Les Louveteaux de la paroisse Notre-Dame du Perpétuel-Secours à Sherbrooke.

, par Bilan du Siècle - Université de Sherbrooke


Sur le parchemin officiel, daté du 5 mars 1956, approuvant 1e 13e Meute 
des Louveteaux, dûment signé, par M. l’Abbé G.-H. Tremblay, 
Aumônier diocésain, M. Jean-Paul Mercier, Commissaire, Mgr Maurice 
Patry, P.D., Aumônier Général, Maître Gérard 
Corbeil, Commissaire général, nous avons aussi l’agrément 
du premier aumônier de l’unité, le P. Hilaire Robitaille, et Mlle 
Madeleine Marier, première cheftaine ou Akéla.



Certes, la création de la Meute était l’aboutissement d’impulsions 
tout aussi anciennes que celles qui avaient présidé à l’existence 
de la Ronde. Cependant la raison prochaine de leur mutuelle irruption diffère. 
La Ronde visait à la survivance de la 6e Compagnie des Guides, au lieu 
que la Meute avait comme objectif principal, après 1e triennat de ses 
recrues, l’éventuel réveil de la Troupe des Scouts.



M. le Commissaire Mercier à qui, souvent, 1e Père Tremblay avait 
soumis 1e dessein de ramener les Scouts à la maison paternelle qu’ils 
avaient désertée en 1932, répondait, comme par une échappatoire 
 : « Trouvez-vous des chefs et nous vous aiderons. » Or, comme le 
sujet revenait sur le tapis aussi dru que les occasions d’en parler, M. Mercier 
proposa un moyen terme : « Essayez donc de commencer par les Louveteaux. 
Après trois ans, vous aurez des Scouts. Et je trouverai plus facilement 
une Cheftaine qu’un chef. »



Le 18 septembre 1955, le Père Robitaille est nommé vicaire, poste 
qu’il détiendra jusqu’au 1er septembre 1956.



Les deux vicaires se mirent donc en quête de candidats pour la Meute. 
Ils les attrapèrent presque tous aux petites heures du matin, revêtus 
de la soutane et du surplis du servant de messe. Il ne fallait pourtant pas 
dans l’immédiat dépasser la douzaine. Une fois que les douze premiers 
seraient suffisamment formés, on ouvrirait la porte à d’autres.



M. Mercier, auquel on demeure très obligé, chargera Mlle Madeleine 
Marier de faire les frais de la fondation. Expérimentée, distinguée, 
débrouillarde, incarnant en elle les vertus des Louveteaux, nos petits 
garçons ne pouvaient avoir meilleur partage que cette Akéla. Deux 
assistantes, Mlle Suzanne Dubreuil ,Baloo, et Mlle Huguette Thibault, Bagheera, 
remportaient également tous les suffrages des bonnes qualités. 
Avec un tel trio de responsables, la Meute sortirait saine et sauve de ses incursions 
dans la Jungle.



Et, ce mercredi soir du 18 avril 1956, notre Meute se mettrait en chasse. Au 
signal de la cheftaine, déferlèrent en trombe de leur bicyclette 
les aspirants dont voici les noms : Pierre Bélanger, Pierre Desnoyers, 
Jean Fisette, Grégoire Huard, Marc Lareau, Jean LeProhon, Pierre Lemieux, 
Raymond Lemieux, Maurice Poulin, Bernard Larivière. Ils prononcèrent 
leur promesse le 27 juin 1956 « Je promets de faire de mon mieux pour 
être fidèle à Dieu, à la Reine, au Canada, à 
mes parents, à la Loi de la Meute et de faire chaque jour un plaisir 
à quelqu’un. »



En septembre de la même année, on admettait sept autres aspirants 
 : Roland Martel, Marc Gingras, Pierre Saint-Jacques, Jacques Rousseau, Michel 
Gauthier, Jean-Jacques Lamoureux et Jean-Marie Fortin. Trois Sizainiers, Jean 
Fisette, Gilles Fabi et Raymond Lemieux se partageaient les Blancs, les Gris 
et les Bruns. Marc Rivard, qui avait fait sa promesse dans la Paroisse Sainte-Thérèsed’Avila 
se joignit aux Gris.



