Le Conseil des arts de Montréal : 60 ans de culture

, par Suzanne Mathieu

À l’occasion du 60e anniversaire du Conseil des arts de Montréal, la Section des archives de la Ville de Montréal est heureuse de mettre en ligne les descriptions complètes des fonds du Conseils des arts de la région métropolitaine de Montréal (VM118), du Conseil des arts de la Communauté urbaine de Montréal (CUM006) et du Conseil des arts de Montréal (MTL208). Les documents textuels et photographiques qui les composent témoignent bien sûr de l’organisation et des instances décisionnelles du Conseil des arts mais aussi des activités de financement et de promotion du milieu culturel montréalais par ce dernier. Les quelques documents présentés dans cet article ne représentent qu’une infime partie de la richesse des fonds que vous pouvez consulter.

Article "Le maire Drapeau annonce la création du Conseil des Arts". - 4 mars 1955. Archives de la Ville de Montréal. VM118-05_02P001

Article « Le maire Drapeau annonce la création du Conseil des Arts ». – 4 mars 1955. Archives de la Ville de Montréal. VM118-05_02P001

Projet cher au cœur du maire Jean Drapeau depuis 1955, le Conseil des arts de la région métropolitaine de Montréal (CARMM) voit officiellement le jour le 18 avril 1956. Le conseil a alors pour mandat de décerner un prix littéraire annuel, en plus d’encourager des projets artistiques montréalais. Au fil des années, le Conseil des arts change de nom, diversifie ses activités mais, encore aujourd’hui, poursuit sa mission de promouvoir la production artistique sur le territoire de l’île de Montréal.

Article du Journal de Montréal "Qui donc gagnera le premier prix littéraire de Montréal?". - 3 mars 1965. Archives de la Ville de Montréal. VM118-05_06P005

Article du Journal de Montréal « Qui donc gagnera le premier prix littéraire de Montréal ? ». – 3 mars 1965. Archives de la Ville de Montréal. VM118-05_06P005

 

 

En 1965, le premier Grand prix littéraire de la Ville de Montréal est décerné à Réal Benoît, pour le roman Quelqu’un pour m’écouter. Au fil des ans, les auteurs québécois Fernand Dumont (1969) ; Gaston Miron (1971) ; Victor-Lévy Beaulieu (1972) ; Antonine Maillet (1974) et Hubert Aquin (1975) reçoivent aussi ce prix.

 

 

 

Formulaire d’inscription de Réal Benoît, premier lauréat du Grand prix en 1965 pour "Quelqu'un pour m'écouter". Archives de la Ville de Montréal. CUM006-3-2_06P001
Fernand Dumont, lauréat du Grand prix de 1969 pour « Le lieu de l’homme ». Archives de la Ville de Montréal. CUM006-3-2_06P003
Formulaire d’inscription de Gaston Miron, lauréat du Grand prix de 1971 pour « L’homme rapaillé ». Archives de la Ville de Montréal. CUM006-3-2_06P004
Victor-Lévy Beaulieu, lauréat du Grand prix de 1972 pour « Les Grands-Pères ». Archives de la Ville de Montréal. CUM006-3-2_06P006
Formulaire d’inscription d’Hubert Aquin, lauréat du Grand prix de 1975 pour « Neige noire ». Archives de la Ville de Montréal. CUM006-3-2_06P007
Formulaire d’inscription d’Yves Beauchemin, dernier lauréat du Grand prix en 1982 pour « Le matou ». Archives de la Ville de Montréal. CUM006-3-2_03P001

Le dernier Grand prix littéraire est remis en 1982 à Yves Beauchemin, pour Le Matou. Le Conseil des arts de la Communauté urbaine de Montréal (CACUM) l’abolit et le remplace par le Grand prix du CACUM, « décerné à un individu, un groupe ou une création ayant marqué la vie culturelle montréalaise au cours de l’année » (Rapport du Comité de consultation du Conseil des Arts de la Communauté urbaine de Montréal, février 1982). Le Théâtre sans fil en est le premier lauréat, en 1985, pour son spectacle de marionnettes Le Seigneur des anneaux.

