Expo 67 au jour le jour : du 1er au 7 octobre

, par Archives de Montréal

Une collaboration spéciale d’Yves Jasmin, directeur de l’Information, de la Publicité et des Relations publiques d’Expo 67 de mars 1964 à janvier 1968.

Projet de réédition initialement commandé à M. Jasmin par M. Michel Dumas, président de la Fondation Expo 67 de 2010 à 2015, sous la direction soutenue de M. Luc Beauchemin, designer et chercheur en patrimoine moderne. Complété avec la précieuse contribution de Mme Huguette Dussault, professeur d’histoire, pour la révision des textes français, et celle de Mme Diana Thébaud-Nicholson, consultante en communications, pour la révision anglaise.

L’animateur Ed Sullivan vous convie à Expo 67 !

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Jour 157
Dimanche 1er octobre 1967
Météo : temps couvert, 52 °F (11 °C)
264 112 visiteurs

Regard sur les pavillons de la Grande-Bretagne et du Canada un an après l'Expo 67. 1968. VM94-EX184-008. Archives de la Ville de Montréal.

Regard sur le pavillon de la Grande-Bretagne et le Katimavik un an après l’Expo 67. 8 juillet 1968. VM94-EX184-008. Archives de la Ville de Montréal.

Élue « Miss Hôtesse Expo 67 » parmi trente-deux concurrentes, mademoiselle Joanna Woodman est hôtesse au pavillon de la Grande-Bretagne. Le concours, sous les auspices des pavillons de la Tunisie et du Mexique, a remporté un très grand succès. Répondant aux questions du jury, mademoiselle Woodman s’exclama que « le Canada est un pays si grand qu’on peut marcher trois milles sans rencontrer personne ». Parions que ça ne lui arrivera pas, car les journaux et la télévision se sont vite empressés de la rendre célèbre. Joanna ne se contente pas de parler la langue de Shakespeare, elle connaît aussi celle de Molière et la parle très joliment.

Hôtesse d'Expo 67 : document publicitaires produit avant l'été 1967. P110-Y_12-010. Archives de la Ville de Montréal.

Hôtesse d’Expo 67 : document publicitaires produit avant l’été 1967. P110-Y_12-010. Archives de la Ville de Montréal.

Le voilier-école danois Danmarka quitte le quai Mark-Drouin toutes voiles dehors, après une visite de courtoisie d’une semaine.

Les artistes de la Biélorussie donnent un concert au pavillon de l’URSS.

À compter d’aujourd’hui et jusqu’au 15 octobre, à l’Auditorium Du Pont, l’Office national du film et la Cinémathèque canadienne commanditent une rétrospective du cinéma canadien.

Hôtesse d'Expo 67 : document publicitaires produit avant l'été 1967. P110-Y_12-0105 Archives de la Ville de Montréal.

Hôtesse d’Expo 67 : document publicitaires produit avant l’été 1967. P110-Y_12-0105 Archives de la Ville de Montréal.

Au pavillon de la Jeunesse, le Cinéma-minuit inaugure une semaine de cinéma mexicain avec le film El Angel Exterminador, de Luis Buñuel. Au Cinéma-théâtre du même pavillon, le Crest Hour Theatre présente Living Literature et, en fin d’après-midi, Steve Gilette chante au Café dansant, suivi de The Gap avec de la musique psychédélique.

Plus de 360 membres de la Scala de Milan sont descendus à Dorval aujourd’hui. Trois avions d’Alitalia ont été affrétés pour le transport de ces artistes qui donneront une série de représentations à la Place des Arts dans le cadre du Festival mondial.

À la salle Wilfrid Pelletier, l’Orchestre philharmonique de Tchécoslovaquie, dirigé par Karel Ancerl, présente des poèmes symphoniques, dont Ma Patrie de Bedrich Smetana.

Les groupes amateurs suivants ont charmé nos visiteurs dans les kiosques de fanfare de l’Expo : le Michigan State University Glee Club, du Michigan ; le Sandy Formation Dancers et le Ralph Case Square Dancers, tous deux de Washington D.C. ; Sues and Ques Square Dance Club, de la Nouvelle-Écosse ; le Barrie Blacklite Dancers, de l’Ontario ; le Square Abouts, d’Aylmer et le Shamrock Dancers, de Beaconsfield, Québec.

