Discours anti-impérialiste d’Henri Bourassa

, par Bilan du Siècle - Université de Sherbrooke

Voici un extrait du discours d’Henri Bourassa
à la Chambre des communes : « Nous, Canadiens, avons payé l’impôt, les uns volontiers, les autres forcément, pour couvrir les frais de cette expédition [la guerre des Boers]. Nous avons donc le droit de nous prononcer sur le résultat et le règlement du conflit auquel on nous a rendus partie, et nous ne devons pas permettre au gouvernement britannique de présumer de notre opinion et d’en décider arbitrairement sans même la pressentir. [...] Je crois que c’est notre droit et notre devoir, à nous députés d’un peuple britannique autonome, d’exprimer une opinion et d’offrir des suggestions sur tout ce qui peut atteindre les parties vitales de la puissance britannique pourvu que cette intervention n’affaiblisse en rien notre liberté d’action et notre autonomie absolue[...] Je ferai observer aux députés de cette Chambre que si le Canada ne veut pas être considéré par le gouvernement britannique comme un simple champ d’exploitation profitable, il est grand temps que nous sachions nous faire respecter non seulement sur les champs de bataille, mais aussi dans les conseils de Sa Majesté. Le moment est venu où nous devons dire à M.Chamberlain [ministre des Colonies] qu’ayant eu à loisir et sans réserve le sang de notre sang et la chair de notre chair, les larmes des mères canadiennes et la sueur des paysans et des ouvriers canadiens, pour s’enrichir, lui et son frère et toute sa tribu, dans le commerce d’armes et de munitions- il devrait au moins respecter la voix du peuple canadien... » Ce discours fait suite au dépôt d’une motion audacieuse de Bourassa par laquelle celui-ci souhaitait que la Chambre des communes affirme : « qu’il n’est pas nécessaire d’envoyer de nouvelles troupes canadiennes dans l’Afrique australe et que l’enrôlement de recrues pour le corps de gendarmerie sud-africaine ne devrait pas être permis au Canada. » Cette motion, battue lors du vote des députés, attira à Bourassa l’ire de la presse canadienne-anglaise et les blâmes d’une partie de la presse francophone. En revanche, certaines réactions dénotent la présence au Québec d’un groupe favorable à la souveraineté du Canada face à l’Empire britannique, particulièrement chez les jeunes Canadiens français.Voici un extrait du discours d’Henri Bourassa
à la Chambre des communes : « Nous, Canadiens, avons payé l’impôt, les uns volontiers, les autres forcément, pour couvrir les frais de cette expédition [la guerre des Boers]. Nous avons donc le droit de nous prononcer sur le résultat et le règlement du conflit auquel on nous a rendus partie, et nous ne devons pas permettre au gouvernement britannique de présumer de notre opinion et d’en décider arbitrairement sans même la pressentir. [...] Je crois que c’est notre droit et notre devoir, à nous députés d’un peuple britannique autonome, d’exprimer une opinion et d’offrir des suggestions sur tout ce qui peut atteindre les parties vitales de la puissance britannique pourvu que cette intervention n’affaiblisse en rien notre liberté d’action et notre autonomie absolue[...] Je ferai observer aux députés de cette Chambre que si le Canada ne veut pas être considéré par le gouvernement britannique comme un simple champ d’exploitation profitable, il est grand temps que nous sachions nous faire respecter non seulement sur les champs de bataille, mais aussi dans les conseils de Sa Majesté. Le moment est venu où nous devons dire à M.Chamberlain [ministre des Colonies] qu’ayant eu à loisir et sans réserve le sang de notre sang et la chair de notre chair, les larmes des mères canadiennes et la sueur des paysans et des ouvriers canadiens, pour s’enrichir, lui et son frère et toute sa tribu, dans le commerce d’armes et de munitions- il devrait au moins respecter la voix du peuple canadien... » Ce discours fait suite au dépôt d’une motion audacieuse de Bourassa par laquelle celui-ci souhaitait que la Chambre des communes affirme : « qu’il n’est pas nécessaire d’envoyer de nouvelles troupes canadiennes dans l’Afrique australe et que l’enrôlement de recrues pour le corps de gendarmerie sud-africaine ne devrait pas être permis au Canada. » Cette motion, battue lors du vote des députés, attira à Bourassa l’ire de la presse canadienne-anglaise et les blâmes d’une partie de la presse francophone. En revanche, certaines réactions dénotent la présence au Québec d’un groupe favorable à la souveraineté du Canada face à l’Empire britannique, particulièrement chez les jeunes Canadiens français. Source : Robert Rumilly, Henri Bourassa : la vie publique d’un grand Canadien, Montréal, Chantecler, 1953, p.94-114.

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