Louis XV Jean-Christian PETITFILS Un règne immense et contrasté, une personnali...

, par 2e bataillon du régiment de la Sarre

Louis XV
Jean-Christian PETITFILS

Un règne immense et contrasté, une personnalité secrète, réévalués par l'un des meilleurs biographes des rois de France des XVIIe et XVIIIe siècles.

A cinq ans, en 1715, Louis XV succède à son arrière-grand-père Louis XIV dans une France affaiblie. Après la Régence et le ministère du vieux cardinal de Fleury, ce n'est qu'en 1743 qu'il commence à gouverner. Le « Bien-Aimé » devient rapidement le Mal-Aimé et le restera longtemps aux yeux des historiens, qui lui reprocheront sa faiblesse devant ses ministres et favorites, ses frasques du Parc-aux-Cerfs, la perte du Canada et de l'Inde... « Il faut l'exécrer », disait encore le manuel Lavisse au début du xxe siècle.
De nos jours, on ne peut plus soutenir un tel point de vue. Ce souverain timide, secret, eut sans doute du mal à assumer son métier de roi, mais il était bon, sensible, cultivé, ouvert, passionné par les sciences et non dépourvu d'énergie et d'autorité.
Cette biographie présente ainsi une approche profondément renouvelée du monarque qui fit face avec intelligence à l'opposition d'une société bloquée, animée par les parlements, les jansénistes et sa propre noblesse. Elle brosse en outre une vaste fresque du royaume de France qui, malgré les lourdes défaites de la guerre de Sept Ans, connut un prodigieux développement économique et s'accrut de deux belles provinces, la Lorraine et la Corse.
En ce siècle des Lumières, où l'esprit public évolue fortement, où les idées nouvelles foisonnent, Louis XV, rayonnant à Versailles d'un éclat incomparable, demeure le souverain le plus prestigieux d'Europe jusqu'à sa mort en 1774. Après cinquante-neuf années de règne, la monarchie semble solide, en dépit des nuages menaçants qui s'amoncellent à l'horizon.

Parfait connaisseur de la France de l'Ancien Régime, Jean-Christian Petitfils a publié près de trente essais et biographies, notamment un Louis XIII, un Louis XIV et un Louis XVI couronnés par de grands prix littéraires et qui ont rencontré un large succès. Il livre ici le fruit d'un vaste travail de recherche et de réflexion, soutenu par un vrai talent d'écriture. Cette biographie sans équivalent parachève ainsi une entreprise entamée depuis vingt ans.

http://www.editions-perrin.fr/ouvrage/louis-xv/9782262029883

Louis XV, le « mal-aimé »
14 février 2015 |Dave Noël | Livres
Histoire
Louis XV
Jean-Christian Petitfils
Perrin
Paris, 2014, 874 pages

Selon Jean-Christian Petitfils, l’enseignement de l’histoire a besoin de grands personnages ancrés dans une trame nationale pour être intelligible. Le spécialiste français de l’Ancien Régime fait oeuvre utile avec un brillant essai sur Louis XV, lui permettant de compléter son cycle biographique des quatre derniers Louis d’avant la Révolution.

Né en 1710, l’arrière-petit-fils du Roi-Soleil monte sur le trône de France à l’âge de cinq ans, son grand-père, son père et son oncle ayant été fauchés par la maladie. À sa majorité, il confie le pouvoir au cardinal de Fleury, qui instaure une ère d’austérité aux résultats mitigés. Ce premier ministre sans le titre n’aurait « aucun grand dessein, nulle vue d’ensemble sur le commerce, la marine ou les colonies, seulement une gestion de bon père de famille, s’engluant progressivement dans l’immobilisme ».

Partisan de la paix, Louis XV se laisse néanmoins entraîner dans les méandres de la guerre de Succession d’Autriche (1740-1748) par une opinion publique belliciste, comme l’écrit Petitfils, dont l’essai va bien au-delà de la vie quotidienne du roi. Il y remet en cause les idées reçues sur le pouvoir royal dont les limites sont masquées sous des « dehors éclatants de pompe et de majesté ». Au XVIIIe siècle, la France a ainsi de la difficulté à prélever des impôts, contrairement à sa rivale britannique dotée d’une représentation parlementaire.

C’est dans ce cadre qu’émerge la marquise de Pompadour, issue du milieu de la finance. « La monarchie française ne s’était jamais affichée à ce point avec ses bailleurs de fonds », souligne l’auteur en relativisant l’influence politique de la maîtresse du roi. Son impact est notable en revanche sur la chute de popularité du « bien-aimé », qui s’effondre avec l’abandon de ses conquêtes belges au terme de la guerre de Succession d’Autriche. « Bête comme la paix », dira-t-on désormais dans les rues de Paris.

Le règne de Louis XV est assombri par la guerre de Sept Ans (1756-1763) déclenchée par les attaques britanniques en Amérique et sur les océans. Militairement écrasée, la France y perd ses colonies du Canada et de l’Inde. Plutôt indulgent, le biographe estime que le roi ne doit pas être tenu pour responsable « du déclin actuel de notre langue ». Pour lui, « c’est dès le début du règne de Louis XIV qu’il eût fallu partir à la conquête des mers et des océans, au moment où l’Angleterre était encore relativement faible ».

La Révolution française aurait-elle été évitée si Louis XV n’avait pas été emporté prématurément par la variole à l’âge de 64 ans ? Petitfils le suggère sans trancher au terme de cet essai passionnant sur la vie et l’époque d’un monarque dont le souvenir est écrasé entre le faste de son prédécesseur et les malheurs de son héritier.

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Vive le Roy !


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