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Jour 158
Lundi 2 octobre 1967
Météo : temps clair, 51 °F (10,5 °C) – 59 °F (15 °C)
129 707 visiteurs

Les Torontois ont de l’imagination quand il s’agit de l’avenir de l’Expo. C.D. Vaughan, architecte, rêve de transformer l’Expo en ville-pilote où l’on procéderait à des expériences en urbanisme. Il propose même d’y fonder un institut international de culture et de technologie en reliant le Katimavik du pavillon canadien au dôme américain par une très longue passerelle.

Dans un geste d’amitié envers leurs consoeurs de Terre des Hommes, les hôtesses officielles de l’Expo accueillent au pavillon de l’Hospitalité et du Gaz naturel, les hôtesses des pavillons des pays participants. Les situations cocasses que les unes et les autres ont racontées auraient pu faire l’objet d’une excellente comédie si on avait pensé à les enregistrer.

Au pavillon de l’Inde, on inaugure une semaine consacrée au Père de la Nation, le mahatma Gandhi, né le 2 octobre l869. Ces manifestations se déroulent en présence du commissaire Raghbir Dayal : exposition d’oeuvres littéraires et artisanales de Gandhi, film illustrant les principales étapes de sa carrière politique, disques reproduisant sa voix et spectacles où des hôtesses interprètent les chants et les poèmes préférés de Gandhi.

Le pavillon de l'Inde suite à la fermeture d'Expo 67. Été 1968. VM94-EX136-016. Archives de la Ville de Montréal.

Le pavillon de l’Inde suite à la fermeture d’Expo 67. Été 1968. VM94-EX136-016. Archives de la Ville de Montréal.

À l’Auditorium Du Pont, dans le cadre des conférences Noranda, le professeur Louis Armand, ingénieur français et membre de l’Académie française a entretenu son auditoire de la diffusion de la connaissance technique comme facteur de progrès.

Monsieur Philippe de Gaspé Beaubien, directeur de l’Exploitation à l’Expo, est devenu membre de l’Ordre des Bons Hôtes. Cet ordre gastronomique serait le plus ancien en Amérique du Nord, fondé par Champlain lui-même au XVIIe siècle, à Port-Royal.

Au pavillon de l’Hospitalité et du Gaz naturel, on peut admirer ces jours-ci une collection de jouets conservés depuis 1750 dans la famille de madame G.B. Dorey.

Au pavillon de la Jeunesse, pour la semaine mexicaine, le Cinéma-minuit présente le film de Salvador Toscano Memorias de un Mexico.

Dans le cadre du Festival mondial, au théâtre Maisonneuve, la Compagnie Charlottetown Festival présente, aujourd’hui et jusqu’au 7 octobre, la comédie musicale Anne of Green Gables.
En première nord-américaine, le Théâtre national de Grèce, présente à l’Expo Théâtre une oeuvre d’Eschyle, Agamemnon [jusqu’au 9 octobre].

Les groupes amateurs suivants sont présents dans les kiosques de l’Expo : le Eastdale Concert Band et le Stratford Festival City Rythm Band, tous deux de l’Ontario et Les Chanteurs de la Place Bourget, de Joliette, Québec.

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Jour 159
Mardi 3 octobre 1967 : Journée nationale de la Norvège
Météo : temps clair/couvert, 62 °F (16,3 °C) – 68 °F (20 °C)
143 578 visiteurs

Arrivée à l'hôtel de ville de Montréal de son Altesse royale, le prince Harald de Norvège (aujourd'hui le roi Harald V). 2 octobre 1967. VM94-X062-017. Archives de la Ville de Montréal.

Arrivée à l’hôtel de ville de Montréal du maire Jean Drapeau et du prince Harald de Norvège (aujourd’hui le roi Harald V). 2 octobre 1967. VM94-X062-017. Archives de la Ville de Montréal.

