La fin tragique de l’adolescent felquiste Jean Corbo

, par Instantanés

 

En ce mois de juin 2018, le blogue Instantanés fête ses cinq ans d’existence. Afin de souligner cet anniversaire, nous publierons de nouveau, aux cours des prochaines semaines, les cinq articles les plus marquants de l’histoire du blogue. Ces textes coups de cœur ont été consultés par des milliers de lecteurs et méritent d’être redécouverts !

 

Aujourd’hui, nous vous présentons la quatrième position : La fin tragique de l’adolescent felquiste Jean Corbo

 

Le film Corbo du réalisateur Mathieu Denis, à l’affiche depuis le 17 avril 2015, met en lumière la mort tragique de Jean Corbo, adolescent de 16 ans né d’un père italien (Nicolas Corbo) et d’une mère québécoise (Mignonne Côté).

 

Dans la nuit du 14 juillet 1966, Corbo meurt lors de l’explosion d’une bombe qu’il a lui-même posée à l’usine Dominion Textile de Montréal, au 3970,+ rue Saint-Ambroise. Il s’agit du deuxième attentat commis par des membres du FLQ à causer la mort d’individus en l’espace de deux mois à Montréal.

 

 

Édifice de la Dominion Textile

Bâtiment de la Dominion Textile à Montréal, 1966. BAnQ Vieux-Montréal (TP12, S2, SS26, SSS1, D2959). Photographe non identifié.

 

 

En effet, quelques semaines plus tôt, le 5 mai 1966, un attentat a été perpétré dans les locaux de la manufacture H.B. La Grenade, au 2496, rue Rachel Est. Une bombe dissimulée dans un carton déposé par Gaétan Desrosiers a causé la mort violente de Thérèse Morin, 64 ans, employée de la manufacture.

 

 

Lieu de l'explosion

Voiture incendiée à la suite de l’explosion à proximité du bâtiment de la Dominion Textile à Montréal, 1966. BAnQ Vieux-Montréal (TP12, S2, S26, SSS1, D2959). Photographe non identifié.

 

 

Les deux verdicts de l’enquête de coroner ont tenu responsables de mort violente avec négligence criminelle huit personnes, dont Pierre Vallières, Charles Gagnon, Serge Demers et Gérard Laquerre.

 

Figurant parmi des milliers de dossiers judiciaires conservés dans les fonds d’archives de l’institution, des documents liés aux nombreux événements qui ont secoué Montréal à cette époque peuvent être consultés à BAnQ Vieux-Montréal. On y trouvera les enquêtes du coroner, les enquêtes criminelles, les témoignages et les déclarations des personnes impliquées dans la préparation des attentats.

 

 

Acte d'accusation de Vallières et Gagnon

Acte d’accusation de Pierre Vallières et de Charles Gagnon au greffe de la paix, 24 mai 1967. BAnQ Vieux-Montréal (TP12, S2, SS29, SSS2, D7367).

 

 

À titre d’exemple, voici quelques sources qui pourraient intéresser les chercheurs désirant en savoir plus sur ces événements :

– Enquête de coroner suite à la mort de Thérèse Morin : TP 12 S2 SS26 SSS1 ; dossier 3677 ; année 1966.

– Enquête criminelle dans le procès de Gérard Laquerre : TP 12 S2 SS29 SSS1 ; dossier 17890 ; année 1966.

– Enquête criminelle dans le procès de Charles Gagnon et Pierre Vallières : TP 12 S2 SS29 SSS2 ; dossier 18303 ; année 1966.

– Enquête de coroner suite à la mort de Jean Corbo : TP 12 S2 SS26 SSS1 ; dossier 2959 ; année 1966.

– Enquête criminelle dans le procès de Charles Gagnon et Pierre Vallières : TP 12 S2 SS29 SSS2 dossier 7367 année 1967.

– Enquête criminelle dans le procès de Pierre Vallières : TP 9 S2 SS7 SSS1 ; dossier 234 ; année 1972.

 

 

Pour en savoir plus sur les dossiers de coroner du greffe de Montréal pour les années 1908-1986, voir TP 12 S2 SS26.

Le coroner intervient dans des cas de décès inhabituels. Il tient une enquête, si nécessaire, et produit un rapport qui spécifie les causes du décès. S’il y a lieu, il identifie la ou les personnes qu’il croit criminellement responsables, et donne lieu, dans ce cas, à un chef d’accusation devant la Cour du banc du roi. Le coroner est généralement un médecin qui exerce des pouvoirs judiciaires dans ses enquêtes.

 

Avant cette date, voir TL32 S26.

 

Pour en savoir plus sur le greffe de la paix dans le fonds Cour des sessions de la paix, voir TP12 S2 SS29.

À Montréal à partir de 1919, l’ensemble des causes criminelles sont inscrites dans la juridiction dite « greffe de la paix ». Il s’agit du niveau le plus bas de la justice criminelle. Les magistrats de police réglaient de nombreuses causes à ce niveau, notamment par aveu de culpabilité. Ensuite, les causes contestées procédaient soit à la Cour des sessions de la paix, soit à la Cour du banc du roi, selon la nature des infractions ou le choix de l’accusé d’être entendu devant un juge seul ou devant un juge avec jury.

 

 

Karim Mansouri, agent de bureau – BAnQ Vieux-Montréal

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