L’Akéla Marier ayant conduit d’une main de maître ses Pattes-Tendres 
à leur promesse, les quitta, deux mois avant son mariage, en juin 1957. 
Elle avait promis durant la réunion d’adieux que sa remplaçante 
ne gâterait pas la sauce. Une fois encore privilégiée, la 
Meute, pour l’expérience de son premier cantonnement connaîtrait 
l’entendue direction de Mlle Yolande Bérard, institutrice, toute faite 
d’autorité nuancée d’un rare alliage de douceur et de prévenance. 
Akéla ressemblait à un capitaine de navire, car la Tanière 
du Lac Stukely a les apparences d’un gros cabotier échoué sur 
un récif. Tout en bas dans la cale, les ouaouarons passés maîtres 
menaient leur sabbat vingt-quatre heures par jour. On dit qu’ils se racontaient 
leurs cauchemars du dernier hiver. Plus d’un Louveteau, à ces airs bizarres 
de guimbarde, s’esclaffait même durant les histoires de l’aumônier.



En septembre, la Meute encore fragile sera secouée par une crise qui 
pourra lui coûter la vie. Qu’on se l’imagine ! La direction de la Meute 
passe à la guillotine. Il n’y a plus d’Akéla. Mlle Dubreuil est 
entrée au couvent et Mlle Thibault annonce sa retraite imminente.



Malgré cette secousse presque sismique, les loups comme par miracle ayant 
encore du soleil, n’ont point hurlé à la lune. Mlle Jacqueline 
Rivard a sauvé la colonie. Accourue en diligence au remplacement de Mlle 
Dubreuil, elle se trouva trois semaines plus tard, en dépit de bien des 
improvisations, seule dans la Jungle, cumulant à la fois les responsabilités 
d’Akéla, de Baloo et Bagheera. Ajoutons bien vite à son crédit 
et à son mérite qu’elle avait naturellement et par goût 
l’idéal recherché par les Louveteaux. Au camp de Jouvence, elle 
s’était initiée aux chants des Scouts et vous avait un talent 
pour la peinture à faire cligner les yeux d’un Raphaël. En quelques 
semaines, le local des Louveteaux fut lambrissé de ses peintures : le 
drapeau de la Province de Québec, des poissons, des oiseaux et les tableaux 
des points et des badges. Elle traça le plan du Mât d’Honneur, 
le découpa, et, une fois qu’il fut rassemblé, elle y peignit la 
louve Akéla, l’ours Baloo, et la panthère Bagheera.



En cette alternative d’une seule responsable, il faut se flatter de dire que 
tout marchait bien. Nous avons épuisé les restrictions mentales 
et les subterfuges à la manière de Pénélope.



Nous ne pouvions qu’évasivement répondre à ces bougres 
de Louveteaux qui vous vrillaient aussi avant que la trompe d’Eustache la sempiternelle 
et pareille question : « La nouvelle Akéla sera-t-elle ici la semaine 
prochaine ? » Au juste, on ne l’a jamais su jusqu’au moment où 
M. Mercier annonçait, le 12 avril 1958, dans une lettre à Mlle 
Claudette Gauthier, que sa nomination d’Akéla à la 13e Meute était 
approuvée. Deux autres Akélas viendront après elle, Mlles 
Jacqueline Rivard et Louise Fréchette.




Liste des cantonnements depuis 1957



Années - Endroits - Akélas - Aumôniers

1957 Tanière du Lac Stukely, Yolande Gérard, P. Tremblay

1958 L’Etape du Lac Stukely, Claudette Gauthier, P. Tremblay

1959 L’Etape du Lac Stukely, Claudette Gauthier, P. R. Lebel

1960 L’Etape du Lac Stukely, Jacqueline Rivard, P. R. Lebel

1961 L’Etape du Lac Stukely, Jacqueline Rivard, P. R. Lebel

1962 L’Etape du Lac Stukely, Jacqueline Rivard, P. D. Morand






Sur le parchemin officiel, daté du 5 mars 1956, approuvant 1e 13e Meute 
des Louveteaux, dûment signé, par M. l’Abbé G.-H. Tremblay, 
Aumônier diocésain, M. Jean-Paul Mercier, Commissaire, Mgr Maurice 
Patry, P.D., Aumônier Général, Maître Gérard 
Corbeil, Commissaire général, nous avons aussi l’agrément 
du premier aumônier de l’unité, le P. Hilaire Robitaille, et Mlle 
Madeleine Marier, première cheftaine ou Akéla.



