Discours de Henri Bourassa au Monument National

, par Bilan du Siècle - Université de Sherbrooke

La salle est bondée de partisans catholiques de toutes tendances politiques. Bourassa débute son discours par un bref historique : « En 1870, Mgr Taché, appelé de Rome pour apaiser la rébellion dans l’Ouest [affaire des écoles manitobaines], avait reçu la garantie du droit de la minorité catholique ; mais le jour où l’on n’eut plus besoin du vieil évêque pour faire grandir les capitaux et édifier les fortunes, on mentit à la parole donnée au nom du Roi.
Mais je proclame...(et la voix éclatante clamait en effet), je proclame que tant que JUSTICE COMPLÈTE ne sera pas rendue à nos compatriotes et à nos coreligionnaires des nouvelles provinces, la question des écoles du Manitoba non plus ne sera pas réglée ! (...) Ce que je demande, c’est que l’on respecte le pacte qui a été conclu, et que, dans ces territoires de l’Ouest arrosés de ses sueurs et de son sang, le colon français puisse parler sa langue et pratiquer sa religion comme il est permis à la minorité protestante de la province de Québec de le faire. Nous sommes égaux devant les taxes, soyons-le devant la loi. Notre argent vaut l’argent des protestants. » Bourassa se refuse néanmoins à toute représailles envers les protestants québécois : « Ce serait une indignité. Réclamons nos droits en nous appuyant sur la justice et non sur l’iniquité. Fussions-nous couvert de boue et d’insultes, soyons toujours prêts à accorder aux protestants pleine et entière liberté ; ne commettons pas à notre tour l’iniquité contre laquelle nous protestons ! » Il conclut son discours en parlant de l’amendement à l’article 16, relatif aux écoles, apporté par Laurier : « Cet amendement n’est pas conforme à la constitution, pas conforme à nos droits, pas suffisant, pas acceptable. Avec cet amendement, l’enseignement du français et de la religion serait illusoire. Nous n’en voulons pas. De la conciliation, mais pas à ce prix !? » Les auditeurs applaudissent Bourassa qui enchaîne en affirmant que : « La conciliation ne peut exister entre la justice et l’iniquité ! Je ne puis croire que le gouverement fédéral, disposant d’une majorité comme la sienne, cède à quelques fanatiques [protestants]. En transformant sa loi, il transforme une oeuvre de justice en oeuvre d’iniquité. Lorsque, aux Communes, la question sera discutée au mérite, je combattrai le bill. Et je demande l’appui moral de la population de Montréal, sans distinction de partis politiques. » La salle est bondée de partisans catholiques de toutes tendances politiques. Bourassa débute son discours par un bref historique : « En 1870, Mgr Taché, appelé de Rome pour apaiser la rébellion dans l’Ouest [affaire des écoles manitobaines], avait reçu la garantie du droit de la minorité catholique ; mais le jour où l’on n’eut plus besoin du vieil évêque pour faire grandir les capitaux et édifier les fortunes, on mentit à la parole donnée au nom du Roi.
Mais je proclame...(et la voix éclatante clamait en effet), je proclame que tant que JUSTICE COMPLÈTE ne sera pas rendue à nos compatriotes et à nos coreligionnaires des nouvelles provinces, la question des écoles du Manitoba non plus ne sera pas réglée ! (...) Ce que je demande, c’est que l’on respecte le pacte qui a été conclu, et que, dans ces territoires de l’Ouest arrosés de ses sueurs et de son sang, le colon français puisse parler sa langue et pratiquer sa religion comme il est permis à la minorité protestante de la province de Québec de le faire. Nous sommes égaux devant les taxes, soyons-le devant la loi. Notre argent vaut l’argent des protestants. » Bourassa se refuse néanmoins à toute représailles envers les protestants québécois : « Ce serait une indignité. Réclamons nos droits en nous appuyant sur la justice et non sur l’iniquité. Fussions-nous couvert de boue et d’insultes, soyons toujours prêts à accorder aux protestants pleine et entière liberté ; ne commettons pas à notre tour l’iniquité contre laquelle nous protestons ! » Il conclut son discours en parlant de l’amendement à l’article 16, relatif aux écoles, apporté par Laurier : « Cet amendement n’est pas conforme à la constitution, pas conforme à nos droits, pas suffisant, pas acceptable. Avec cet amendement, l’enseignement du français et de la religion serait illusoire. Nous n’en voulons pas. De la conciliation, mais pas à ce prix !? » Les auditeurs applaudissent Bourassa qui enchaîne en affirmant que : « La conciliation ne peut exister entre la justice et l’iniquité ! Je ne puis croire que le gouverement fédéral, disposant d’une majorité comme la sienne, cède à quelques fanatiques [protestants]. En transformant sa loi, il transforme une oeuvre de justice en oeuvre d’iniquité. Lorsque, aux Communes, la question sera discutée au mérite, je combattrai le bill. Et je demande l’appui moral de la population de Montréal, sans distinction de partis politiques. » Source : La Presse, 18 avril 1905, p.10

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