Dur, dur d’être une V.A.D.!

, par Instantanés

 

Olivar Asselin passe la première moitié de l’année 1918 dans différents camps des forces canadiennes installés dans la campagne anglaise. Bien que physiquement rétabli, les médecins semblent hésiter à le laisser retourner sur le front. Ainsi, Asselin passe une partie de son séjour en Angleterre, à l’hôpital ou en congé. Dans cette lettre écrite à Alice, sa femme, il raconte la vie à l’hôpital et ses rencontres avec des Canadiens et le personnel hospitalier.

 

Matlock Bath : The Kursaal & Royal Hotel. Showing Church. 7 septembre 1918. BAnQ Vieux-Montréal (CLG72).

 

« Officiellement j’avais été malade. Officiellement je devais faire une convalescence. J’aurais très bien pu faire durer la plaisanterie longtemps, car contrairement à une opinion très répandue, il n’y a probablement pas une armée au monde où les blessés aient plus de temps pour se rétablir que dans l’armée canadienne ; il y en a qui passent des mois à l’hôpital ou en congé avec une égratignure ; les médecins sont parfois d’une extrême complaisance. […] Il y avait plusieurs Canadiens-Français à l’hôpital, entre autres, Galder, Goulin, Saint-Victor (de Québec), un jeune Ouellet (de Montréal). Blessé le 8 août d’une balle qui, l’atteignant au sein droit, avait glissé sur les (?), Galder était depuis plusieurs jours parfaitement rétabli ; […] il partait pour un congé de trois semaines en Écosse, d’où son ancêtre paternel vint au Canada en 1759. […] Une autre différence est qu’à Buxton les services secondaires sont faits par des hommes et par des civils, et à Matlock par les aides infirmières du Volontary Aid Departement. Ce corps est anglais ; l’uniforme est non sans ressemblance avec celui des Sœurs Grises. Les V.A.D.s (prononcer Vi-ai-dîze), par rapport aux infirmières, sont comme les soldats aux officiers. Ce sont elles qui font tout le travail manuel, même le plus fatigant et le plus répugnant. C’est dire aussi qu’elles sont officiellement d’un autre monde, d’un monde inférieur, et que même hors du service, ces deux mondes ne se voient point. […] Or, pendant que les infirmières de la guerre étaient dans le civil de simples infirmières, les V.A.D.s sont pour la plupart du temps du monde qui se sont enrôlées par patriotisme, malgré la modicité de la solde et la nature extrêmement périlleuse du service. […] Il s’était passé beaucoup de choses au 10e en mon absence. Vers le 1er septembre, le 22e perdait dans une attaque tous ses officiers, à l’exception de quatre ou cinq qui étaient restés en réserve ; le chirurgien-major, un jeune et héroïque capitaine du nom de Marin, dont le nom devrait être immortel, ramena lui-même des lignes de feu ce qu’il restait du bataillon : une trentaine d’hommes. »

 

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Pour en savoir plus sur Olivar Asselin et sur la diffusion de sa correspondance de guerre, consultez l’article phare du projet.

 

Florian Daveau, archiviste – BAnQ Vieux-Montréal

Émilie Dufour-Lauzon, agente de bureau – BAnQ Vieux-Montréal

Elena Fracas, archiviste – BAnQ Vieux-Montréal

Catherine Lamarche, stagiaire de l’Université de Montréal

 

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