Le poste de La Pointe sur l’île Madeline, tremplin vers le monde franco-anichinabé de la traite des fourrures

Nicole St-Onge
Le monde de la traite des fourrures a vu le jour à partir des années 1650 dans le bassin hydrographique des Grands Lacs et du fleuve Saint-Laurent, avec Montréal comme point de jonction entre les Pays d’en Haut et diverses paroisses canadiennes-françaises de la vallée du Saint-Laurent. Les marchandises, les peaux, les populations et les moeurs sociales circulaient dans ce bassin hydrographique ; cette circulation témoignait de l’intense mobilité qui définissait la société vivant de la traite des fourrures. Ce monde a perduré jusqu’au XIXe siècle, en dépit de profonds changements sociétaux. S’appuyant sur le poste de traite des fourrures de La Pointe comme centre d’observation, l’étude de ces « paysages familiaux » lève le voile sur un monde où les concepts d’identité nationale (ou coloniale) et de frontières étatiques étaient au fond dénués de sens jusqu’au milieu du XIXe siècle. Les notions autochtones de parenté, liées aux notions franco-catholiques de parenté symbolique (et spirituelle), ont créé toute une série de communautés interreliées, vouées à la traite des fourrures. Celles-ci partageaient des valeurs fondamentales clés et ont permis à une économie et à une société axées sur la traite des fourrures de perdurer et de prospérer pendant plus de deux cents ans.

Voir en ligne : http://www.erudit.org/fr/revues/haf...