Déclenchement d’une grève par les employés du chemin de fer Grand Tronc

, par Bilan du Siècle - Université de Sherbrooke

Les ouvriers des chemins de fer américains se sont battus pendant des années pour obtenir ce que les employés du Grand-Tronc demandent maintenant. Ils réclament que la compagnie leur verse des salaires égaux à ceux versés à l’Est de Chicago. Cela signifie une augmentation de 18 %. Devant le front commun ouvrier, même le Canadien Pacifique avait cédé aux demandes syndicales. Par contre, le réseau du Grand Tronc, dirigé d’une main de fer par un patronat en grande partie britannique, a refusé d’accepter les nouvelles normes de travail dans le transport ferroviaire. Après l’intervention du ministre du Travail, William Lyon Mackenzie King
, qui a eu recours à la conciliation et à l’arbitrage (loi Lemieux), la compagnie du Grand Tronc et la Fédération américaine du travail (FAT) se préparent à la grève. Le 18 juillet 1910, l’ordre d’arrêter le travail est lancé par la FAT. Environ 3 350 cheminots abandonnent alors l’ouvrage, paralysant le réseau du Grand Tronc. Le lendemain, les ouvriers d’atelier déposeront leurs outils à leur tour, augmentant ainsi le nombre de grévistes à 8 500. Pris de court, les dirigeants déclarent le lock-out. Pour économiser des fonds dans cette lutte contre les grèvistes, la compagnie ferme ses usines de Montréal, Toronto, London, Stratford, Port Huron, Battle Creek, Portland et Chicago. Cette manoeuvre pousse au chômage près de 2 500 ouvriers à Montréal, 500 à Toronto et 1 000 à Portland. Pour justifier son action, Charles Hays, le président du Grand Tronc, déclare : « Je tiens à ce que le public ne soit pas sous une fausse impression au sujet de l’attitude prise par la compagnie dans cette affaire. Les conducteurs et les employés de convois nous faisaient des demandes exorbitantes à notre avis et que nous ne pouvions pas satisfaire pour le moment. Nous nous sommes entretenus avec eux pour référer le litige à un tribunal d’enquête organisé suivant la loi. » Montréal est littéralement en « en état de siège », ne recevant plus les denrées nécessaires à son fonctionnement quotidien. Cette situation perturbe la population. Considérant leurs responsabilités envers leurs concitoyens, les grévistes envisagent un nouvel arbitrage. Il est immédiatement rejeté par Hays. Pendant ce temps, des usines et des commerces ferment partout au Canada, faute d’approvisionnement. Les représentants syndicaux et le gouvernement fédéral entreprennent des discussions avec Hays qui ne plie pas, et ce malgré les nombreuses lettres qui l’implorent d’en arriver à une entente. Finalement, deux semaines après le début de la grève, quelques heures avant que les employés touchent leurs premières indemnisations, la FAT signe une entente avec les dirigeants du Granc Tronc. Les employés sont d’abord méfiants, se sentant trahis par leurs représentants américains. Mais ils acceptent tout de même de reprendre leur poste puisque l’entente leur permet d’obtenir l’équivalent de leurs confrères américains.Les ouvriers des chemins de fer américains se sont battus pendant des années pour obtenir ce que les employés du Grand-Tronc demandent maintenant. Ils réclament que la compagnie leur verse des salaires égaux à ceux versés à l’Est de Chicago. Cela signifie une augmentation de 18 %. Devant le front commun ouvrier, même le Canadien Pacifique avait cédé aux demandes syndicales. Par contre, le réseau du Grand Tronc, dirigé d’une main de fer par un patronat en grande partie britannique, a refusé d’accepter les nouvelles normes de travail dans le transport ferroviaire. Après l’intervention du ministre du Travail, William Lyon Mackenzie King
, qui a eu recours à la conciliation et à l’arbitrage (loi Lemieux), la compagnie du Grand Tronc et la Fédération américaine du travail (FAT) se préparent à la grève. Le 18 juillet 1910, l’ordre d’arrêter le travail est lancé par la FAT. Environ 3 350 cheminots abandonnent alors l’ouvrage, paralysant le réseau du Grand Tronc. Le lendemain, les ouvriers d’atelier déposeront leurs outils à leur tour, augmentant ainsi le nombre de grévistes à 8 500. Pris de court, les dirigeants déclarent le lock-out. Pour économiser des fonds dans cette lutte contre les grèvistes, la compagnie ferme ses usines de Montréal, Toronto, London, Stratford, Port Huron, Battle Creek, Portland et Chicago. Cette manoeuvre pousse au chômage près de 2 500 ouvriers à Montréal, 500 à Toronto et 1 000 à Portland. Pour justifier son action, Charles Hays, le président du Grand Tronc, déclare : « Je tiens à ce que le public ne soit pas sous une fausse impression au sujet de l’attitude prise par la compagnie dans cette affaire. Les conducteurs et les employés de convois nous faisaient des demandes exorbitantes à notre avis et que nous ne pouvions pas satisfaire pour le moment. Nous nous sommes entretenus avec eux pour référer le litige à un tribunal d’enquête organisé suivant la loi. » Montréal est littéralement en « en état de siège », ne recevant plus les denrées nécessaires à son fonctionnement quotidien. Cette situation perturbe la population. Considérant leurs responsabilités envers leurs concitoyens, les grévistes envisagent un nouvel arbitrage. Il est immédiatement rejeté par Hays. Pendant ce temps, des usines et des commerces ferment partout au Canada, faute d’approvisionnement. Les représentants syndicaux et le gouvernement fédéral entreprennent des discussions avec Hays qui ne plie pas, et ce malgré les nombreuses lettres qui l’implorent d’en arriver à une entente. Finalement, deux semaines après le début de la grève, quelques heures avant que les employés touchent leurs premières indemnisations, la FAT signe une entente avec les dirigeants du Granc Tronc. Les employés sont d’abord méfiants, se sentant trahis par leurs représentants américains. Mais ils acceptent tout de même de reprendre leur poste puisque l’entente leur permet d’obtenir l’équivalent de leurs confrères américains. Source : Le Devoir, 18 juillet 1910, p.1, 19 juillet 1910, p.4.

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