Le mythe de l’anglais langue universelle dans les débats éducatifs d’entre-deux-guerres au Québec : appropriation et contestation d’une construction coloniale britannique1

Virginie Hébert
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Certains chercheurs proposent de considérer le discours sur l’universalité de l’anglais comme un « mythe », soit comme une construction culturelle enracinée dans l’histoire impériale britannique. À l’aide d’une approche inspirée du courant d’étude sur les mythes sociaux, l’article analyse le rôle joué par ce mythe de l’anglais langue universelle dans les débats sur l’enseignement de l’anglais au Québec pendant l’entre-deux-guerres. Dans un premier temps, il retrace la genèse du mythe dans le contexte de l’Inde coloniale britannique puis, dans un second temps, il analyse comment certains acteurs canadiens-français se sont approprié ou ont contesté cette construction discursive extérieure. Il propose enfin une réflexion sur les conséquences de son appropriation dans l’interprétation qu’ont fait les Québécois de leur propre histoire, de leur langue et dans la définition de leur identité.
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Some researchers are now proposing to construe the discourse on the universality of English as a “myth” or as a cultural construction rooted in British imperial history. Using an approach inspired by current studies on social myths, the article analyzes the role played by the myth of English as the global language in the debates on the teaching of English in Quebec during the interwar period. First, it traces the genesis of the myth in the context of British India and then analyzes how French-Canadian stakeholders appropriated or challenged this external discursive construction. Finally, it discusses the consequences of its appropriation in the interpretation that Quebecers have made of their own history, their language, and in the definition of their identity.

Voir en ligne : http://id.erudit.org/iderudit/1048513ar