Kyriale et Antiphonaire : de la musique religieuse dans les livres rares de BAnQ Québec.

, par Instantanés

Parmi la collection de livres rares de BAnQ Québec, deux documents de chants religieux attirent particulièrement notre attention : un Kyriale Augustinia de 1776 et un Antiphonarium de 1679.

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Kyriale Augustinia, Num elaboratum jussu, R. P. L.ris J.bti Fr. Didaci Salda, [1776]. Photographie : Nathalie Vaillancourt.


Le kyrie est une invocation se faisant au début des litanies au cours de la célébration de la messe en latin ; le kyriale étant le recueil de musique de ces invocations.

Ce document fut donné aux Archives de la province de Québec en 1931 par le Premier ministre du Québec, Louis-Alexandre Taschereau. S’il est fort probable que son donateur l’ait acheté lors d’un voyage en Europe, peu d’éléments nous sont connus sur sa provenance ou son utilisation avant son acquisition.

D’ailleurs, selon certains experts, la couverture du recueil ci-dessus supposerait une date de création antérieure à la date de 1776 inscrite dans l’enluminure intérieure (photo ci-dessous.)


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Enluminure intérieure, Kyriale Augustinia, Num juelaboratumssu, R. P. L.ris J.bti Fr. Didaci Salda, [1776]. Photographie : Nathalie Vaillancourt.


Si ce premier document est arrivé au Québec bien après sa parution, il semble que ce soit une tout autre histoire pour le prochain.

Du grec antiphôna, l’antiphonaire est un recueil des chants interprétés par le chœur pendant la messe ou l’office, particulièrement pendant les heures diurnes. Les parties chantées sont notées en notation neumatique, une des principales caractéristiques du chant grégorien.


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Antiphonarium juxta breviarium romanum, ex decreto sacro-sancti Concilii Tridentini. Paris, Ludovici Sevestre, 1679. Photographie : Nathalie Vaillancourt.

 

Cet Antiphonarium a probablement appartenu aux Récollets, et peut-être, été utilisé au couvent de Montréal. En effet, le frère Bernardin dont il est question dans l’indication ci-dessous (Père Bernardin de Gannes de Falaise, 1704-1775) fut supérieur au couvent de Montréal, par intermittence, de 1749 jusqu’à sa mort en 1775. À l’instar d’autres congrégations religieuses, les Récollets avaient l’habitude de commander de France les publications les plus récentes et nous pouvons supposer qu’il en fut ainsi pour ce document. Toutefois, la majorité de leurs archives ayant brûlé avec l’incendie du couvent de Québec en 1796, la vérification de cette information s’avère presque impossible.


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Idem (détail), Photographie : Nathalie Vaillancourt.

 

Une indication manuscrite dans le document porte à croire qu’à une certaine époque, probablement après son passage chez les Récollets, il se serait retrouvé à l’Hôtel-Dieu de Saint-Joseph, à Montréal. Malheureusement, à la date de tombée du présent billet, nos recherches n’ont pu corroborer ces informations ni même quand, et par qui, ce livre fit son entrée aux Archives de la province de Québec. Le mystère plane toujours !


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Idem (détail), Photographie : Nathalie Vaillancourt.

 

Le 1er octobre prochain, BAnQ Québec vous présentera ces deux livres rares, ainsi que d’autres documents d’archives relativement à la musique. Présenté dans le cadre des Journées de la culture, cet évènement nous fera également entendre les chanteuses lyriques Marie-Ève Boucher et notre collègue Catherine Lavoie, qui vont interpréter des chants plus que centenaires.

Vous êtes donc conviés le 1er octobre 2016, de 12h à 16h, dans les locaux de BAnQ Québec, au 3e étage du Pavillon Casault de l’Université Laval. Les récitals sont prévus à 12h30, 13h30, 14h30 et 15h30.

Nathalie Vaillancourt, archiviste – BAnQ Québec

 

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