Le Chantier du siècle

, par Instantanés

Le 28 juillet 1876, le gouvernement provincial achète officiellement au gouvernement fédéral le Cricket Field pour y établir le siège de la vie parlementaire de la province. Ce terrain, acheté au coût de 15 000$, est situé tout juste à l’extérieur des fortifications, près de la porte Saint-Louis. Pendant les dix années qui suivront, Eugène-Étienne Taché sera le maître d’œuvre de ce Chantier du siècle, employant pas moins de 400 ouvriers.

 

Eugène-Étienne Taché, 1902-1903. BAnQ Québec (P1000,S4,D3,P16). Montminy et Cie.

Eugène-Étienne Taché, 1902-1903. BAnQ Québec (P1000,S4,D3,P16). Montminy et Cie.

Architecte autodidacte et arpenteur-géomètre de formation, Eugène-Étienne Taché travaille au département des Terres de la Couronne lorsqu’on lui demande, en 1875, de dresser les plans du futur parlement. Taché opte pour l’architecture Second Empire qui se démarque par un effet de grandeur et de prestige. Il s’agit d’ailleurs d’un style qu’il récupère pour d’autres réalisations qu’il effectue à peu près à la même époque, dont l’ancien palais de justice de Québec près du Château Frontenac et le Manège militaire qui est situé à deux jets de pierre du Parlement.

 

Après moult modifications au projet, les travaux débutent en 1877. Cette première phase permet d’abord d’ériger les trois ailes latérales où logeront les bureaux de l’exécutif, comprenant entre autres les bureaux du lieutenant-gouverneur et ceux des différents ministères et organismes. Quant à l’hôtel du Parlement qui est réservé au Conseil législatif et à l’Assemblée législative, la construction de sa façade ne débute qu’en 1883 pour se terminer en 1886.

 

Taché fait appel à plusieurs artistes, dont Louis-Philippe Hébert et Alfred Laliberté, afin de faire de la façade du l’hôtel du Parlement un véritable programme commémoratif. Pas moins de 26 bronzes, représentant à la fois les personnages importants de l’histoire nationale ainsi que des allégories, prennent place dans des niches. De nombreuses armoiries sculptées dans la pierre s’ajoutent également à cette fresque historique. Le principal travail d’horlogerie est alors confié à la maison Cyrille Duquet, orfèvre reconnu à Québec.

 

BAnQ Québec conserve le fonds Eugène-Étienne Taché (P286) qui contient de nombreux dessins d’architecture de différents projets auxquels il a collaboré. Le fonds  Ministère de la Culture et des Communications (E6) regroupe également plusieurs photographies de l’édifice. De même, plusieurs plans sont disponibles dans le fonds Ministère des Travaux publics et des Approvisionnements (E25), plus particulièrement dans la série Documents architecturaux (S666).

 

Sylvie Bédard, archiviste – BAnQ Québec

 

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