« Je cours mettre ceci dans la prochaine boîte, par une pluie battante qu’il fait… » : d’une lettre à la poste au mouvement des Écrivains de l’Est (1927-1934)

Stéphanie Bernier ,Pierre Hébert
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Entre 1927 et 1934, le mouvement des Écrivains de l’Est fait passer la ville de Sherbrooke et ses environs de « campagne » à pôle d’activité littéraire incontournable, grâce, notamment, au journal La Tribune qui publie d’importants suppléments littéraires en 1930, 1931 et 1932. Mais l’apport du journal, dont l’équipe de rédaction est majoritairement composée d’écrivains, ne suffit pas à expliquer comment ce mouvement régional s’est constitué. Il faut plutôt se tourner du côté de l’épistolaire pour trouver le principal facteur de cohésion du regroupement. À partir de la vaste correspondance d’Alfred DesRochers, animateur et chef de file de ce groupe d’écrivains, nous étudierons le rôle de la correspondance dans l’émergence et l’affirmation du groupe des Écrivains de l’Est dans la perspective de l’« action épistolaire », notion empruntée à Marie-Andrée Beaudet.
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Between 1927 and 1934, the Écrivains de l’Est movement brought the city of Sherbrooke and its surrounding area from a “countryside” to a significant centre of literary activity, most notably as a result of the efforts of La Tribune, which published important literary supplements in 1930, 1931, and 1932. But the efforts of this newspaper, whose editorial board was mostly composed of writers, do not fully explain the emergence of this regional literary movement. The movement’s principal factor of cohesion can be instead found in epistolary documents. Through the vast correspondence of Alfred Desrochers, the movement’s facilitator and leading figure, this article examines the role of correspondence in the emergence and affirmation of the Écrivains de l’Est within the perspective of “epistolary action”, a notion borrowed from Marie-Andrée Beaudet.

Voir en ligne : http://id.erudit.org/iderudit/1050785ar