Journée annuelle du Laboratoire : Le LHPM fête ses 15 ans (+1) !

, par Claudèle, Richard

Le 3 juin 2022, pour la première fois depuis trois ans, une quarantaine de chercheurs, partenaires et membres étudiants du Laboratoire ont pu se réunir pour une journée d’échange. Ils ont ainsi pu discuter des résultats des différents projets réalisés par les membres de l’équipe et découvrir de nouvelles initiatives.

La journée a débuté avec la mise en avant des divers projets documentant la contribution d’organismes communautaires et citoyens. Huguette Loubert, présidente de la Société d’histoire du Plateau-Mont-Royal et collaboratrice du LHPM, et Mathieu Roy, adjoint de recherche, ont donné le coup d’envoi en présentant l’histoire des mouvements coopératifs du Plateau-Mont-Royal de 1970 à 2000. Ils ont notamment souligné à quel point le sentiment d’appartenance à cette communauté ouvrait à l’engagement et à la solidarité sociale. D’ailleurs, l’impact de ces mouvements coopératifs a dépassé le cadre spatiotemporel étudié, puisqu’ils ont fait des émules au niveau national, en plus de léguer un réseau d’institutions encore bien présent aujourd’hui.

Josée Lefebvre, agente des programmes éducatifs au MEM – Centre des mémoires montréalaises, ainsi qu’Annick Desmarais et Emilie Girard, adjointes de recherche, ont ensuite abordé certains projets de recherche citoyens et communautaires ayant cours au MEM. Les avancées du projet soulignant les 90 ans de l’organisme Le Chaînon, venant en aide aux femmes en difficulté, et de celui visant à brosser un portrait du quartier Milton Parc, notamment en recueillant les souvenirs des citoyens, ont été présentées. D’ailleurs, le MEM désire mettre ces projets en valeur par le biais de son encyclopédie en ligne Mémoire des Montréalais et son Petit kiosque, un espace qui sera dédié à leur diffusion en collaboration avec les communautés.

Cette séance s’est conclue par une présentation de Martin Drouin, professeur au Département d’études urbaines et touristiques de l’UQAM et membre du Bureau de direction du Laboratoire, et de MariFrance Charette, directrice générale de la Fédération Histoire Québec et collaboratrice du LHPM. Ceux-ci ont fait état des perspectives offertes par le projet D’antiquaires à agents mémoriels : sociétés historiques et association de citoyens dans la valorisation du passé. Ce dernier vise à saisir l’ampleur et la diversité des contributions des sociétés d’histoire dans l’étude du passé grâce à la recherche participative. Le programme Engagement du FRQ permet d’ailleurs au citoyen-chercheur Richard Smith de s’associer au projet, favorisant une culture de démocratisation des connaissances scientifiques au sein de la société québécoise.

La deuxième séance de la journée fut consacrée aux humanités numériques et à la spatialité urbaine. Léon Robichaud, membre de la direction scientifique du LHPM et professeur au département d’histoire de l’Université de Sherbrooke, était accompagné de l’adjointe de recherche Catherine Lampron afin de discuter de la description sémantique des lieux. C’est à travers une étude de cas consacrée à l’esclave Marie-Josèphe-Angélique qu’ils ont offert leurs réflexions sur la mise en relation des références spatiales. Ce projet a pour but d’identifier les indicateurs, au sein d’un modèle sémantique, qui permettent de décrire un territoire, l’appartenance à celui-ci ou encore sa transformation ainsi que les enjeux que soulève la documentation du territoire en milieu patrimonial. À terme, cela devrait permettre de désambigüiser les mots se référant à des lieux dans les différents moteurs de recherche en ligne, ainsi que dans certaines encyclopédies virtuelles telles que Wikipédia.

Par la suite, Jean-François Palomino, coordonnateur de la diffusion des collections patrimoniales à Bibliothèque et Archives nationales du Québec et membre du Bureau de direction du Laboratoire, ainsi qu’Anne-Marie Dubreuil, adjointe de recherche, ont présenté un état des lieux sur l’avancement du projet de géolocalisation des albums de rues E.-Z. Massicotte. Cette impressionnante collection offre l’un des rares témoignages visuels sur le tournant du 20e siècle montréalais, synonyme de grandes transformations. Les pièces conservées permettent d’apprécier l’architecture d’une multitude d’édifices aujourd’hui disparus ou modifiés au fil des ans et qui n’auraient pas été documentés autrement. À ce jour, 2 021 images ont été géolocalisées sur une carte interactive, permettant au public d’accéder à la collection et à son contenu.

L’après-midi s’est terminé par la découverte de projets adoptant des approches innovantes afin de diffuser l’histoire. Joanne Burgess, directrice du Laboratoire et professeure au Département d’histoire de l’UQAM, de même que l’adjoint de recherche Gilles Tassé ont présenté les coulisses du webdocumentaire interactif De la ferme à l’assiette, d’hier à aujourd’hui. Ce dernier, s’adressant surtout à un public d’âge scolaire, vise à soutenir l’apprenant afin de lui permettre de développer ses connaissances sur l’histoire du Québec à partir des mutations de l’alimentation. Pour ce faire, l’élève suit le parcours de personnages évoluant dans trois grands secteurs alimentaires, soit le pain, le lait et les confitures. Cela lui permet d’en apprendre davantage sur le contexte de production de ces aliments, les acteurs de la chaîne d’approvisionnement et les réseaux de transports et de distribution, et ouvre des perspectives plus larges sur le passé québécois.

En dernier lieu, Mario Robert, président de la Société historique de Montréal et membre de la direction scientifique du LHPM, a retracé le parcours migratoire des Meese, une famille belge s’étant installée au Canada au 19e siècle. Par le biais d’une carte narrative (story map), M. Robert a mis en lumière la trajectoire des membres de cette famille flamande, de leur naissance à leur établissement sur l’île de Montréal. Cette présentation a démontré le rôle central joué par les compatriotes belges dans la trajectoire des Meese. Notons que ce projet s’inscrit dans le partenariat de recherche Trois siècles de migrations francophones en Amérique du Nord (1640-1940), auquel participe le Laboratoire.

C’est par un cocktail que s’est conclue la journée annuelle afin de célébrer, avec un an de retard, le 15eanniversaire du Laboratoire. Les participants se sont ainsi réunis à la magnifique Salle des boiseries de l’UQAM. À cette occasion, Josée S. Lafond, doyenne de la Faculté des sciences humaines, ainsi que Joanne Burgess, ont chacune prononcé un discours afin de souligner le travail remarquable accompli par les membres du LHPM depuis sa fondation.

 

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