Édition 2017 de l’École d’été Montréal numérique : un franc succès !

, par Audrey Ménard

Du 13 au 19 août 2017 s’est tenue l’École d’été Montréal numérique. Commémoration, interactivité et visualisation. Cette dernière édition d’un cycle de quatre écoles entamé en 2014 fut organisée par le Partenariat de recherche Montréal, plaque tournante des échanges : histoire patrimoine, devenir en collaboration avec les Archives de la Ville de Montréal. Dans le contexte du 375e anniversaire de la fondation de la métropole, c’est autour de la thématique de la commémoration qu’un ambitieux programme, alliant présentations magistrales et ateliers en laboratoire informatique, a été élaboré par l’équipe professorale responsable du cours.

Un groupe d’une quinzaine de participants, composé d’étudiants, de diplômés et de professionnels en histoire, en éducation, en muséologie, en histoire de l’art et en design se sont initiés aux enjeux de la commémoration à travers l’étude de ses thèmes, de ses acteurs, de ses intentions et de ses dispositifs. Une attention particulière a été portée à ses dimensions spatiales puisque le volet pratique de la formation fut consacré à l’exploration d’applications d’analyse et de visualisation cartographique tels que le logiciel libre QGIS et le Système de cartographie de l’histoire de Montréal (SCHEMA).

Le coup d’envoi a été donné le dimanche 13 août par la muséologue Annette Viel, qui a livré une inspirante réflexion à l’occasion de la conférence intitulée Du moulin à vent aux moulins à images prononcée en ouverture. La généreuse participation de la consultante internationale a incité les participants à s’engager dans une réflexion sur le thème de la mise en mémoire. Pour plus d’un, cette rencontre a contribué à une appropriation bien personnelle de la thématique et à une ouverture aux possibles commémoratifs. Cet exposé a été suivi de treize présentations, livrées au cours de quatre journées ayant pour thèmes les anniversaires de 1942 et de 1992, l’usage du web 2.0, les enjeux de capitales et l’enseignement.

  • Harold Bérubé, Université de Sherbrooke : « Montréal 1942 : quelques réflexions autour d’une commémoration ratée »
  • Mario Robert, Archives de la Ville de Montréal : « Montréal fête 350 ans ! »
  • Joanne Burgess, Université du Québec à Montréal : « Commémorer Montréal, 1942-1992 : le corpus »
  • Benjamin Deruelle, Université du Québec à Montréal : « Marignan 1515-2015 : entre histoire et mémoire »
  • Joanne Burgess, Université du Québec à Montréal et Léon Robichaud, Université de Sherbrooke : « Création numérique et commémoration »
  • Marie-Ève Ouellet, Commission de la capitale nationale du Québec : « Enjeux et apports de la commémoration en contexte d’interprétation. L’expérience du programme Découvrir la capitale nationale »
  • Alain Roy, historien : « Oublis, dénis ou honnis : enjeux de mémoire de capitales éphémères, Kingston et Montréal (1840-1850) »
  • Danny Perreault et Jonathan Bonneau, Université du Québec à Montréal : « Projet Instance »
  • Marie-Claude Larouche, Université du Québec à Trois-Rivières : « Le potentiel du patrimoine urbain pour la formation à l’enseignement de l’univers social »
  • Cornélia Strickler, Centre commémoratif de l’Holocauste : « Enseigner l’histoire de l’Holocauste avec le numérique : Parcours interactifs sur le site Récits de vie sur l’Holocauste »
  • René Binette, Écomusée du fier monde : « Célébrons le patrimoine avec l’Écomusée : les 100 ans de l’École Garneau »
  • Elizabeth-Ann Doyle, MU : « Des murales pour le changement social »
  • Martin Landry, Montréal en histoires : « CITÉ MÉMOIRE, le plus long parcours de vidéo projection au monde »

Ces présentations et les travaux pratiques ont été complétés par la tenue de deux activités hors des murs des salles de classe. Le 15 août, une table ronde publique intitulée La mémoire citoyenne s’est intéressée aux enjeux de la sauvegarde et de la transmission de la mémoire de luttes et d’initiatives citoyennes. La rencontre fut animée par Joanne Burgess, professeure au Département d’histoire de l’UQAM et directrice du Laboratoire, et réunissait Ross Higgins, cofondateur des Archives Gaies du Québec, Dimitri Roussopoulos, cofondateur du Comité des citoyens de Milton-Parc, ainsi que Ronald Rudin, professeur au Département d’histoire de l’Université Concordia et auteur du projet Le retour des voix au Parc national Kouchibouguac. À la tombée de la nuit du jeudi 19 août, la cohorte a arpenté les rues du Vieux-Montréal pour faire l’expérience du parcours Cité mémoire. Le lendemain, vendredi 18 août, l’activité a fait l’objet de discussions avec Martin Landry, responsable du contenu historique et pédagogique du projet.

Durant la semaine de l’École d’été, les participants ont eu à réaliser un travail pratique qui consistait à cartographier différents aspects des commémorations liées au 300e et au 350e anniversaires de la fondation de Montréal. Les fruits de leur travail ont été présentés lors d’un mini colloque qui s’est tenu le samedi 19 août. Au terme de la semaine, bien qu’épuisés, les organisateurs et les participants ont tiré un bilan très positif de l’expérience.

Le cycle des écoles d’été Montréal numérique qui a pris fin avec l’édition 2017 s’est clôt de belle façon. Grâce à ce programme novateur, de 2014 à 2017, des dizaines de jeunes chercheurs et d’intervenants en patrimoine ont développé des compétences numériques qui ont pu être exploitées au sein de projets de recherche et de milieux de pratique. Il est désormais à souhaiter que l’immense potentiel des outils informatiques pour la recherche en sciences humaines percole à travers d’autres initiatives et que les humanités numériques continuent d’enrichir les savoirs et les initiatives de mise en valeur dans les champs de l’histoire et du patrimoine.

  • Crédit photo : Christian Bujold
    Crédit photo : Christian Bujold

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