Des flambeaux et des silhouettes : Nuit, ville, crime et insécurité à Québec (1820-1845)

Alex Gagnon
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Les débats sur la sécurité et l’insécurité liées à la peur du crime, qui marquent depuis les années 1990 nos sociétés contemporaines, ne sont pas, comme on le pense parfois, un phénomène propre à la fin du XXe siècle ; ils réactualisent en fait, à leur manière, des peurs déjà vieilles et des crises médiatiques qui, depuis le premier tiers du XIXe siècle, secouent périodiquement les grandes villes occidentales. Si le cas français est aujourd’hui assez bien étudié, les déclinaisons bas-canadiennes du phénomène, en revanche, demeurent largement moins connues. Elles ont pourtant existé, et ce dès les années 1820 et 1830, au moment même où l’insécurité urbaine devant le crime suscite, dans une ville comme Paris, les premières paniques collectives alimentées par une presse en plein essor. À partir d’une plongée dans les journaux de l’époque, cet article analyse les intermittences du sentiment d’insécurité qui s’empare, à l’époque où elle connaît une expansion démographique et économique sans précédent, de la ville de Québec, dont les nuits tranquilles, semble-t-il, deviennent parfois dangereuses.
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The contemporary debates on security and insecurity related to crime are not, as is often thought, specific to the late 20th century ; in fact, they revive, in their own way, the old fear of crime that have, since the early 19th century, periodically shaken major cities of the Western world. While the case of France has been comprehensively studied, the Lower-Canada versions of the phenomenon, however, remain far less known. Nevertheless, they have occurred as far back as the 1820’s and 1830’s, at a time when urban insecurity and fear of crime sparked, in a city like Paris, the first collective panics fuelled by a thriving press. At that time, Lower-Canada cities were experiencing an unprecedented demographic and economic expansion. This article aims to explore, through the newspapers of that period, the evolution of the state of insecurity that overwhelmed the city of Quebec whose quiet nights, it seems, could sometimes be quite dangerous.

Voir en ligne : http://id.erudit.org/iderudit/1039517ar