La Renaissance du Scoutisme

, par Bilan du Siècle - Université de Sherbrooke

Après avoir raconté la naissance du Scoutisme de Sherbrooke en notre paroisse en 1931, évoquons maintenant sa renaissance. On sait que la première troupe établie ici, entravée dans son élan par la caducité de son recrutement, s’en était allée chercher fortune au centre de la ville, espérant que les lueurs de ses bivouacs attireraient un grand nombre de garçons. La paroisse n’avait pourtant point perdu ses traces, et, dans sa nostalgie, elle regardait de loin celle que jadis elle avait portée sur son giron. Et elle, la troupe, de son côté, n’avait point oublié la maison de son origine, intimement liée aux fibres de son être comme l’écorce à la pulpe. Ce qui confirme la fidélité des Scouts à la paroisse, c’est qu’en souvenir du Père de l’Etoile, l’aumônier de l’exode, une colonie de routiers, à l’épaule droite de leur chemise, portent un bande blanche sur laquelle est imprimé en lettres rouges : Clan de l’Etoile.
La Meute de nos Louveteaux vivait des mystères de la Jungle et des exploits de la légende. Mowgli, ce petit d’homme, élevé par la louve Akéla, gardé de la férocité du tigre Shere Khan et des grivois et grossiers singes Bandar-Logs par Baloo et Bagheera, viendra parmi les hommes. Chez un Louveteau, venir parmi les hommes, c’est sortir de la Meute et entrer dans la Troupe, la Grande Première du drame de sa vie.
Donc, une fois la Meute désamarrée, il fallait, indépendamment des difficultés, à tout prix, fonder une Troupe, dont rêvaient de plus en plus les Loups, à mesure qu’ils approchaient la douzième année. Ne pas remplir un engagement ou respecter sa parole donnée serait un scandale aux yeux des enfants et malheur à celui qui...
Il n’y a rien comme la pointe et la contre-pointe du sabre de l’urgence ou du péril pour vous piquer les reins d’un homme, fût-ce un pantin de gélatine. Quiconque est sûr de laisser sa peau en reculant se lance de l’avant, vaille que vaille, à travers les crocs-en-jambe. De toute nécessité, la vague ferait encore l’assaut du rocher du Grand Conseil. Soit aux meetings du Comité Directeur, soit à l’occasion d’une cérémonie de promesse à la Meute, le Père Tremblay mettait à l’épreuve et de plus belle le Commissaire
« M. Mercier, nous avons des Loups qui sont prêts à sauter dans la Troupe. Le chef promis, on va l’avoir... » Il n’est pas donné à tout le monde de dire non sans offusquer. D’un air complaisant, mi-riant, mi-sérieux, il préparait à la résignation et répondait comme ça qu’il n’avait pas de chef. C’était bien trop vrai. Il continuait tout aussi courtoisement : « Trouvez-vous un chef. »
Il paraissait évident que le chef, ce grand frère, était un trésor exotique aussi dur à découvrir qu’un guide à Tobie. En septembre 1956, le Père Desgagné et son vicaire se partageaient le livre des âmes avant d’entreprendre la visite paroissiale. Ils convinrent de faire de grands efforts pour trouver un chef.
Qui cherche, trouve. Enfin, le chef est repéré. On avait envie de danser et de sauter. Les Louveteaux s’en sont chargés. M. Charles-B. Bélanger, de la Rue Balmoral, avait, dans son magasin de Windsor, un commis sien cousin, qui savait l’endroit et l’envers du scoutisme les yeux fermés. Originaire de Matane, rime millionnaire d’Ecbatane de l’épisode biblique du jeune Tobie, Jean Rioux était scout depuis 1947. Il avait brûlé tous les échelons ; trois ans simple scout, trois ans assistant et trois ans chef de Troupe. Par-dessus le marché, il a fait son camp Radisson et décroché sa badge de bois, l’honneur au mérite scout. Telle fut la compétence du chef qui a présidé à la renaissance du scoutisme dans la paroisse.
On comptait, au mois de janvier 1957, cinq Louveteaux prêts à monter à la Troupe : Pierre Bélanger, Gilles Fabi, Jean Fisette, Grégoire Huard et Raymond Lemieux. Sept autres garcons, sans préalable initiation dans la Meute, pénétrèrent dans la grande tente : André Bélanger, Yvon Couture, Normand Deschênes, Denis Lalonde, Pierre LeProhon, Robert Isa et Normand Roy. Ce peloton de douze fit sa promesse le 24 juin 1958.
