Déclenchement d’une grève au journal « La Presse »

, par Bilan du Siècle - Université de Sherbrooke

Depuis la dernière grève du journal, en 1964, Power Corporation s’est porté acquéreur de « La Presse ». Sa volonté d’améliorer la rentabilité de l’entreprise en introduisant des changements technologiques crée des tensions. Elle entraîne également la mise à pied de nombreux travailleurs, ce à quoi s’opposent les syndicats affiliés à la CSN et à la FTQ. Pour la première fois, ces deux centrales mettent leurs divergences de côté pour livrer une bataille commune. Le journal décide de placer en lock-out ses employés de l’imprimerie et d’embaucher des briseurs de grève pour les remplacer. L’édifice de « La Presse » devient une forteresse protégée par des gardes de sécurité armés et accompagnés de chiens policiers. Le journal obtient également une injonction qui limite le piquetage. Les onze syndicats du journal font alors front commun pour appuyer ceux qui sont en lock-out. La pression montant, le journal cesse de paraître le 27 octobre. Le 29 octobre, les centrales organisent une marche de solidarité qui attire plus de 15 000 personnes. Elle dégénère en une violente confrontation entre policiers et manifestants qui cause un mort et 190 blessés. Le 2 novembre, soir des obsèques, 17 000 personnes emplissent le Forum de Montréal pour assister à une grande manifestation syndicale. Il faudra plusieurs mois avant qu’une entente survienne entre les parties. Les travailleurs de l’imprimerie y gagneront la sécurité d’emploi absolue en cas de changements technologiques. Cette victoire est particulièrement chère aux yeux des centrales car plusieurs grèves ont eu lieu dans d’autres journaux sur la problématique des changements technologiques et elles se sont toutes soldées par des défaites syndicales. « La Presse » paraîtra de nouveau le 10 février 1972.Depuis la dernière grève du journal, en 1964, Power Corporation s’est porté acquéreur de « La Presse ». Sa volonté d’améliorer la rentabilité de l’entreprise en introduisant des changements technologiques crée des tensions. Elle entraîne également la mise à pied de nombreux travailleurs, ce à quoi s’opposent les syndicats affiliés à la CSN et à la FTQ. Pour la première fois, ces deux centrales mettent leurs divergences de côté pour livrer une bataille commune. Le journal décide de placer en lock-out ses employés de l’imprimerie et d’embaucher des briseurs de grève pour les remplacer. L’édifice de « La Presse » devient une forteresse protégée par des gardes de sécurité armés et accompagnés de chiens policiers. Le journal obtient également une injonction qui limite le piquetage. Les onze syndicats du journal font alors front commun pour appuyer ceux qui sont en lock-out. La pression montant, le journal cesse de paraître le 27 octobre. Le 29 octobre, les centrales organisent une marche de solidarité qui attire plus de 15 000 personnes. Elle dégénère en une violente confrontation entre policiers et manifestants qui cause un mort et 190 blessés. Le 2 novembre, soir des obsèques, 17 000 personnes emplissent le Forum de Montréal pour assister à une grande manifestation syndicale. Il faudra plusieurs mois avant qu’une entente survienne entre les parties. Les travailleurs de l’imprimerie y gagneront la sécurité d’emploi absolue en cas de changements technologiques. Cette victoire est particulièrement chère aux yeux des centrales car plusieurs grèves ont eu lieu dans d’autres journaux sur la problématique des changements technologiques et elles se sont toutes soldées par des défaites syndicales. « La Presse » paraîtra de nouveau le 10 février 1972. Source : La Presse, 28 octobre 1971, p.1 et 6, et 10 février 1972.

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