Drame sur le lac Témiscamingue

, par Instantanés

 

En ce mois de juin 2018, le blogue Instantanés fête ses cinq ans d’existence. Afin de souligner cet anniversaire, nous publierons de nouveau, aux cours des prochaines semaines, les cinq articles les plus marquants de l’histoire du blogue. Ces textes coups de cœur ont été consultés par des milliers de lecteurs et méritent d’être redécouverts !

 

Aujourd’hui, nous vous présentons la première position : Drame sur le lac Témiscamingue

 

À travers nos bulletins de nouvelles télévisés et nos journaux, nous prenons régulièrement connaissance de tragédies qui, pour une raison ou pour une autre, réussissent à faire date dans notre histoire locale. Toutefois, plusieurs de ces drames restent méconnus du grand public. Un exemple serait celui qui se déroula sur le lac Témiscamingue, situé sur la frontière entre le Québec et l’Ontario, en 1978.

 

Le dimanche 11 juin 1978, un groupe de 27 élèves, âgés entre 10 et 15 ans, de l’école privée Saint John’s School de Claremont en Ontario (aujourd’hui fusionné à la ville de Pickering, près de Toronto) se rendent sur le lac Témiscamingue pour une expédition en canot qui doit se terminer 3 semaines et 845 km plus tard, aux abords de la Baie James, près de Moosonee, en Ontario. Accompagnés de quatre moniteurs, ce voyage devait être la dernière sortie scolaire de l’année pour ce groupe d’élèves. Aucun signe n’était annonciateur de la tragédie qui se préparait : les élèves avaient des notions de survie en pleine nature et la météo était clémente.

 

En début d’après-midi, les conditions météorologiques changent radicalement et de manière imprévisible sur le lac. Des vents violents se mettent à souffler et des hautes vagues se forment causant ainsi le chavirement des quatre canots de l’expédition. Malgré le fait que tous les membres portaient leurs gilets de sauvetage, au total 12 élèves et un moniteur meurent dans les eaux glaciales du lac Témiscamingue, à la hauteur du village de Saint-Édouard-de-Fabre (situé dans la région de l’Abitibi-Témiscamingue). Ce n’est que le lendemain matin, grâce à une alerte lancée par un pilote d’hélicoptère, qui était en route vers Ottawa, que les survivants et les corps des victimes du naufrage ont pu être récupérés, soit une vingtaine d’heures après l’évènement.

 

 

 

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Vue du lac Témiscamingue et d’une partie du village de Saint-Édouard-de-Fabre, [1979-1980]. BAnQ Rouyn-Noranda (Fonds ministère de la Culture et des Communications. Direction de l’Abitibi-Témiscamingue et Nord-du-Québec) (E6,S2,SS1). Photographe non identifié.

 


« Un accident » selon le coroner Déry

 

À la suite de l’écoute des témoignages des survivants et de l’examen du matériel impliqué dans l’évènement, c’est le 7 juillet 1978 que le coroner Stanislas Déry remit son rapport d’enquête au Palais de Justice de Ville-Marie. Dans son rapport, malgré plusieurs irrégularités dans l’organisation du voyage par la direction de l’école Saint John’s et les capitaines de l’expédition, le coroner Déry tire la conclusion suivante :

« …la seule conclusion qui s’impose c’est que la cause immédiate de l’accident du 11 juin 1978, il faut la chercher dans une erreur de jugement des quatre (4) capitaines […] parce qu’ils n’étaient pas familiers avec les conditions spéciales prévalant sur le lac Témiscamingue […]. Disons, à leur décharge, que les quatre (4) capitaines […] pouvaient difficilement prévoir un changement et une augmentation aussi subits dans la direction du vent et de sa vélocité. […] Pour résumer, la preuve n’a révélé aucun des éléments qui nous justifieraient d’imputer une responsabilité criminelle à qui que ce soit. »

 

BAnQ Rouyn-Noranda possède quelques documents relatifs à ce drame qui sont disponibles à la consultation. Les archives judiciaires contiennent l’intéressant dossier d’enquête du coroner Stanislas Déry (TP12,S34,SS26,SSS1). Dans le centre de documentation, on retrouve un ouvrage de Scott Sorensen, témoin important de cette tragédie qui a participé aux mesures de sauvetage, intitulé Chronique de la rivière Kipawa. De plus, la collection de journaux sur microfilms donne accès à plusieurs articles sur l’évènement. Finalement, le fonds de la Sûreté du Québec renferme un dossier d’enquête qui est toutefois restreint à la consultation jusqu’en 2078.

 

 

François Veillette, technicien en documentation – BAnQ Rouyn-Noranda

 

 

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Extrait du rapport du coroner Stanislas Déry sur l’accident du 11 juin 1978, 7 juillet 1978. BAnQ Rouyn-Noranda (TP12,S34,SS26,SSS1)

 

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Extrait du rapport du coroner Stanislas Déry sur l’accident du 11 juin 1978, 7 juillet 1978. BAnQ Rouyn-Noranda (TP12,S34,SS26,SSS1)

 

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Extrait du rapport du coroner Stanislas Déry sur l’accident du 11 juin 1978, 7 juillet 1978. BAnQ Rouyn-Noranda (TP12,S34,SS26,SSS1)

 

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Extrait du rapport du coroner Stanislas Déry sur l’accident du 11 juin 1978, 7 juillet 1978. BAnQ Rouyn-Noranda (TP12,S34,SS26,SSS1)

 

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