Après avoir raconté la naissance du Scoutisme de Sherbrooke en notre paroisse en 1931, évoquons maintenant sa renaissance. On sait que la première troupe établie ici, entravée dans son élan par la caducité de son recrutement, s’en était allée chercher fortune au centre de la ville, espérant que les lueurs de ses bivouacs attireraient un grand nombre de garçons. La paroisse n’avait pourtant point perdu ses traces, et, dans sa nostalgie, elle regardait de loin celle que jadis elle avait portée sur son giron. Et elle, la troupe, de son côté, n’avait point oublié la maison de son origine, intimement liée aux fibres de son être comme l’écorce à la pulpe. Ce qui confirme la fidélité des Scouts à la paroisse, c’est qu’en souvenir du Père de l’Etoile, l’aumônier de l’exode, une colonie de routiers, à l’épaule droite de leur chemise, portent un bande blanche sur laquelle est imprimé en lettres rouges : Clan de l’Etoile.
La Meute de nos Louveteaux vivait des mystères de la Jungle et des exploits de la légende. Mowgli, ce petit d’homme, élevé par la louve Akéla, gardé de la férocité du tigre Shere Khan et des grivois et grossiers singes Bandar-Logs par Baloo et Bagheera, viendra parmi les hommes. Chez un Louveteau, venir parmi les hommes, c’est sortir de la Meute et entrer dans la Troupe, la Grande Première du drame de sa vie.
Donc, une fois la Meute désamarrée, il fallait, indépendamment des difficultés, à tout prix, fonder une Troupe, dont rêvaient de plus en plus les Loups, à mesure qu’ils approchaient la douzième année. Ne pas remplir un engagement ou respecter sa parole donnée serait un scandale aux yeux des enfants et malheur à celui qui...
Il n’y a rien comme la pointe et la contre-pointe du sabre de l’urgence ou du péril pour vous piquer les reins d’un homme, fût-ce un pantin de gélatine. Quiconque est sûr de laisser sa peau en reculant se lance de l’avant, vaille que vaille, à travers les crocs-en-jambe. De toute nécessité, la vague ferait encore l’assaut du rocher du Grand Conseil. Soit aux meetings du Comité Directeur, soit à l’occasion d’une cérémonie de promesse à la Meute, le Père Tremblay mettait à l’épreuve et de plus belle le Commissaire
« M. Mercier, nous avons des Loups qui sont prêts à sauter dans la Troupe. Le chef promis, on va l’avoir... » Il n’est pas donné à tout le monde de dire non sans offusquer. D’un air complaisant, mi-riant, mi-sérieux, il préparait à la résignation et répondait comme ça qu’il n’avait pas de chef. C’était bien trop vrai. Il continuait tout aussi courtoisement : « Trouvez-vous un chef. »
Il paraissait évident que le chef, ce grand frère, était un trésor exotique aussi dur à découvrir qu’un guide à Tobie. En septembre 1956, le Père Desgagné et son vicaire se partageaient le livre des âmes avant d’entreprendre la visite paroissiale. Ils convinrent de faire de grands efforts pour trouver un chef.
Qui cherche, trouve. Enfin, le chef est repéré. On avait envie de danser et de sauter. Les Louveteaux s’en sont chargés. M. Charles-B. Bélanger, de la Rue Balmoral, avait, dans son magasin de Windsor, un commis sien cousin, qui savait l’endroit et l’envers du scoutisme les yeux fermés. Originaire de Matane, rime millionnaire d’Ecbatane de l’épisode biblique du jeune Tobie, Jean Rioux était scout depuis 1947. Il avait brûlé tous les échelons ; trois ans simple scout, trois ans assistant et trois ans chef de Troupe. Par-dessus le marché, il a fait son camp Radisson et décroché sa badge de bois, l’honneur au mérite scout. Telle fut la compétence du chef qui a présidé à la renaissance du scoutisme dans la paroisse.
On comptait, au mois de janvier 1957, cinq Louveteaux prêts à monter à la Troupe : Pierre Bélanger, Gilles Fabi, Jean Fisette, Grégoire Huard et Raymond Lemieux. Sept autres garcons, sans préalable initiation dans la Meute, pénétrèrent dans la grande tente : André Bélanger, Yvon Couture, Normand Deschênes, Denis Lalonde, Pierre LeProhon, Robert Isa et Normand Roy. Ce peloton de douze fit sa promesse le 24 juin 1958.
Source : Gérard Tremblay, jr, C.Ss. R. -Notre-Dame du Perpétuel-Secours - Pages d’histoire sur la maison et la paroisse. Éditions Paulines, Sherbrooke 1966.

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