Les débuts rocambolesques de l’éducation à Rouyn-Noranda

, par Instantanés

À la suite des découvertes faites par de nombreux prospecteurs, Rouyn et Noranda connaissent une véritable ruée vers l’or dès 1922. À partir de 1925, les chercheurs d’or, qui parcourent le territoire à la recherche du bon filon, ne sont toutefois plus les seuls dans la communauté dont le développement s’avère plutôt anarchique. Aussi des familles entières, qui veulent retirer des bénéfices d’un tel Klondike, viennent s’installer de façon permanente au Far West abitibien. Cette situation fait naître de nouveaux besoins, dont celui d’éduquer les enfants qui accompagnent les familles nouvellement installées dans la région.

La construction de la première école

Récemment arrivé à Rouyn, le curé Albert Pelletier commence à planifier la construction de la première école-chapelle durant l’été 1925. C’est à l’angle des rues Perreault et Galipeault (aujourd’hui avenue Larivière) qu’elle sera érigée, là où se trouve actuellement le Centre Élisabeth-Bruyère. Étant donné que la scierie la plus proche se trouve à Guérin, les matériaux de construction doivent être acheminés par voie de navigation sur plus de 175 kilomètres.

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Flottage du bois qui à servi à construire la fondation de l’école. Lac Osisko, 1925. BAnQ Rouyn-Noranda, Fonds Société d’histoire de Rouyn-Noranda, série Albert Pelletier. 08-Y,P117,S5,P359

 

La lourdeur des chargements et les intempéries rendent le transport des matériaux long et pénible. D’ailleurs, le convoi sur lequel sont transportées les chaises et la fournaise a dû faire demi-tour aux rapides de l’Esturgeon en raison de la glace qui prenait. C’est par train, en faisant un détour par l’Ontario, que la cargaison arrive à Macamic. De là, elle est ensuite tirée par des chevaux jusqu’à Rouyn. Enfin, la fournaise arrive le 8 décembre 1925… La rentrée scolaire a dû être froide cette année là !

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L’école Saint-Louis-de-Gonzague, première de Rouyn, vers 1927. Elle a ensuite été déménagée de l’autre côté de la rue au 330, rue Perreault Est. BAnQ Rouyn-Noranda, Fonds Xstrata Cuivre Canada, Fonderie Horne, série Vavasour & Dick 08-Y,P123,S1,P146

 

L’arrivée rocambolesque des Sœurs Grises de la Croix

Il n’y a pas que les matériaux qui ont de la difficulté à se rendre jusqu’aux villes-sœurs. Les enseignantes également ont connues quelques péripéties. Durant la nuit du 20 octobre 1925, quatre religieuses de la communauté des Sœurs Grises de la Croix quittent Ottawa en avion à destination d’Angliers. De cet endroit, elles montent dans une barque qui les mène du lac des Quinze, en passant par le lac Rémigny, le lac Barrière, le lac Provencher, le lac Montbeillard, le lac Beauchatel, la rivière Pelletier, le lac Pelletier, le lac Édouard jusqu’au chemin de corduroi qui donne accès aux rives du lac Osisko.

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Les quatre Sœurs Grises de la Croix devant la tente qui a servi d’école temporaire en attendant la fin des travaux de construction de l’école Saint-Louis-de-Gonzague. Rouyn 1926. BAnQ Rouyn-Noranda, Fonds Société d’histoire de Rouyn-Noranda, série Albert Pelletier. 08-Y,P117,S5,P100

 

De son côté, tel que prévu, le curé Pelletier part à leur rencontre en compagnie du docteur Linklater. Toutefois, en raison de la tempête de neige qui fait rage ce soir-là, la visibilité est quasi nulle et le prêtre ne parvient pas à les repérer. C’est finalement les voix qu’il perçoit qui lui permettent de s’orienter. Il a toute une surprise lorsqu’il aperçoit l’embarcation des religieuses échouée dans le sable sur la berge. Ces dernières sont couchées dans le fonds du bateau enroulées dans des couvertures pour se protéger du froid. L’homme de foi aide l’équipage qui accompagne les sœurs à dégager le bateau et tous arrivent enfin à bon port, sains et saufs !

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Le curé Pelletier à bord de son embarcation à moteur, sans date. BAnQ Rouyn-Noranda, Fonds Société d’histoire de Rouyn-Noranda, série Albert Pelletier. 08-Y,P117,S5,P418

 

Pour en apprendre plus sur l’histoire de l’éducation en Abitibi-Témiscamingue, venez-nous visiter au Centre d’archives de BAnQ Rouyn-Noranda où de nombreux fonds d’archives sont mis à votre disposition pour vos recherches. Vous pouvez également consulter notre site Web pour découvrir une multitude de documents numériques disponibles en ligne.

De plus, nous possédons une vaste collection de photographies de groupes scolaires dans les fonds Joseph Hermann Bolduc (P124), Eddy Mathon (P169) et Studio Annie & Maurice inc. (P251) qui peuvent être reproduites sur support numérique.

 

Sébastien Tessier, archiviste coordonnateur – BAnQ Rouyn-Noranda

 

La version originale de ce texte a été publié dans l’édition de septembre du journal « L’Indice Bohémien ». Cliquez sur le lien ici-bas pour le consulter :

http://www.indicebohemien.org/chroniques/2015/09/les-debuts-de-leducation-a-rouyn-noranda#.VehXH7G1aHs

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