Pour cette Journée nationale de la Norvège, le ciel montréalais se voile d’une légère brume pour accueillir un pays qui, lui aussi, connaît les longs hivers enneigés. L’hôte officiel est le prince héritier Harald, marin par vocation. À la Place des Nations, le commissaire général Dupuy, qui pendant la guerre représentait le Canada auprès du gouvernement norvégien en exil à Londres, évoque le camp de Toronto où les pilotes norvégiens s’entraînaient avant d’aller rejoindre les rangs de la Royal Air Force. Le prince se souvient d’y être allé dans son enfance si bien qu’aujourd’hui il a l’impression de « se sentir presque chez lui comme s’il rendait visite à un lointain parent ».

Le maire Jean Drapeau, son épouse Marie-Claire et le prince Harald de Norvège (aujourd'hui le roi Harald V). 2 octobre 1967. VM94-X062-037. Archives de la Ville de Montréal.

Le maire Jean Drapeau, son épouse Marie-Claire et le prince Harald de Norvège (aujourd’hui le roi Harald V). 2 octobre 1967. VM94-X062-037. Archives de la Ville de Montréal.

En sortant du pavillon scandinave, le prince Harald se rend au pavillon thématique L’Homme et les Régions polaires. Sur son passage, la foule se presse et agite de petits drapeaux. Quelques jeunes garçons portent le costume national. Plus tard, au cours de la journée, on lui présente Dale Rediker, directeur des Finances et de l’Administration de l’Expo 67. Rediker était à bord du premier bombardier allié chargé de vivres qui atterrit sur le territoire libéré de la Norvège, alors au bord de la famine.

Réception en l'honneur du prince Harald de Norvège (aujourd'hui le roi Harald V). 2 octobre 1967. VM94-X062-083. Archives de la Ville de Montréal.

Réception en l’honneur du prince Harald de Norvège (aujourd’hui le roi Harald V). 2 octobre 1967. VM94-X062-083. Archives de la Ville de Montréal.

À l’occasion de cette journée, le pavillon de la Jeunesse présente au Cinéma-midi des oeuvres de réalisateurs norvégiens.

Au pavillon soviétique, conférence du docteur A. Borodaevsky : L’Union soviétique à l’heure actuelle.

Au pavillon japonais, démonstration d’arrangements de fleurs, méthode ikebana.

On inaugure un service d’autobus : Laval-Expo permet aux résidents du nord de Montréal de profiter des derniers jours de l’Exposition. En outre, huit Balades prêtées par la foire nationale de Toronto arrivent aussi en renfort. La grève a ses bons côtés, elle fait naître l’esprit de collaboration.

Depuis son lancement, il y a quatre ans, le voilier Bluenose II a accueilli à son bord un million de personnes. Ce chiffre est atteint à l’Expo lorsque monsieur John May, de London, Ontario monte à bord. Le Commandant Ellsworth Coggins remet divers cadeaux à monsieur et à madame May.

Les groupes amateurs suivants se produisent dans les kiosques à musique : le Southern Oregon College Choraliers, d’Ashland ; le Skylarks, de Montréal-Nord et le Montreal Junior Symphony Orchestra.

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Jour 160
Mercredi 4 octobre 1967 : Journée nationale du Ghana
Météo : temps clair, 47 °F (8,5 °C) – 59 °C (18 °C)
136 399 visiteurs

Le Ghana s’est certainement fait beaucoup d’amis au cours de cette journée à l’Expo 67. Couleurs vives des costumes et distribution libérale de chocolat chaud ont tôt fait de conquérir la foule. Le Lieutenant-Général Joseph-Arthur Ankrah, président du Conseil de la libération nationale, vêtu d’une toge jaune mouchetée de vert et de noir conduit la délégation officielle. Vivement frappé par « la grandeur et la magnificence de l’Expo 67 », il forme le voeu que « cette coopération internationale d’un caractère particulier inspire d’aussi grandes réalisations dans d’autres sphères de l’activité humaine ».

