Joseph-Émile Chabot, l’ingénieux photographe

, par Instantanés

Né à Saint-Lazare-de-Bellechasse en 1897, Joseph-Émile Chabot apprend son métier de photographe à Québec au début des années 1920 auprès de la famille Livernois. En 1925, il s’installe à Roberval au Lac-Saint-Jean et devient barbier. Il occupe cet emploi seulement quelques jours avant de retrouver sa grande passion : la photographie.

Joseph-Émile ouvre son propre studio de photographies sur la rue Saint-Joseph. Il se consacre à la prise de portraits et de photographies de mariage. Il prend aussi divers clichés du Saguenay-Lac-Saint-Jean pour en faire des cartes postales. Il exerce son métier jusqu’en 1976, année de son décès. Son fils Marcel reprend alors le studio et le dirige jusqu’à sa fermeture en 2010.

Passage sur la Côte-Nord

Entre 1920 et 1930, Joseph-Émile Chabot découvre la Côte-Nord alors qu’il est engagé comme garde-chasse sur l’île d’Anticosti. Son frère Arthur le rejoint et devient jardinier à la ferme Saint-Georges. Joseph-Émile acquiert possiblement un premier appareil photo dès son premier séjour sur la Côte-Nord. Toutefois, il comprend rapidement qu’il doit composer avec la réticence des Nord-Côtiers qui n’en sont pas à leur premier photographe de passage. En effet, ces photographes ambulants promettent l’expédition des clichés contre une rémunération immédiate. Par contre, ils ne font jamais parvenir les photographies à leurs clients.

J.-E. Chabot n’hésite pas davantage et s’équipe d’une goélette sur laquelle il installe un studio de photographies « flottant ». Il peut ainsi parcourir le littoral nord-côtier jusqu’à Blanc-Sablon. Cette ingéniosité attire la sympathie des habitants qui acceptent de se faire photographier. De cette façon, le photographe peut, à l’aide de sa chambre noire, développer les clichés et les remettre aux clients la journée même.

Il immortalise des pêcheurs au travail, des Innus de Pessamit, de Uashat et d’Ekuanitshit, des couples amoureux, des familles, des curés avec leurs visiteurs ainsi que des travailleurs forestiers. Il prend également plusieurs photographies de villes et de villages nord-côtiers.

Nous avons sélectionné pour vous quelques clichés qui témoignent de la grande richesse du fonds Joseph-Émile Chabot (P61) qui est conservé à BAnQ Sept-Îles.

 

Billots de bois sur la rivière Godbout, 1920-1930. BAnQ Sept-Îles (P61, S1, P40). Photo : Joseph-Émile Chabot.

 

Village de Rivière-Pentecôte. Des billots de bois flottent sur la rivière, 1920-1930. BAnQ Sept-Îles (P61, S1, P1). Photo : Joseph-Émile Chabot.

 

Tranchage de la morue sur l’étal à Rivière-au-Tonnerre. Joseph-Émile Chabot tient une morue à l’aide d’une fourche, 1920-1930. BAnQ Sept-Îles (P61, S1, P32). Photo : Joseph-Émile Chabot.

 

Famille Edgar Thériault à Rivière-aux-Saumons, Anticosti, 1920-1930. BAnQ Sept-Îles (P61, S1, P10). Photo : Joseph-Émile Chabot.

 

Tranchage de la morue sur la plage de Sept-Îles. Joseph-Émile Chabot tient deux morues, 1920-1930. BAnQ Sept-Îles (P61, S1, P38). Photo : Joseph-Émile Chabot.

 

Hommes regroupés sur le parvis de l’église Saint-Joseph de Sept-Îles, 1920-1930. BAnQ Sept-Îles (P61, S1, P44). Photo : Joseph-Émile Chabot.

 

Groupe d’hommes, 1920-1930. BAnQ Sept-Îles (P61, S1, P94). Photo : Joseph-Émile Chabot.

 

Enfants, 1920-1930. BAnQ Sept-Îles (P61, S1, P51). Photo : Joseph-Émile Chabot.

 

Famille, 1920-1930. BAnQ Sept-Îles (P61, S1, P100). Photo : Joseph-Émile Chabot.

 

Frères Marie-Victorin et Roland à Sept-Îles, 1920-1930. BAnQ Sept-Îles (P61, S1, P125). Photo : Joseph-Émile Chabot.

 

Innus à Sept-Îles, 1920-1930. BAnQ Sept-Îles (P61, S1, P128). Photo : Joseph-Émile Chabot.

 

Innus à Sept-Îles, 1920-1930. BAnQ Sept-Îles (P61, S1, P160). Photo : Joseph-Émile Chabot.

 

Famille innue d’Ekuanitshit (Mingan), 1920-1930. BAnQ Sept-Îles (P61, S1, P186). Photo : Joseph-Émile Chabot.

 

Simon Boudreau, technicien en documentation – BAnQ Sept-Îles

Danielle Saucier, archiviste-coordonnatrice – BAnQ Sept-Îles

 

Pour en savoir plus  :

Guy Côté, « Images d’autrefois. J.-É. Chabot : Photographe », La revue d’histoire de la Côte-Nord, Société historique du Golfe de Sept-Îles, mai 1998, numéro 26.

À rayons ouverts, no. 86, Printemps-Été, 2011.

Progrès-dimanche, 15 août 2004, cahier B.

Voir en ligne : http://blogues.banq.qc.ca/instantan...