Article du Devoir « L’Union des écrivains demande à la CUM de maintenir son Grand Prix littéraire ». – 6 mai 1982. Archives de la Ville de Montréal. CUM006-4_01P001
Couverture du programme de la pièce « Le Hobbit et Le Seigneur des Anneaux » du Théâtre sans fil, premier lauréat du Grand prix du Conseil des arts, en 1985. Archives de la Ville de Montréal. CUM006-3-3_01P003

Remise d'une subvention à la Comédie Canadienne, fondée en 1957 par Gratien Gélinas. On reconnaît sur la photo, de gauche à droite, Charles Goulet, secrétaire du Conseil des arts de la région métropolitaine de Montréal ; Gratien Gélinas, qui fonde la Comédie Canadienne en 1957 ; Sarto Fournier, maire de Montréal et Lactance Roberge, trésorier du Conseil des arts. Archives de la Ville de Montréal. VM118-04-01-01_01P001

Remise d’une subvention à la Comédie Canadienne, fondée en 1957 par Gratien Gélinas. On reconnaît sur la photo, de gauche à droite, Charles Goulet, secrétaire du Conseil des arts de la région métropolitaine de Montréal ; Gratien Gélinas, qui fonde la Comédie Canadienne en 1957 ; Sarto Fournier, maire de Montréal et Lactance Roberge, trésorier du Conseil des arts. Archives de la Ville de Montréal. VM118-04-01-01_01P001

En plus de remettre des prix annuels, le Conseil des arts subventionne le milieu artistique montréalais. La photo de la remise d’une subvention à Gratien Gélinas dans le bureau du maire Sarto Fournier fait réagir Jean Drapeau. Le 7 janvier 1958, ce dernier écrit à Léon Lortie et Charles Goulet, respectivement président et secrétaire du Conseil des arts de la région métropolitaine de Montréal, afin de souligner le fait que la fondation du conseil en 1956 visait à « affranchir la vie culturelle et artistique de Montréal de toute idée de patronage politique », en plus de leur faire savoir qu’il regrette « ce précédent très dangereux ».

 

 

Échange entre Jean Drapeau et Léon Lortie, président du Conseil des arts de la région métropolitaine de Montréal. – 1958. Archives de la Ville de Montréal. VM118-04-01-01_01

Échange entre Jean Drapeau et Léon Lortie, président du Conseil des arts de la région métropolitaine de Montréal. – 1958. Archives de la Ville de Montréal. VM118-04-01-01_01

 

Règlement pour les compagnies de théâtre. - 1970. Archives de la Ville de Montréal. VM118-05_03

Règlement pour les compagnies de théâtre. – 1970. Archives de la Ville de Montréal. VM118-05_03

En 1970, le conseil se dote d’un règlement de régie interne qui balise les demandes de subventions des compagnies théâtrales. Ces dernières rencontrent très souvent des déficits, en partie épongés par les subventions. Le conseil espère ainsi remédier à la situation en resserrant les critères d’évaluation des demandes. Le règlement suscite de la grogne dans le milieu, qui accuse le conseil de censure. En 1982, le conseil révise son règlement et se réconcilie avec le milieu théâtral.

 

Nous terminons cette courte exploration avec une jolie trouvaille tirée du fonds d’archives du Conseil des arts de la région métropolitaine de Montréal : une missive de Félix Leclerc dans laquelle il décline de manière fort poétique l’invitation de Ferdinand F. Biondi, secrétaire du conseil, à agir à titre de président du jury du Grand Prix littéraire de 1977 :

Lettre de Félix Leclerc à Ferdinand F. Biondi, secrétaire du Conseil des arts. - 1976. Archives de la Ville de Montréal. VM118-04-02-02_02P001

Lettre de Félix Leclerc à Ferdinand F. Biondi, secrétaire du Conseil des arts. – 1976. Archives de la Ville de Montréal. VM118-04-02-02_02P001

Mon cher Ferdinand,

Le 4 mars, je suis en tournée et le 14 avril en France.

D’ailleurs, je n’aime pas le maire Drapeau depuis le gaspillage des jeux.

Aime-moi dans ma place qui est au large loin des prix, que ce soit pour les donner ou pour les recevoir.

Merci d’être venu à Lachine.

Bonjour à ta femme et à ta fille,

Félix Leclerc

 

Pour découvrir les 3 fonds d’archives :

Pour en savoir plus :

  • Conseil des arts de Montréal : https://www.artsmontreal.org/fr
  • Renaud, François et Claude Des Landes. 2009. Le Conseil des arts de Montréal : 50 ans au service de la communauté artistique montréalaise.

Voir en ligne : http://archivesdemontreal.com/2016/...