La fin de la guerre est proche !

, par Instantanés

 

Après avoir passé la majeure partie de l’année 1918 en Angleterre, Olivar Asselin se prépare à retourner sur le front. À l’automne (probablement en octobre), il envoie une lettre à son fils cadet Pierre au sujet de son départ imminent et de son éventuel retour au Canada. L’extrait choisi concerne principalement les passages témoignant du sentiment anti-allemand entretenu par les pays de la Triple Entente et des blessures de guerre subies par les soldats.

 

The last “Goose Step”. [1914-1918]. BAnQ Vieux-Montréal (CLG72).

« Moi je sais bien que tu es maintenant un petit homme, capable de me remplacer auprès de ta maman si je me faisais tuer : c’est pour cela que je n’ai pas peur de retourner à la guerre. D’ailleurs, je ne vais pas à la guerre pour me faire tuer : j’aime trop ta maman, et mes trois beaux et grands garçons. J’y vais pour débarrasser la terre de quelques Allemands avant que le Petit Père Foch ait écrabouillé tous ces cochons-là. Il faut savoir haïr les Allemands, et tous ceux qui leur ressemblent. Plus tard, s’il y a encore des Allemands, et qu’ils attaquent encore des femmes et des enfants sans défense, et qu’ils veulent encore écraser la belle race française à laquelle tous tes grand-papas, toutes tes grand-mamans, ton papa et ta maman appartenaient, toi aussi tu t’enrôleras, et toi aussi tu tueras autant d’Allemands que tu pourras. Et Paul fera de même, et Jean aussi. Et si ta maman et ton papa vivent encore, ils seront fiers de toi. La guerre finira bientôt, et papa ira alors vous retrouver, pour vous raconter tout ce qu’il aura vu. […] La guerre n’est pas aussi dangereuse que l’on croît. Il y a quelques semaines, vingt officiers du 22e ont été blessés frappés ; là-dessus, trois seulement sont morts. L’un, le major Dubuc, a eu le visage traversé par une balle qui, entrant par un œil, est sortie par le bas de la joue opposée : eh bien, on lui a fait un autre œil, une autre joue, et ainsi de suite, et aujourd’hui il est plus beau qu’avant (car il était très laid). Peut-être que Papa se fera couper le bout du nez ; cela ne lui ferait pas de mal : il a le nez si long. […] Je t’écrirai du front, et aussitôt que les Allemands auront été jetés dans le Rhin à coups de pieds dans les autres (reins), je t’en préviendrai par télégramme. »

 

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Pour en savoir plus sur Olivar Asselin et sur la diffusion de sa correspondance de guerre, consultez l’article phare du projet.

 

Florian Daveau, archiviste – BAnQ Vieux-Montréal

Émilie Dufour-Lauzon, agente de bureau – BAnQ Vieux-Montréal

Elena Fracas, archiviste – BAnQ Vieux-Montréal

Catherine Lamarche, stagiaire de l’Université de Montréal

 

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