L’« État français » sans la jeunesse : Lionel Groulx et la Révolution tranquille

Éric Bédard
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Dès les années 1920, Lionel Groulx et l’équipe de L’Action française avaient espéré qu’un jour l’État du Québec travaillerait à l’émancipation économique et politique des Canadiens français. Au moment où ce programme semble prendre forme, grâce aux actions du gouvernement de Jean Lesage, le penseur du traditionalisme canadien-français se montre pourtant très critique. Les transformations culturelles en train de s’opérer le rendent en effet très pessimiste. Le regard désenchanté de Groulx ne tient pas seulement au processus de laïcisation, mais aussi à la représentation qu’il s’est toujours faite de la jeunesse. Or celle des années 1960 l’inquiète au plus haut point.
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From 1920s on, Lionel Groulx and the team of L’Action française hoped that the Quebec State would someday work towards the economic and political emancipation of French Canada. However, when this project eventually began to take form, thanks in large part to actions taken by the government of Jean Lesage, the leading thinker of French Canadian traditionalism assumed a critical posture. The cultural changes that Quebec was undergoing rendered Groulx very pessimistic. His disillusionment was not only the result of rising secularism, but also of the shattering of his conceptions of youth. The youth of the 1960s worried him very much indeed.

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