La danse et les archives : une chorégraphie de la mémoire inscrite dans mon parcours à BAnQ

, par Instantanés

Il y a dans un parcours professionnel des moments-clés où des rencontres et des liens se tissent au hasard des dossiers qui nous sont confiés. Ces circonstances, et le cheminement qui en découle, ont marqué mon épanouissement archivistique. Cette chorégraphie de la mémoire s’inscrit d’abord par le traitement du fonds Jean-Pierre Perreault (P787) que nous avons traité à mi-temps pendant deux ans. À la suite du travail d’analyse initié dans ce premier fonds de danse, j’ai compris ce qu’était la naissance d’une œuvre, d’abord embryonnaire, puis fixée dans les productions chorégraphiques et dans l’échafaudage d’un projet de construction nécessaire au développement d’une troupe de danse menée par un artiste hors-norme.

 

Communiqué pour la reconversion d’une église en espace chorégraphique, 1999. BAnQ Vieux-Montréal (P787,S4,SS5S,SS1,D10).

Communiqué pour la reconversion d’une église en espace chorégraphique, 1999. BAnQ Vieux-Montréal (P787,S4,SS5S,SS1,D10).

 

Par la suite, le lien s’est poursuivi avec le traitement des archives des Grands Ballets canadiens (P954), un milieu artistique effervescent et bouillonnant, avec la perspective d’un relogement des lieux de création et de répétition vers le quartier des spectacles. Une collaboration de près de trois ans nous mènera à la description de la banque d’images et à une sélection des archives textuelles nécessaires à la pérennité historique de cette compagnie de danse.

 

Tournée des Grands Ballets canadiens en Extrême-Orient, 1984. BAnQ Vieux-Montréal (P954_4_2).

Tournée des Grands Ballets canadiens en Extrême-Orient, 1984. BAnQ Vieux-Montréal (P954_4_2).

 

Puis, on me confie le traitement du fonds Ludmilla Chiriaeff (P952), « Madame », fondatrice des Grands Ballets canadiens : avec elle, la danse s’inscrira fièrement comme une marque indélébile dans le paysage québécois. À travers Casse-Noisette, Joe et Tommy, j’ai reconnu la générosité artistique de ces artistes qui ont contribué, chacun à leur façon, à partager talent et beauté en ce monde. Ayant tourné les pages de la correspondance, regardé les dessins et les croquis, visionné les vidéos, consulté les photos, les plans des espaces en construction et la description des tournées de tous ces fonds d’archives, j’ai été le témoin privilégié de démarches créatives où se côtoient l’effort, la volonté et la discipline.

 

Ludmilla Chiriaeff, danseuse depuis l’enfance, vers 1935. BAnQ Vieux-Montréal. (P952,S1,SS2,P4). Photographe non identifié.

Ludmilla Chiriaeff, danseuse depuis l’enfance, vers 1935. BAnQ Vieux-Montréal (P952,S1,SS2,P4). Photographe non identifié.

 

Enfin, j’ai participé, avec mes collègues, au Guide des archives de la danse au Québec en partageant mes connaissances sur la conservation des documents d’archives. Comme une boucle qui se referme sur un cadeau que l’on offre en toute reconnaissance pour avoir participé à cette chorégraphie archivistique si bien orchestrée et sans laquelle il m’aurait manqué l’accomplissement.

Johanne Mont-Redon, archiviste – BAnQ Vieux-Montréal

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