Certes, la création de la Meute était l’aboutissement d’impulsions 
tout aussi anciennes que celles qui avaient présidé à l’existence 
de la Ronde. Cependant la raison prochaine de leur mutuelle irruption diffère. 
La Ronde visait à la survivance de la 6e Compagnie des Guides, au lieu 
que la Meute avait comme objectif principal, après 1e triennat de ses 
recrues, l’éventuel réveil de la Troupe des Scouts.



M. le Commissaire Mercier à qui, souvent, 1e Père Tremblay avait 
soumis 1e dessein de ramener les Scouts à la maison paternelle qu’ils 
avaient désertée en 1932, répondait, comme par une échappatoire 
 : « Trouvez-vous des chefs et nous vous aiderons. » Or, comme le 
sujet revenait sur le tapis aussi dru que les occasions d’en parler, M. Mercier 
proposa un moyen terme : « Essayez donc de commencer par les Louveteaux. 
Après trois ans, vous aurez des Scouts. Et je trouverai plus facilement 
une Cheftaine qu’un chef. »



Le 18 septembre 1955, le Père Robitaille est nommé vicaire, poste 
qu’il détiendra jusqu’au 1er septembre 1956.



Les deux vicaires se mirent donc en quête de candidats pour la Meute. 
Ils les attrapèrent presque tous aux petites heures du matin, revêtus 
de la soutane et du surplis du servant de messe. Il ne fallait pourtant pas 
dans l’immédiat dépasser la douzaine. Une fois que les douze premiers 
seraient suffisamment formés, on ouvrirait la porte à d’autres.



M. Mercier, auquel on demeure très obligé, chargera Mlle Madeleine 
Marier de faire les frais de la fondation. Expérimentée, distinguée, 
débrouillarde, incarnant en elle les vertus des Louveteaux, nos petits 
garçons ne pouvaient avoir meilleur partage que cette Akéla. Deux 
assistantes, Mlle Suzanne Dubreuil ,Baloo, et Mlle Huguette Thibault, Bagheera, 
remportaient également tous les suffrages des bonnes qualités. 
Avec un tel trio de responsables, la Meute sortirait saine et sauve de ses incursions 
dans la Jungle.



Et, ce mercredi soir du 18 avril 1956, notre Meute se mettrait en chasse. Au 
signal de la cheftaine, déferlèrent en trombe de leur bicyclette 
les aspirants dont voici les noms : Pierre Bélanger, Pierre Desnoyers, 
Jean Fisette, Grégoire Huard, Marc Lareau, Jean LeProhon, Pierre Lemieux, 
Raymond Lemieux, Maurice Poulin, Bernard Larivière. Ils prononcèrent 
leur promesse le 27 juin 1956 « Je promets de faire de mon mieux pour 
être fidèle à Dieu, à la Reine, au Canada, à 
mes parents, à la Loi de la Meute et de faire chaque jour un plaisir 
à quelqu’un. »



En septembre de la même année, on admettait sept autres aspirants 
 : Roland Martel, Marc Gingras, Pierre Saint-Jacques, Jacques Rousseau, Michel 
Gauthier, Jean-Jacques Lamoureux et Jean-Marie Fortin. Trois Sizainiers, Jean 
Fisette, Gilles Fabi et Raymond Lemieux se partageaient les Blancs, les Gris 
et les Bruns. Marc Rivard, qui avait fait sa promesse dans la Paroisse Sainte-Thérèsed’Avila 
se joignit aux Gris.



