Les travaux consacrés au destin de la sociologie catholique du catholicisme en France : considérations introductives

Charles Mercier
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La sociologie catholique du catholicisme étudie la place du catholicisme dans les sociétés avec des méthodes scientifiques et objectivantes, dans un but partiellement spirituel ou pastoral. Cet article s’intéresse au destin de ce champ disciplinaire dans le cadre français, en le saisissant en lien avec les positions personnelles de ses principaux protagonistes. Impulsée par un universitaire, Gabriel Le Bras, au début des années 1930, la sociologie catholique du catholicisme ne prend son essor qu’après 1945, avec le concours d’hommes d’Église, au premier rang desquels figure Fernand Boulard. Son succès, qui repose sur une coopération entre monde académique et monde ecclésial, est néanmoins fragile. L’auteur s’attache à analyser les raisons de sa délégitimation dans le monde universitaire (au milieu des années 1950) puis dans le monde catholique (au milieu des années 1960) tout en s’interrogeant sur une éventuelle postérité.
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The Catholic sociology of Catholicism studies the place of Catholicism in societies through scientific approaches for a ministry-oriented purpose. This article seeks to tell the story and to analyze the fate of this disciplinary field in the French context, connecting the scientific outputs with the personal positions of the main protagonists. Impelled in the early 1930s by an academic, Gabriel Le Bras, the Catholic sociology of Catholicism took off after 1945, with the help of Church men, including Fernand Boulard. Its success, which is based on cooperation between the academic world and the ecclesial world, is nonetheless fragile. The author analyzes the reasons for its loss of legitimacy in the academic world (in the mid-1950s) and then in the Catholic world (in the mid-1960s), while questioning a possible posterity.

Voir en ligne : http://id.erudit.org/iderudit/1051529ar