Au pavillon Hélène-de-Champlain, un dîner de gala soigneusement préparé sous la direction de madame Barbara Baeta, d’Accra, offre aux convives des mets européens accommodés aux saveurs exotiques. Le Ghana, qui cherche à exporter ses étoffes, profite de la circonstance pour les présenter en mettant en valeur l’harmonie des couleurs, la variété des dessins et la qualité des tissages. Quelques modèles de coupe européenne en montrent les possibilités d’adaptation, mais la minijupe est exclue ! « La femme doit rester très féminine », déclare l’organisatrice ; selon elle, « être élégante n’est pas seulement un plaisir, c’est aussi un devoir ». Des ghanéennes aux lignes sculpturales circulent parmi les convives. Elles sont vêtues de robes dont chaque motif comporte une signification et transmet une sorte de message personnel, aussi clair qu’un discours… pour les initiés.

Le cosmonaute Youri Gagarine vous convie à Expo 67 !

Un attelage de 22 mules traînant deux chariots attend de bon matin devant le pavillon de la Presse. Quelques chevaux caracolant, quelques cowboys hirsutes, mais désarmés, l’attelage paraît plutôt fatigué, et pour cause : il arrive de Death Valley, Californie. Une expédition de quelque 3 000 milles, qui a pris plus dix-sept mois, et coûté quelques 250 000 $. Monsieur Robert Shaw se coiffe d’un chapeau texan, escalade le chariot, s’empare des rênes. La mule de tête, probablement sollicitée par son maître, se met en marche vers l’Autostade, entraînant toute sa suite. Pour peu, on verrait surgir des rives embrumées du Saint-Laurent, un personnage hostile.

Pendant ce temps, deux chasseurs montréalais à l’affut du canard sont embusqués derrière le pavillon du Japon ! Mais, la chasse est interdite sur le site de l’Expo. Délogés par la police, ils écopent d’une amende.

Au pavillon de l’URSS, le Dr Titenkov donne une conférence intitulée Dix ans depuis le lancement du premier Spoutnik soviétique. Il rappelle les principales étapes de l’exploration du cosmos par les États-Unis et par l’Union soviétique, les premières photos de la lune et l’utilisation des récents satellites de communication.

Relâche au Festival mondial, à l’exception du théâtre Maisonneuve qui offre une troisième représentation de Anne of Green Gables, par la Compagnie Charlottetown Festival.
Dans les kiosques à musique, les groupes amateurs suivants : le Killmen Drum and Bugle Corps, de Hynantskill et le Florida A and M Verse Choir ; le Kingsway College Concert Band, d’Oshawa, Ontario et le Grafton High School Jazz Band, de Montréal.

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Jour 161
Jeudi, 5 Octobre 1967 Journée nationale de l’Algérie
Météo : temps couvert-clair, 53 °F (11,5 °C) – 54 °F (12 °C)
144 328 visiteurs

C’est la première fois que l’Algérie participe à une Exposition universelle et internationale. À la Place des Nations, monsieur Nourredine Delleci, ministre du Commerce, rappelle que la prochaine conférence des pays en voie de développement aura lieu sur le territoire algérien. « L’Expo aura atteint ses vrais objectifs, dit-il, si elle incite à un plus juste partage des richesses entre les peuples ».

Le maire Jean Drapeau en compagnie du ministre des Affaires extérieures d'Algérie, Abdelaziz Bouteflika (au centre). - 4 octobre 1967. VM94-X064-011. Archives de la Ville de Montréal.

Le maire Jean Drapeau en compagnie du ministre des affaires extérieures d’Algérie, Abdelaziz Bouteflika (au centre). – 4 octobre 1967. VM94-X064-011. Archives de la Ville de Montréal.

Avec les quarante-trois exécutants de l’ensemble national algérien, les vents du Sahara pénètrent dans l’arène. Les tambours roulent, les manteaux rouges tourbillonnent. Les danses masculines, d’inspiration guerrière, rappellent des combats à cheval et les poursuites dans les dunes. Celles des femmes contrastent par leur expression langoureuse. Le voile qui couvre leur visage entretient le mystère. Les costumes sont splendides. Cette chorégraphie sera reprise ce soir, au théâtre Port-Royal.

Le maire Jean Drapeau reçoit un cadeau du ministre des affaires extérieures d'Algérie, Abdelaziz Bouteflika. - 4 octobre 1967. VM94-X064-044. Archives de la Ville de Montréal.

