication et la distribution de la bière ne sont pas affectées par cette loi. Un permis reste tout de même nécessaire pour ceux qui prévoient en faire la vente. À court terme, l’existence de la Commission des liqueurs soulèvera la colère des distributeurs de vins et spiritueux qui perdent un commerce très lucratif. Elle déçoit aussi les prohibitionnistes, dont l’évêque coadjuteur de Québec, Mgr Paul-Eugène Roy
, qui déclare : « L’État qui doit réprimer la vente de l’alcool, aura intérêt à la stimuler. » L’Opposition à l’Assemblée législative est tout aussi critique à l’endroit du gouvernement qu’elle accuse de créer un monopole d’État et d’intervenir injustement dans un domaine privé. À long terme, les formidables revenus générés par la Commission des liqueurs (des bénéfices de 4 millions de dollars pour la seule période allant du 1er mai au 31 décembre 1921) en feront toutefois un acquis fort apprécié par les élus. Le premier président de la commission, Georges Simard, recevra un salaire annuel de 14 000 $. La Commission des liqueurs du Québec est la première du genre en Amérique du Nord. Source : Le Devoir, 12 février 1921, p.1, 14 février 1921, p.1 et 17 février 1921, p.1. Bernard Vigod, Taschereau, Sillery, 1996, p.116-117.

Voir en ligne : http://bilan.usherbrooke.ca/bilan/p...