Déclenchement d’un arrêt de travail majeur dans le baseball professionnel

, par Bilan du Siècle - Université de Sherbrooke

La nomination de Felipe Alou au poste d’entraîneur chef des Expos de Montréal, le 22 mai 1992, marque le début d’une ère nouvelle. Après une saison de 94 victoires en 1993, les Expos atteignent un sommet en 1994 en remportant 74 de leurs 114 premières rencontres. Cette fiche leur confère le premier rang de la division Est de la Ligue nationale, six parties devant les Braves d’Atlanta. Tout semble aller pour le mieux quand, le 34 août, un conflit de travail entre les propriétaires d’équipes et l’Association des joueurs met un terme à la saison. L’artilleur montréalais Ken Hill résume la situation de la façon suivante : « La dernière chose que nous voulions était le déclenchement de la grève. C’est une grande déception pour toute l’équipe. En revanche, je retourne aujourd’hui dans la région de Boston avec le sentiment d’accomplir le bon geste. Nous devons prendre position. L’unité des joueurs ne fait aucun doute. Nous supportons sans réserve la position de notre Association. » Pour la première fois depuis 1903, il n’y aura pas de Série mondiale. Cette situation cause un préjudice irréparable aux Expos qui, pour la première fois depuis 1981, entrevoient la possibilité de participer aux séries de fin de saison. Le bras de fer entre les partenaires du baseball majeur est suivi de près à Montréal où l’on souhaite l’adoption de mesures permettant d’enrayer l’escalade salariale entreprise depuis le milieu des années 70. En 1992, le salaire moyen d’un joueur des ligues majeures s’établit à 1 million de dollars. Les Expos s’inquiètent de cette croissance. Celui qui est à la tête de la société en commandite qui est propriétaire de l’équipe depuis juin 1991, Claude Brochu, espère qu’une éventuelle formule de partage des revenus tiendra compte des capacités financières des formations moins fortunées. Son souhait n’est que partiellement exaucé. Lorsque le baseball reprendra ses activités, en avril 1995, les Expos orienteront leur stratégie sur deux axes : se délester de leurs joueurs les plus coûteux (Larry Walker, John Wetteland, Ken Hill, etc.) et tenter d’obtenir la construction d’un nouveau stade à Montréal. Cette approche fera l’objet de nombreuses discussions. L’injection de fonds publics que nécessite le nouveau stade fera passer le baseball des pages sportives aux pages financières et politiques. À l’heure des déficits gouvernementaux et des coupures dans les programmes sociaux, la question de la survie des Expos deviendra un véritable débat de société sur lequel tous, amateurs de baseball ou non, auront une opinion. La nomination de Felipe Alou au poste d’entraîneur chef des Expos de Montréal, le 22 mai 1992, marque le début d’une ère nouvelle. Après une saison de 94 victoires en 1993, les Expos atteignent un sommet en 1994 en remportant 74 de leurs 114 premières rencontres. Cette fiche leur confère le premier rang de la division Est de la Ligue nationale, six parties devant les Braves d’Atlanta. Tout semble aller pour le mieux quand, le 34 août, un conflit de travail entre les propriétaires d’équipes et l’Association des joueurs met un terme à la saison. L’artilleur montréalais Ken Hill résume la situation de la façon suivante : « La dernière chose que nous voulions était le déclenchement de la grève. C’est une grande déception pour toute l’équipe. En revanche, je retourne aujourd’hui dans la région de Boston avec le sentiment d’accomplir le bon geste. Nous devons prendre position. L’unité des joueurs ne fait aucun doute. Nous supportons sans réserve la position de notre Association. » Pour la première fois depuis 1903, il n’y aura pas de Série mondiale. Cette situation cause un préjudice irréparable aux Expos qui, pour la première fois depuis 1981, entrevoient la possibilité de participer aux séries de fin de saison. Le bras de fer entre les partenaires du baseball majeur est suivi de près à Montréal où l’on souhaite l’adoption de mesures permettant d’enrayer l’escalade salariale entreprise depuis le milieu des années 70. En 1992, le salaire moyen d’un joueur des ligues majeures s’établit à 1 million de dollars. Les Expos s’inquiètent de cette croissance. Celui qui est à la tête de la société en commandite qui est propriétaire de l’équipe depuis juin 1991, Claude Brochu, espère qu’une éventuelle formule de partage des revenus tiendra compte des capacités financières des formations moins fortunées. Son souhait n’est que partiellement exaucé. Lorsque le baseball reprendra ses activités, en avril 1995, les Expos orienteront leur stratégie sur deux axes : se délester de leurs joueurs les plus coûteux (Larry Walker, John Wetteland, Ken Hill, etc.) et tenter d’obtenir la construction d’un nouveau stade à Montréal. Cette approche fera l’objet de nombreuses discussions. L’injection de fonds publics que nécessite le nouveau stade fera passer le baseball des pages sportives aux pages financières et politiques. À l’heure des déficits gouvernementaux et des coupures dans les programmes sociaux, la question de la survie des Expos deviendra un véritable débat de société sur lequel tous, amateurs de baseball ou non, auront une opinion. Source : La Presse, 13 août 1994, p.F1, F2

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