Le maire Jean Drapeau reçoit un cadeau du ministre des affaires extérieures d’Algérie, Abdelaziz Bouteflika. – 4 octobre 1967. VM94-X064-044. Archives de la Ville de Montréal.

À 9 h, le Bluenose II, navire hôte de l ‘Expo, quitte le quai Mark-Drouin pour retourner à Lunenburg, Nouvelle-Écosse, son port d’attache. La foule et plusieurs administrateurs de l’Expo le regardent s’éloigner avec mélancolie. Le gracieux voilier, réplique exacte du célèbre ketch de la Nouvelle-Écosse, a été le cadre d’environ soixante réceptions. Il a accueilli les commandants de nombreux bâtiments battant les pavillons de 23 pays participants à l’Expo. Avec son départ on ne peut s’empêcher de penser que l’Expo touche à sa fin.

Au pavillon de l’URSS, conférence du professeur I. Poutchkov, intitulée Cinquante ans d’économie soviétique.

Au pavillon de l’Allemagne, Gerhard Lenssen, le seul artiste au monde à interpréter à lui seul tous les rôles d’un opéra, donne sa quatrième et dernière représentation de l’opéra de Carl Orff, Le roi et la jeune fille habile.

Au pavillon de l’Hospitalité et du Gaz naturel, le guitariste québécois, Éric Nico, fait vibrer les cordes de son instrument sur les airs de plusieurs pays.

À la salle Wilfrid Pelletier, première nord-américaine de la Scala de Milan dans Il Trovatore, en présence de S.E. Roland Michener, gouverneur général du Canada et de l’ambassadeur d’Italie à Ottawa. Les bénéfices de la représentation iront au Ballet national du Canada.

À l’Expo Théâtre, Oedipe à Colone , de Sophocle, interprété par le Théâtre national de Grèce, sous la direction d’Alexis Minotis. Remarquable représentation d’une œuvre, écrite il y a près plus de trois siècles, qui traite du thème éternel de l’homme prisonnier de son destin.

Et dans les kiosques à musique de l’Expo : le Vikettes et le Hampton Lions Jug Band, de l’État de Virginie ainsi que le Eastwood Collegiate Concert Band, de Kitchener, Ontario.

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Jour 162
Vendredi 6 octobre 1967 : Journée spéciale de Calgary
Météo : temps couvert/clair, 43 °F (6 °C) – 40 °F (4,5 °C)
167 711 visiteurs

Le chanteur Maurice Chevalier vous convie à Expo 67 !

Avec cette Journée de la ville de Calgary, se poursuit l’ « invasion » de l’Expo par l’Ouest, annoncée il y a deux jours avec l’arrivée des mules de Californie. Cette fois, l’action rappelle les exploits cinématographiques des cowboys et des indiens.

À la Place des Nations, devant une foule dont l’enthousiasme n’est pas été ralenti par le froid, le maire de Calgary, monsieur J.C. Lesile et le sénateur Harry W. Hays, organisateur du Stampede annuel soulignent que la plupart des activités de la journée sont d’initiative privée et que les citoyens de cette ville en sont les meilleurs ambassadeurs.

Dans l’après-midi, la fête populaire bat son plein. Des majorettes exécutent de brillantes démonstrations suivies de fanfares et de danses carrées. La foule tape des mains en cadence, rêve de devenir citoyens honoraires à vie de Calgary et prend d’assaut un chariot où l’on distribue des gâteries.

Madame Jacqueline Kennedy arrive à l’Expo pour une visite non officielle de deux jours. Elle commence son périple par le pavillon de Tchécoslovaquie.

Au pavillon de l’Administration et de la Presse, présentation en primeur aux journalistes d’un film de 17 minutes en couleurs sur l’Expo 67, Explore Expo, réalisé par les Films Crawley pour l’Aluminium du Canada. [Ce film, sans texte, reste un des plus charmants témoignages sur l’Expo et est toujours offert par Alcan, sans frais.]

La promotion d'Expo 67 passe par toutes sortes d'avenues. P110-Y_02-P053. Archives de la Ville de Montréal.

