Fondation du journal « Le Devoir »

, par Bilan du Siècle - Université de Sherbrooke

En août 1909, Henri Bourassa
réunit autour de lui 172 personnes qui acceptent d’injecter la somme de 100 000 $ afin de créer un nouveau journal. Après 18 mois d’efforts, Henri Bourassa
, petit-fils de Louis-Joseph Papineau, fonde le quotidien « Le Devoir ». Bourassa est secondé par les journalistes Jules Fournier
, Olivar Asselin
, Omer Héroux et Georges Pelletier. Dès ses premières parutions, « Le Devoir » exprime un caractère nationaliste et catholique ainsi qu’une opposition à l’impérialisme britannique. Bourassa veut que son journal se distingue des autres et devienne un organe d’information où doit primer la rédaction et la chronique. Outre son anti-impérialisme virulent, Bourassa se fera le champion d’un nationalisme canadien. Il souhaite que les Canadiens français résistent à l’assimilation et obtiennent des droits égaux dans tout le pays. Dans le premier numéro du « Devoir », Bourassa présente ses objectifs de la façon suivante : « Le Devoir appuiera les honnêtes gens et dénoncera les coquins.
Dans la politique provinciale, nous combattons le gouvernement actuel [celui de Lomer Gouin
], parce que nous y trouvons toutes les tendances mauvaises que nous voulons faire disparaître de la vie publique : la vénalité, l’insouciance, la lâcheté, l’esprit de parti avilissant et étroit. Nous appuyons l’opposition parce que nous y trouvons les tendances contraires : la probité, le courage, des principes fermes, une grande largeur de vues. Ces principes sont admirablement réunis dans la personnalité de son leader, M.Tellier [chef conservateur loyaliste mais anti-impérialiste]. Le jour où ce groupe ne suivrait plus les inspirations qui le guident aujourd’hui, il nous trouverait sur sa route pour le combattre, comme nous combattons les hommes au pouvoir. À Ottawa, la situation est moins claire. Les deux partis s’enlisent dans le marasme où gisait la politique provinciale il y a quelques années. Le souci de la conquête ou de la conservation du pouvoir semble être leur seul mobile. Depuis dix ans, des questions vitales se sont imposées à l’étude de nos parlementaires fédéraux : la guerre d’Afrique et l’impérialisme, la constitution de nouvelles provinces et le droit des minorités, la construction du Grand-Tronc-Pacifique et le régime des chemins de fer, l’immigration étrangère et le peuplement du territoire national. Par une sorte de conspiration, les deux groupes parlementaires se sont entendus pour donner à chacun de ces problèmes une solution où le droit, la justice, l’intérêt national ont été sacrifiés à l’opportunisme, aux intrigues de partis, ou, pis encore, à la cupidité des intérêts individuels. (...) Pour assurer le triomphe des idées sur les appétits, du bien public sur l’esprit de parti, il n’y a qu’un moyen : réveiller dans le peuple, et surtout dans les classes dirigeantes, le sentiment du devoir public sous toutes ses formes : devoir religieux, devoir national, devoir civique. De là le titre de ce journal, qui a étonné certaines personnes et fait sourire certains confrères. »En août 1909, Henri Bourassa
réunit autour de lui 172 personnes qui acceptent d’injecter la somme de 100 000 $ afin de créer un nouveau journal. Après 18 mois d’efforts, Henri Bourassa
, petit-fils de Louis-Joseph Papineau, fonde le quotidien « Le Devoir ». Bourassa est secondé par les journalistes Jules Fournier
, Olivar Asselin
, Omer Héroux et Georges Pelletier. Dès ses premières parutions, « Le Devoir » exprime un caractère nationaliste et catholique ainsi qu’une opposition à l’impérialisme britannique. Bourassa veut que son journal se distingue des autres et devienne un organe d’information où doit primer la rédaction et la chronique. Outre son anti-impérialisme virulent, Bourassa se fera le champion d’un nationalisme canadien. Il souhaite que les Canadiens français résistent à l’assimilation et obtiennent des droits égaux dans tout le pays. Dans le premier numéro du « Devoir », Bourassa présente ses objectifs de la façon suivante : « Le Devoir appuiera les honnêtes gens et dénoncera les coquins.
Dans la politique provinciale, nous combattons le gouvernement actuel [celui de Lomer Gouin
], parce que nous y trouvons toutes les tendances mauvaises que nous voulons faire disparaître de la vie publique : la vénalité, l’insouciance, la lâcheté, l’esprit de parti avilissant et étroit. Nous appuyons l’opposition parce que nous y trouvons les tendances contraires : la probité, le courage, des principes fermes, une grande largeur de vues. Ces principes sont admirablement réunis dans la personnalité de son leader, M.Tellier [chef conservateur loyaliste mais anti-impérialiste]. Le jour où ce groupe ne suivrait plus les inspirations qui le guident aujourd’hui, il nous trouverait sur sa route pour le combattre, comme nous combattons les hommes au pouvoir. À Ottawa, la situation est moins claire. Les deux partis s’enlisent dans le marasme où gisait la politique provinciale il y a quelques années. Le souci de la conquête ou de la conservation du pouvoir semble être leur seul mobile. Depuis dix ans, des questions vitales se sont imposées à l’étude de nos parlementaires fédéraux : la guerre d’Afrique et l’impérialisme, la constitution de nouvelles provinces et le droit des minorités, la construction du Grand-Tronc-Pacifique et le régime des chemins de fer, l’immigration étrangère et le peuplement du territoire national. Par une sorte de conspiration, les deux groupes parlementaires se sont entendus pour donner à chacun de ces problèmes une solution où le droit, la justice, l’intérêt national ont été sacrifiés à l’opportunisme, aux intrigues de partis, ou, pis encore, à la cupidité des intérêts individuels. (...) Pour assurer le triomphe des idées sur les appétits, du bien public sur l’esprit de parti, il n’y a qu’un moyen : réveiller dans le peuple, et surtout dans les classes dirigeantes, le sentiment du devoir public sous toutes ses formes : devoir religieux, devoir national, devoir civique. De là le titre de ce journal, qui a étonné certaines personnes et fait sourire certains confrères. » Source : Denis Monière. Le développement des idéologies au Québec des origines à nos jours, Montréal, Québec/Amérique, 1977, p.241. Jean Hamelin, La presse québécoise des origines à nos jours, tome IV : 1896-1910, Québec, Presses de l’Université Laval, 1979, p.328-334. Robert Rumilly, Histoire de la province de Québec : Sir Lomer Gouin, Montréal, Éditions Bernard Valiquette, 1944, p.116-120.

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