Les obstacles sur la voie du sacerdoce chez les Inuits du Canada. Manernaluk, Sikkuaq et les Oblats

Frédéric Laugrand
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Au Canada, les Oblats de Marie-Immaculée ont participé intensivement à l’évangélisation des populations autochtones. Historiens et anthropologues ont analysé cette histoire complexe et mis l’accent sur les stratégies de ces missionnaires pour la plupart issus de France, de Belgique et d’autres pays européens. Ils ont cependant laissé de côté l’étude des vocations féminines et masculines autochtones. Cet article examine deux trajectoires masculines, celle d’Anthony Manernaluk et celle de Nick Sikkuaq, tout deux frères de sang et frères coadjuteurs. L’auteur montre que le célibat comme les exigences sociales des Oblats étaient difficilement acceptables et des obstacles pour le sacerdoce, les Inuits demeurant attachés à d’autres sociabilités.
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In Canada, the Oblates of Mary Immaculate were actively invested in the evangelization of Indigenous peoples. Historians and anthropologists have analyzed this complex history, focusing on the strategies used by missionaries who, for the most part, originated from France, Belgium and other European countries. However, there has been no study of the vocations of Indigenous women and men. This paper deals with two male trajectories, that of Anthony Manernaluk and Nick Sikkuaq, who were both blood brothers and coadjutor brothers. The author shows that celibacy as well as the social requirements of the Oblates were challenging demands and constituted obstacles to priesthood for the Inuits who had been brought up with other sets of sociability markers.

Voir en ligne : http://id.erudit.org/iderudit/1051146ar