La promotion d’Expo 67 passe par toutes sortes d’avenues. 1967. P110-Y_02-P053. Archives de la Ville de Montréal.

Deux étudiants en droit de l’Université de Victoria arrivent en canoë au port Sainte-Hélène. Ils sont partis de Taylor, Colombie-Britannique le 3 juin 1966 et ont dû surmonter de nombreuses épreuves au cours de leur parcours de 4 000 milles. Une expédition qui leur fait perdre quand même une année d’étude.

Au pavillon de la Jeunesse, le yogi hypnotiseur Yvon Yva donne une conférence illustrée de démonstrations. Il invite les volontaires à se laisser hypnotiser et percer d’épingles. Garanti sans douleur !

Arrivée au quai Mark-Drouin du contre-torpilleur canadien Fraser.

À l’Autostade, première représentation du Grand Rodéo de l’Ouest, réalisé par Herman Linder.

Dans les kiosques à musique, les groupes amateurs suivants : le West Genesee Senior High School Band et le Essex Junction Senior Band, du Vermont ; le Missing Links, de Natik, Massachusetts et le Abbey Tavern Singers, de Toronto.

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Jour 163
Samedi 7 octobre 1967 : Journée spéciale de l’Alberta
Météo : temps clair 39 °F (4 °C) – 42 °F (5,5 °C)
317 481 visiteurs

Un tour complet d’Expo 67 en 53 minutes !

Parade monstre dans les rues de Montréal, organisée par les groupes de Calgary et d’Edmonton, depuis le parc Lafontaine jusqu’à l’Expo. Le plus excitant spectacle de l’Ouest jamais présenté à l’extérieur. De nombreux figurants : deux cents cavaliers, cowboys, filles de l’Ouest, clowns du rodéo, Indiens des quatre tribus Sarcees, Blackfoot, Stonys et Peigants aux costumes pittoresques ; soixante calèches d’époque dans lesquelles ont pris place monsieur Manning, premier ministre de l’Alberta, le commissaire général, monsieur Dupuy, le maire Drapeau, les maires des villes de Calgary et d’Edmonton et autres personnalités et, enfin, les vingt mules de Californie tirant leurs chariots.

Le cortège, suivi de fanfares et entouré par la foule, fait une entrée triomphale à la Place d’Accueil. Après la cérémonie officielle à la Place des Nations, les réjouissances populaires battent leur plein et se poursuivent dans l’après-midi au son des fanfares de cornemuses, des danses indiennes et des danses carrées.

Un accident, le premier d’une certaine importance depuis l’ouverture de l’Expo, fait onze blessés, dont un seul reste sous surveillance médicale. Dans l’une des Balades, plusieurs voitures se sont détachées subitement de la motrice et ont roulé vers la foule dense où elles ont heurté des piétons.

Au pavillon soviétique, monsieur Krougly parle des syndicats soviétiques.

À l’Auditorium Du Pont, le Dr. J.G. Kaplan, de l’Université d’Ottawa, traite de la biochimie.

Au pavillon du Canada, la célèbre soprano Pierrette Alarie donne un récital. Au programme, des oeuvres de Haydn, Richard Strauss, Claude Debussy et Jean Papineau-Couture.

La Scala de Milan présente, à la salle Wilfrid Pelletier, l’opéra I Capuleti i Montecchie, de Bellini.

Au théâtre Port-Royal, festival de musique de chambre par le jeune pianiste allemand, Christoph Eschenbach dans des oeuvres de Bach, Mozart et Beethoven.

Dans les kiosques à musique, les groupes amateurs suivants : le Colbyettes, de Masterville, Maine ; le G.M. Male Chorus, d’Oshawa ; le Mood, de Simcoe, le St. Catherine’s Symphony Orchestra, le Stars of Tomorrow et le Bulgarian Rendez-Vous, tous de l’Ontario ; Le Troisième Feu Rabboni et Les Ménestrels de Jacques-Cartier, tous deux de Ville Jacques-Cartier ; le Gruppo Folkloristico Friulano et le Lithuanian Student Ensemble, de Montréal.

 

Voir en ligne : http://archivesdemontreal.com/2017/...