L’Akéla Marier ayant conduit d’une main de maître ses Pattes-Tendres 
à leur promesse, les quitta, deux mois avant son mariage, en juin 1957. 
Elle avait promis durant la réunion d’adieux que sa remplaçante 
ne gâterait pas la sauce. Une fois encore privilégiée, la 
Meute, pour l’expérience de son premier cantonnement connaîtrait 
l’entendue direction de Mlle Yolande Bérard, institutrice, toute faite 
d’autorité nuancée d’un rare alliage de douceur et de prévenance. 
Akéla ressemblait à un capitaine de navire, car la Tanière 
du Lac Stukely a les apparences d’un gros cabotier échoué sur 
un récif. Tout en bas dans la cale, les ouaouarons passés maîtres 
menaient leur sabbat vingt-quatre heures par jour. On dit qu’ils se racontaient 
leurs cauchemars du dernier hiver. Plus d’un Louveteau, à ces airs bizarres 
de guimbarde, s’esclaffait même durant les histoires de l’aumônier.



En septembre, la Meute encore fragile sera secouée par une crise qui 
pourra lui coûter la vie. Qu’on se l’imagine ! La direction de la Meute 
passe à la guillotine. Il n’y a plus d’Akéla. Mlle Dubreuil est 
entrée au couvent et Mlle Thibault annonce sa retraite imminente.



Malgré cette secousse presque sismique, les loups comme par miracle ayant 
encore du soleil, n’ont point hurlé à la lune. Mlle Jacqueline 
Rivard a sauvé la colonie. Accourue en diligence au remplacement de Mlle 
Dubreuil, elle se trouva trois semaines plus tard, en dépit de bien des 
improvisations, seule dans la Jungle, cumulant à la fois les responsabilités 
d’Akéla, de Baloo et Bagheera. Ajoutons bien vite à son crédit 
et à son mérite qu’elle avait naturellement et par goût 
l’idéal recherché par les Louveteaux. Au camp de Jouvence, elle 
s’était initiée aux chants des Scouts et vous avait un talent 
pour la peinture à faire cligner les yeux d’un Raphaël. En quelques 
semaines, le local des Louveteaux fut lambrissé de ses peintures : le 
drapeau de la Province de Québec, des poissons, des oiseaux et les tableaux 
des points et des badges. Elle traça le plan du Mât d’Honneur, 
le découpa, et, une fois qu’il fut rassemblé, elle y peignit la 
louve Akéla, l’ours Baloo, et la panthère Bagheera.



En cette alternative d’une seule responsable, il faut se flatter de dire que 
tout marchait bien. Nous avons épuisé les restrictions mentales 
et les subterfuges à la manière de Pénélope.



Nous ne pouvions qu’évasivement répondre à ces bougres 
de Louveteaux qui vous vrillaient aussi avant que la trompe d’Eustache la sempiternelle 
et pareille question : « La nouvelle Akéla sera-t-elle ici la semaine 
prochaine ? » Au juste, on ne l’a jamais su jusqu’au moment où 
M. Mercier annonçait, le 12 avril 1958, dans une lettre à Mlle 
Claudette Gauthier, que sa nomination d’Akéla à la 13e Meute était 
approuvée. Deux autres Akélas viendront après elle, Mlles 
Jacqueline Rivard et Louise Fréchette.




Liste des cantonnements depuis 1957



Années - Endroits - Akélas - Aumôniers

1957 Tanière du Lac Stukely, Yolande Gérard, P. Tremblay

1958 L’Etape du Lac Stukely, Claudette Gauthier, P. Tremblay

1959 L’Etape du Lac Stukely, Claudette Gauthier, P. R. Lebel

1960 L’Etape du Lac Stukely, Jacqueline Rivard, P. R. Lebel

1961 L’Etape du Lac Stukely, Jacqueline Rivard, P. R. Lebel

1962 L’Etape du Lac Stukely, Jacqueline Rivard, P. D. Morand




Source : Gérard Tremblay, jr, C.Ss. R. ?Notre-Dame du Perpétuel-Secours ? Pages d ?histoire sur la maison et la paroisse ?. Éditions Paulines, Sherbrooke 1966.

Voir en ligne : http://bilan.usherbrooke.ca/bilan/p...