Fondation de la Centrale des syndicats démocratiques

, par Bilan du Siècle - Université de Sherbrooke

Face à l’adoption d’une loi spéciale qui force le retour au travail des grévistes du Front commun, les dirigeants syndicaux ont deux options : obtempérer ou désobéir. Le président et le secrétaire de la CSN, Marcel Pepin
et Raymond Parent, optent pour la désobéissance. Le vice-président Paul-Émile Dalpé, le trésorier Jacques Dion et le directeur des services, Amédée Daigle, que l’on surnomment les « trois D », se prononcent de leur côté pour l’obéissance. Le bureau confédéral opte de son côté pour la position du président, ce qui constitue un désaveu de la position des « trois D ». Le 17 mai, Michel Chartrand
, président du Conseil central de Montréal, propose une motion de blâme contre les « trois D ». Lors d’une rencontre, ceux-ci admettent hésiter entre deux options : reprendre le contrôle de la CSN ou créer une nouvelle centrale. Sur 1 044 votants, 758 sont en faveur de la création d’une nouvelle centrale et 266 proposent un nettoyage au sein de la CSN. Les sujets de dissidence sont : « la politisation du conflit dans le secteur public, le principe des fronts communs avec d’autres centrales syndicales et l’attitude de Marcel Pepin dont l’emprisonnement devait servir à faire de lui un martyr pour assurer sa réélection au congrès. » Quelques jours plus tard, on annonce la fondation de la Centrale des syndicats démocratiques (CSD), une nouvelle centrale qui réunira entre 25 000 et 30 000 membres de la CSN, principalement du secteur industriel. La CSD se définit par opposition à la CSN. Elle se propose de défendre les valeurs que, selon ses chefs, la CSN a laissées de côté : démocratie syndicale, indépendance politique et méfiance à l’égard des modèles idéologiques.Face à l’adoption d’une loi spéciale qui force le retour au travail des grévistes du Front commun, les dirigeants syndicaux ont deux options : obtempérer ou désobéir. Le président et le secrétaire de la CSN, Marcel Pepin
et Raymond Parent, optent pour la désobéissance. Le vice-président Paul-Émile Dalpé, le trésorier Jacques Dion et le directeur des services, Amédée Daigle, que l’on surnomment les « trois D », se prononcent de leur côté pour l’obéissance. Le bureau confédéral opte de son côté pour la position du président, ce qui constitue un désaveu de la position des « trois D ». Le 17 mai, Michel Chartrand
, président du Conseil central de Montréal, propose une motion de blâme contre les « trois D ». Lors d’une rencontre, ceux-ci admettent hésiter entre deux options : reprendre le contrôle de la CSN ou créer une nouvelle centrale. Sur 1 044 votants, 758 sont en faveur de la création d’une nouvelle centrale et 266 proposent un nettoyage au sein de la CSN. Les sujets de dissidence sont : « la politisation du conflit dans le secteur public, le principe des fronts communs avec d’autres centrales syndicales et l’attitude de Marcel Pepin dont l’emprisonnement devait servir à faire de lui un martyr pour assurer sa réélection au congrès. » Quelques jours plus tard, on annonce la fondation de la Centrale des syndicats démocratiques (CSD), une nouvelle centrale qui réunira entre 25 000 et 30 000 membres de la CSN, principalement du secteur industriel. La CSD se définit par opposition à la CSN. Elle se propose de défendre les valeurs que, selon ses chefs, la CSN a laissées de côté : démocratie syndicale, indépendance politique et méfiance à l’égard des modèles idéologiques. Source : Jacques Rouillard, Histoire du syndicalisme québécois, Montréal, Boréal, 1989, p.332-337. Jacques Rouilard, Histoire de la CSN : 1921-1981, Montréal, CSN et Boréal express, 1981, p.236-243.

Voir en ligne : http://www.bilan.usherbrooke.ca/bil...