La Sainte-Catherine au fort de l'Assomption. Une initiative de la corporation d...

, par 2e bataillon du régiment de la Sarre

La Sainte-Catherine au fort de l'Assomption.

Une initiative de la corporation du fort de l'Assomption

Notez que vous serez les bienvenues dès 15 heures.

À propos de...
Sainte-Catherine au manteau blanc,
Amène la neige pour longtemps.

Ce dicton rappelle la traditionnelle « bordée de neige » au jour de la Sainte-Catherine qui signifie que l'hiver et le froid s'installent pour de bon. Catherine d'Alexandrie a laissé son nom à cette fête célébrée le 25 novembre. Patronne des jeunes filles à marier, elle est aussi par extension devenue la patronne de celles qu'on appelait les vieilles filles, c'est-à-dire celles qui n'auront peut-être jamais de mari ! En France, cette journée est traditionnellement associée au monde de la couture et de la mode et s'adresse surtout aux femmes tandis qu'en Amérique française, le 25 novembre évoque surtout le célibat ainsi que le nom de Marguerite Bourgeoys, relié à l'école où l'on mangeait de la tire Sainte-Catherine.

La tire Sainte-Catherine

Selon la petite histoire, Marguerite Bourgeoys aurait ouvert les portes de sa première école le 25 novembre 1658, jour de fête de sainte Catherine d'Alexandrie. Les historiens quant à eux fixent cette date au 30 avril 1657, jour de la fête de sainte Catherine de Sienne. Erreur sur la personne ou erreur sur la date ? On peut seulement dire que le 25 novembre était célébré depuis le début du Régime français en Amérique et l'on peut croire que Marguerite Bourgeoys, qui accueillait à son école les Filles du Roi, ne pouvait passer sous silence ce jour particulier de la fête de la sainte patronne des filles à marier.

La tradition de fêter la Sainte-Catherine à l'école remonterait-elle jusqu'à la première fête donnée par Marguerite Bourgeoys ? Chose certaine, le 25 novembre a longtemps été une journée fort agréable pour les écoliers. Au XIXe siècle, cette journée de festivités faisait place aux pièces de théâtre montées par les élèves qui jouaient souvent le martyre de sainte Catherine. Ensuite prenaient place les jeux organisés, les chansons et les mascarades. Plus récemment, la Sainte-Catherine fut l'occasion de présenter des films sur grand écran dans les écoles. La fête prenait plus ou moins d'importance selon les écoles, selon la direction et les enseignants ; des témoignages laissent croire qu'ils y voyaient une belle source de motivation pour maintenir la discipline jusqu'à cette journée tant attendue où l'école appartient aux écoliers. En tous cas, des permissions exceptionnelles étaient accordées : mâcher de la gomme, commettre de petites indisciplines, mais d'abord et avant tout manger de la tire à satiété, tire que l'on préparait souvent sur place et que les élèves prenaient plaisir à étirer. Dans les écoles privées où l'on formait les théologiens et les philosophes, ces derniers prenaient en charge l'organisation de la fête de leur sainte patronne : « Comme il sied, la qualité de philosophe procure des privilèges, le plus estimé étant celui de préparer la fête de Sainte-Catherine. Bals, comédies, bâtons de tire, pommes, discours, chansons, ch ?urs : voilà ce que ramène annuellement la Sainte-Catherine. » (Lebel, 1965 : 252)

La célébration de cette fête n'allait pas sans manger de la tire à l'école comme à la maison. L'origine de cette friandise serait une invention de Marguerite Bourgeoys, première enseignante en Nouvelle-France. Fait légendaire ou historique, on raconte qu'elle en aurait fabriqué pour attirer les enfants à son école, surtout les petites « sauvagesses ». Quoi qu'il en soit, le succès de la tire Sainte-Catherine dure depuis 350 ans. À la maison, les femmes la préparaient selon des recettes fort simples et la coutume voulait qu'on laisse aux jeunes le soin de l'étirer. À la cadence d'une chanson bien rythmée, la tire prenait peu à peu sa texture et sa belle couleur. Le moment de plier le long cordon n'était certainement pas à dédaigner. « En effet, un jeune homme et une jeune fille, étirant le même morceau de tire, pouvaient, quand tous deux se rapprochaient pour plier les deux extrémités du cordon doré, s'embrasser rapidement, ce qui faisait éclater les cris et les rires de ceux qui avaient eu le temps de les voir. » (Desdouits, 1987 : 389-390).

Fabriquée à la maison ou de facture commerciale, la friandise en forme de papillote est désignée par plusieurs appellations populaires. « Tire » est le mot le plus connu pour désigner la confiserie que l'on « étire », indispensable pour fêter la Sainte-Catherine, et ce terme n'existe nulle part ailleurs que dans le parler français en Amérique. La première attestation écrite du mot déjà consacré par l'usage remonte à 1810. Bien que le mot n'ait jamais perdu sa popularité, dans certaines régions du Québec on emploie aussi les mots « kiss » ou « klondike » en parlant de ces petits bonbons souvent enveloppés de papier ciré pour former une papillote. Kiss est un mot anglais (un baiser en français) aussi employé pour désigner une friandise au chocolat enveloppée dans une papillote. Quant au mot « Klondike » et ses variantes « klondake » ou « klendail », il est employé en parlant de la tire en papillote à cause de la ressemblance des bouchées de tire, d'un beau jaune doré, avec les pépites d'or tant vantées du Klondike à l'aube du XXe siècle

Source : RDAQ


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