Le temps des Fêtes à travers l’histoire Stéphane Fortier Festoyer pendant...

, par 2e bataillon du régiment de la Sarre

Le temps des Fêtes à travers l’histoire

Stéphane Fortier


Festoyer pendant deux semaines (et même plus) à l’occasion de Noël et du jour de l’an ne date pas d’hier au Québec.

Jacques Lacoursière racontant les Noël d’antan à la bibliothèque municipale de Vaudreuil-Dorion, grâce à l’initiative du Comité des amis de la bibliothèque. (Photo Pascale M. Lévesque)

À l’occasion de la visite de Jacques Lacoursière, l’un de nos plus grands historiens, à Vaudreuil-Dorion le 2 décembre, de nombreux citoyens, amateurs d’histoire ou non, se sont régalés d’un fabuleux voyage dans le temps à l’intérieur duquel le temps des Fêtes a été démystifié.

Au dire de Jacques Lacoursière, si le fait de souligner Noël, la naissance du Christ, était déjà une réalité en Europe, ce n’est qu’à l’arrivée des premiers Français au Québec que la fête de Noël a été évoquée, étant donné que les Amérindiens ignoraient l’existence de cette fête. « Le premier Noël français en terre canadienne fut celui de l'hiver 1535-1536. Jacques Cartier et ses hommes passèrent cet hiver à bord de leurs trois navires. La neige commença à tomber au début du mois de novembre. Cartier, dans son Brief réçit, affirme qu'il y avait quatre doigts d'épaisseur de glace sur les murs intérieurs des navires et que même le cidre avait gelé dans les tonneaux. De plus, au cours de ce premier hivernement, le scorbut causa la mort d'un nombre important de membres d'équipage, de sorte que, lorsqu’on décida de retourner en France, on dut abandonner l’un des trois navires », relate Jacques Lacoursière. Évidemment, le scorbut faisait des ravages à l’époque, et ce, sur les trois navires de Cartier. Heureusement, les Iroquois avaient fourni aux Français une décoction favorisant leur guérison.

Pas avant, toutefois, qu’une vingtaine de marins périssent sur les 28 qui accompagnaient Cartier.

Noël tragiques

À la Noël de 1635, Samuel de Champlain meurt à Québec. On cherche encore son tombeau aujourd’hui. Aux Fêtes de 1642, année de fondation de Montréal, la ville, si l’on peut dire, est menacée par une inondation. Paul de Chomedey, sieur de Maisonneuve, son fondateur, invoque Dieu pour sauver la ville. En fait, il demande ni plus ni moins un miracle. Les eaux reculent en ce début d’année 1643, et, pour remercier Dieu, de Maisonneuve gravit le mont Royal avec une croix sur l’épaule, et va la planter sur le haut de la montagne. On la bénit le 6 janvier. Ce symbole est encore présent sur le mont Royal aujourd’hui. « Les premiers Noël en Nouvelle-France ont plutôt été difficiles, voire tragiques en quelques occasions. Et les premières messes de Noël au XVIIe siècle étaient célébrées dans des églises qui n’étaient pas chauffées. En fait, les gens qui y assistaient trouvaient le moyen de se réchauffer eux-mêmes. Les gens étaient tellement pompettes que, pendant un certain temps, les messes de Noël ont été annulées », raconte Jacques Lacoursière, qui ajoute que même les enfants de choeur se réchauffaient de cette manière.

Les jésuites, les religieux d’alors, ont longtemps célébré Noël avec les sauvages, qui étaient fort impressionnés par la crèche.

En 1648, le père Jean de Brébeuf avait composé des chants de Noël pour les Hurons. Il écrivait dans les Relations des Jésuites : « Les mœurs et les coutumes des Hurons les disposaient à foi. » De son côté, le gouverneur Frontenac disait des Jésuites qu’ils avaient convertis plus de castors que de sauvages. À la fin des années 1650, à la messe de minuit, une querelle s’installe entre monseigneur de Laval et le gouverneur. Qui doit-on saluer en premier ? L’évêque ou le gouverneur ? « Dans la Nouvelle-France du XVIIe siècle, particulièrement dans le milieu rural, le temps des Fêtes dure de Noël jusqu’au Mardi gras, en février. Des danses, de la ripaille et la visite de familles et de voisin, constituaient les réjouissances habituelles en ce temps-là », mentionne M. Lacoursière. Après 140 jours de privation et d’abnégation, les gens méritaient bien d’en profiter ! Dans un prochain article, il sera question du XVIIIe et du XXe siècle.

http://www.journalpremiereedition.com/Activites-culturelles/2008-12-13/article-1757426/Le-temps-des-Fetes-a-travers-lhistoire/1


Le temps des Fêtes à travers l’histoire
www.journalpremiereedition.com
Le temps des Fêtes à travers l’histoireStéphane FortierPublié le 13 décembre 2008Partager00CommenterEnvoyer à un amiImprimerEnvoyer à un ami Envoyer cet article à un ami. Son nom*Adresse courriel*Votre nom*Votre adresse courriel*CommentairesFestoyer pendant deux semaines (et même plus) à l’occasion…

Voir en ligne : http://www.facebook.com/permalink.p...