La communion du temps de Pâques et le loup-garou Selon les lois de l'Église, ch...

, par 2e bataillon du régiment de la Sarre

La communion du temps de Pâques et le loup-garou

Selon les lois de l'Église, chaque fidèle a l'obligation de communier au moins une fois l'an. Le temps de Pâques semble tout désigné pour accomplir ce devoir. Pour pouvoir participer à la communion pascale, il faut cependant être « pur » et bien préparé, c'est-à-dire s'être confessé de ses péchés et avoir obtenu l'absolution du prêtre. L'expression « faire ses pâques » désigne cette obligation de l'Église qui accorde toutefois aux chrétiens la chance de s'exécuter entre le mercredi des Cendres et le dimanche de la Quasimodo, soit celui qui suit le dimanche de Pâques. La locution « Pâques closes » est une autre appellation de la Quasimodo qui, comme son nom l'indique, termine le cycle de Pâques. Parfois des retardataires ne trouvent pas le temps de faire leurs pâques pendant ce laps de temps ou sont de grands pécheurs. On dit de ceux qui attendent la Quasimodo pour se confesser qu'ils font des « pâques de renard » par analogie à la finesse et à la ruse de l'animal. In extremis, ces catholiques peu empressés pensent obtenir l'absolution plus facilement car le confesseur ne saurait leur refuser. On a aussi émis l'hypothèse que l'expression « pâques de renard » avait un certain rapport avec les mots « retard » et « remords » dont ils seraient dérivés. Malgré tout, une croyance bien québécoise est née comme châtiment divin autour de ceux qui négligent quand même de faire leurs pâques. Après sept ans consécutifs, ils risquent de se transformer en loup-garou. Au Québec, l'imaginaire religieux s'est emparé de cette croyance et on compte de nombreuses anecdotes ou légendes sur ce thème. Le malheureux ou la malheureuse atteint par cette malédiction est condamné à « courir le loup-garou », c'est-à-dire à errer la nuit à travers la campagne sous la forme d'un grand chien noir, d'un veau ou d'un cochon. Pour délivrer le loup-garou de sa métamorphose, il s'agit de lui faire couler une goutte de sang au moyen d'un outil en le blessant. En général, le loup-garou ainsi délivré est reconnaissant envers son bienfaiteur et lui demande la plus grande discrétion sur son identité. Les écrivains québécois Pamphile Lemay et Louis Fréchette ont immortalisé cette légende de tradition orale au début du XXe siècle quand la croyance encore vivante servait d'avertissement aux chrétiens. De nos jours où la religion occupe une place moindre, la métamorphose en loup-garou n'est plus une menace.

Attention à ne pas « courir le loup-garou » !

Voir en ligne : http://www.facebook.com/permalink.p...