Le vétéran Germain Nault reçoit la Légion d’honneur

, par La Rédaction

Selon LaPresse.ca

CAMILLE DAUPHINAIS-PELLETIER

(Sherbrooke) « Je tiens à vous remercier du fond du coeur pour ma liberté, pour celle de ma famille, pour celle des habitants du monde entier. En mon nom et au nom de la France, merci, Monsieur Germain Nault. »

Samedi, au manège militaire, tous les regards étaient tournés vers l’ancien combattant sherbrookois Germain Nault, qui recevait la prestigieuse Légion d’honneur française des mains de François Gitzhofer, consul honoraire de France en Estrie.

Cette décoration est évidemment une façon de récompenser les faits d’armes de Germain Nault, qui a participé au débarquement de Normandie lors de la Seconde Guerre mondiale, mais elle lui a aussi été remise de façon symbolique pour souligner « l’amitié franco-canadienne que vous avez représentée en vous battant pour la libération de la France », lui a fait remarquer M. Gitzhofer.

Très affaibli par la maladie, Germain Nault, qui vient d’être admis à la Maison Aube-Lumière, a pris le temps d’adresser quelques mots à la foule, et s’est levé de son fauteuil roulant après la réception de la médaille. « Je voudrais bien être capable de remercier tout le monde à ma façon. J’aurais aimé être capable de parler, d’habitude je le suis », a-t-il dit, visiblement étreint par l’émotion.

S’il n’était pas en mesure à ce moment de transmettre verbalement le message qu’il souhaitait passer, l’homme de 93 ans a enjoint les gens à puiser dans son histoire pour y trouver inspiration. Parmi les faits saillants de celle-ci : Germain Nault a été enrôlé dans le régiment de la Chaudière en 1941, alors qu’il était âgé de 20 ans. Il a par la suite été transféré à la base militaire Valcartier, avant de partir vers l’Europe.

Il participe au débarquement de Normandie le 6 juin 1944 et est fait prisonnier ; il échappe à ses gardes deux jours plus tard, poursuit le combat dans les mois qui suivent et ne revient au Canada qu’après la fin de la guerre, le 31 décembre 1945.

Son histoire est d’ailleurs racontée dans son intégralité dans le livre J’ai survécu au Débarquement, écrit par ses nièces Martine et Marilou Doyon.

M. Nault recevait cet honneur en même temps que 600 autres vétérans. L’aviateur Gilles Gilbert Boulanger, qui s’était installé en Estrie à son retour de la guerre, aurait dû être décoré de la Légion d’honneur lors de la même cérémonie, a souligné M. Gitzhofer, mais il est décédé en décembre dernier à l’âge de 91 ans.

La Légion d’honneur française est la plus haute distinction décernée par la France. Elle a été créée par Napoléon en 1802.

Voir en ligne : http://www.lequebecetlesguerres.org...